‹ Les ancêtres du violon et du violoncelle, les luthiers et les fabricants d'archets;Chapitre 31 sur 181 · I. Lohet. La Muse historique, 11 septembre · texte numérisé non relu

I. Lohet. La Muse historique, 11 septembre

j. Les particuliers, les bourgeois eux-mêmes avaient a leur service des laquais sachant jouer du violon :

( Ilaiuce

(lue nous allons danser! C'est ma folie que la danse. Au moins j'ai déjà retenu quatre laquais qui jouent parfaitement du violon.

M. Gi-.ii m \i;h Quatre laquais .'

Clarice Oui Monsieur, deux pour vous et deux pour moi. Quand nous serons ulariés

je veux que vous ayez le bal chez nous tous le- j •> de la vie.

Le grondeur, pièce eu :i actes de Brueis et Palaprat, représenté en 16&1. Acte II. scèneXI.

::. ii|,, cit., i. il. |e jn:; ch. m\

Né à Florence, en 1633, Lullv' fui amené en France, à l'âge de douze ans environ, par le chevalier de (iui>e. qui le plaça chez M"e de Montpensier, où il fut relégué aux cuisines, comme aide-marmiton.

Un vieux cordelier lui avait appris à lire, à écrire et à jouer de la guitare. Très passionné de musique, aussitôt installé dans son nouvel emploi, il se procura un violon, et négligea souvent d'éplucher les carottes et de laver la vaisselle pour l'étudier.

Ses progrès furent très rapides, et un jour, le comte de Nogent, qui passait devant les cuisines, l'ayant entendu, le signala à Mademoiselle. Celle-ci, émerveillée de son talent. le lit, comme on disait alors, monter à lu Chambre^ c'est-à-dire l'admit auprès de sa personne, en qualité de musicien, et pourvut aux frais de son éducation.

11 travailla assidûment et devint bientôt supérieur sur le violon.

Un de ses premiers essais,

r CHEVALET DE A S

comme compositeur, fut l'air d'à. stradivari

d'une chanson assez méchante

sur Mademoiselle, où l'on disait, paraît-il. que celte princesse avait l'habitude, lorsqu'elle se croyait seule dan- ses appartements, de l'aire, ce que P. Larousse appelle dans son Dictionnaire. « un bruit subit et éclatant . mais si éclatant, qu'on l'entendait très distinctement de l'antichambre, et cela pour la plus grande joie des gens de service, et aussi pour celle de Lullv, qui en faisait, dit-on, des imitations fort réussies sur son violon.

Cette chanson obtint un grand succès, on la fred Lait

I. Sun nu m dcvâil B'éci'ire Lulli; mais il adopta en France l'orthographe <piC

nous doi n- cal i esl celle qui se voil surses parlil s. On l'appclail [awi-

lièremenl Baptiste

dans loul le palais. Or, la Grande Mademoiselle n'entendait pas qu'on la plaisantât de la sorte, et sitôt qu'elle en eut connaissance, son premier soin fut de chasser impitoyablement Lully '.

Celui-ci, alors âgé de dix-neuf ans, passa au service du roi; d'abord dans la Bande des vingt-quatre violons, puis comme directeur de la petite Bande que Louis XIV créa spécialement pour lui, et qui devint bientôt supérieure à la grande Bande des vingt-quatre. Ces derniers, jusque-là réputés fort habiles et obligés par leur brevet d'être les meilleurs violons de France, furent rapidement surpassés par la nouvelle troupe, pour laquelle Lully composa une foule d'airs de danse, de sarabandes, de gigues, qui plurent beaucoup au roi, et par conséquent à toute la Cour.

Nommé surintendant de la Musique du roi, en 1661, il composa celle des ballets représentés à Versailles et de tous les divertissements des comédies de Molière. Il joua même avec beaucoup de succès plusieurs rôles comiques de celles-ci, notamment : celui d'un médecin grotesque dans Poureeauynac, comédie-ballet, représentée pour la première fois le 6 octobre 1009, à Chambord; et le Muphti du Bourgeois gentilhomme, dont la première représentation fut également donnée à Chambord le 13 octobre 1070. Il excellait dans ce dernier rôle, et c'est après l'avoir rejoué à Saint- Germain en 1083, que Louis XIV, pour lui témoigner sa satisfaction, le nomma l'un de ses secrétaires, fonctions remplies jusqu'alors par les plus hauts personnages du royaume. L'affaire n'alla pas toute seule, mais le monarque imposa sa volonté, et Louvois dut céder ainsi que les secrétaires qui ne voulaient pas l'avoir comme collègue. Pour sa réception, Lully offrit un repas somptueux à toute la compagnie, et le soir une grande représentation à l'Opéra :

1. Voir pour cette anecdote : Lecbri de u Vieuville de Fkenbuse. Comparaison de la musique italienne et de la musique françoise. — Dojj Cawiaux. Histoire de la musique.

« On y voyoit la Chancellerie en corps, deux ou trois rangs de gens graves, en manteau noir et en grand chapeau de castor, qui escoutoient d'un sérieux admirable les menuets et les gavottes de leur confrère le musicien1. »

i.-b. loi i i L633-1689)

C'est en 1669 «pie l'abbé Perrin obtint du roi des lettres patentes pour l'établissement - d'une Académie royale de musique » où l'on chanterait en public des pièces de

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