‹ Les ancêtres du violon et du violoncelle, les luthiers et les fabricants d'archets;Chapitre 48 sur 181 · Arch. nat., rcg s · texte numérisé non relu

Arch. nat., rcg s

H-l LES ANCETRES DU VIOLON

du royaume, tenue, le 2> juin 1717, dans la grande salle de Saint-Julien, il soumit de nouveaux règlements, qui lurent acceptés et homologués, le mois de juillet suivant, par lettres patentes du roi.

A peine mis au jour, ces statuls soulevèrent un toile général. Les compositeurs clavecinistes et organistes refusèrent à nouveau de reconnaître l'autorité du roi des violons, et celui-ci dut s'incliner devant l'arrêt que le Parlement rendit en leur laveur, le 30 mai 1750; mais les plus grandes difficultés vinrent des prétentions excessives des lieutenants qui exerçaient en province.

Un nommé Barbolin avait acheté de la communauté une lieutenance générale héréditaire, qui comprenait à peu près les deux tiers du territoire de la France, et cela, moyennant quarante livres tournois pour le Bordelais, soixante livres pour deux autres provinces, etc., '. Entièrement maître de sa gestion, il avait cédé ses droits à des individus que rien n'indiquait pour remplir de telles fonctions : ainsi, c'était une sorte de charlatan, le sieur J.-<>. Josson, qui avait le Maine et l'Anjou; l'Orléanais et la Oauee étaient gérés par Ch. Champion, garçon perruquier; Sauvajeau, cabaretier, administrait Blois; le Maire, marchand d'orviétan, trônait à Bourges, etc.

Tous ces délégués ne se gênaient aucunement pour délivrer des lettres de maîtrise à tout venant, au prix de dix livres, et de contraindre des organistes prêtres, des chanoines violoncellistes, à se faire recevoir maîtres à danser pour qu'il leur fût permis d'accompagner le plain-chant dans les églises.

Un mémoire réclamant la suppression des lieutenants de province, ainsi que l'annulation des pouvoirs de Barhotin, fut rédigé par les mécontents et soumis au roi en son Conseil, le 13 lévrier 1773.

1. Almanach du tkèdlre. Ëlal de la musique du roi, 1114, p. 13 et 14 cité pal' \ Vidal .

Toutes l'es lieutenances furenl abolies. Guignon démissionna, et Louis XV supprima la royauté ménétrière par l'édit suivant :

Edit du Roi portant suppression de fof/ice du Jim et Maître des Ménestriers (Versailles, 1773).

« Louis, par la grâce de Dieu roi de France et de Navarre, à tous présents et avenir, salut. Notre amé Jean- Pierre Guignon, nous ayant très humblement fait supplier d'agréer sa démission pure et simple de l'office de roi et maître des ménétriers et joueurs d'instrumens, tant hauts que bas, dans notre royaume, dont nous l'avons pourvu par nos lettres du quinze juin mil sept cent cpiarante-un, nous nous sommes l'ait rendre compte des pouvoirs et privilèges généralement attribués à celte charge, el bien informé que l'exercice desdits privilèges, que ledit sieur Guignon s'est abstenu de mettre en usage, paroit nuire à l'émulation si nécessaire au progrès de l'art de la musique, que notre intention est de protéger de plus en plus, nous avons jugé à propos, en déférant à la demande dudil sieur Guignon, de supprimer à toujours ladite charge. \ ces causes et d'autres à ce nous mouvant, de l'avis de notre Conseil et de noire science, pleine puissance et autorité royale, nous avons, par notre présent édil perpétuel et irrévocable, éteint el supprimé, éteignons et supprimons la charge de roi et de maître des ménétriers et joueurs d'instrumens tant hauts que bas de notre royaume, vacante par la démission volontaire qu'en a laite le sieur Guignon. S, donnons en mandement à nos amés et féaux conseillers les gens tenant notre cour de Parlement à Paris, (pie noire présent édil ils aient à faire publier el a registrer, le contenu en icelui exécuter pleinement, paisiblement et perpé tellement, cessant et faisant cesser tous troubles el empêehemens, et nonobstant toutes choses à ce contraires, Car

tel est notre plaisir. Et, afin que ce soit ferme et stable à toujours, nous y avons fait mettre notre scel.

« Donné, à Versailles, au mois de mars, l'an de grâce mil sept cent soixante-treize, et de notre règne le cinquantehuitième.

Signé : « Louis ».

Et plus bas. « Par le roi : Phélypeaux, Vila de Maupeou », et scellé du grand sceau de cire verte, en lacs de soie rouge et verte :

« Registre, oui, elc

<< A Paris, en Parlement, le trente un mars mil sept cent

soixante-treize.

Signé : « Le Jay ».

(c Collationné par nous, Chevalier, conseiller secrétaire du roi, son protonotaire et greffier en chef civil de sa cour de Parlement. »

En Angleterre, pendant la seconde moitié du xvi" siècle, la reine Elisabeth, qui se piquait d'être bonne musicienne et jouait fort bien du luth, avait l'habitude, paraît-il, de s'offrir, pendant son dîner, un concert de douze trompettes, deux timbales, accompagnées de fifres, de cornets et de tambours.

A la lin de son règne, les violes commencèrent à être très cultivées, et nous avons vu que Bocan suivit Henriette de Erance à Londres, lorsqu'elle épousa Charles Ier.

Sous le nom de masques, on organisa alors, à la Cour et chez les nobles, des représentations théâtrales équivalentes à celles de nos ballets, et où le roi, la reine, les princes et les princesses du sang, ainsi que les premiers personnages du royaume, figuraient.

Le nombre des masques représentés sous Charles I" fut presque aussi grand que celui des ballets à la Cour de France.

Les membres des quatre chambres de la Cour en donnèrent un des plus somptueux; à White-Hall, en 1633, pendant la iuiil de la Chandeleur, pour fêter le roi de son heureux retour d'Ecosse, où il avait momentanément apaisé les mécontents.

James Shirley écrivit la pièce, dont la musique fut composée par Simon Yves et Lawes. De la Varre, Duval, Robert et Mari, musiciens de la chapelle de la reine, et plusieurs artistes anglais et él rangers prirent part à l'exécution musicale, qui comprenait quarante luths, des violons, des violes, etc., et d'excellentes voix.

Lord Whiteloch, qui a laissé une description de ce masque, dit que sa représentation coûta 30.000 livres, environ 750.000 fr., et que les Français de la Musique de la reine, invités à la collation qui suivit, eurent l'agréable surprise de trouver chacun sous son couvert, pour premier plat, quarante pièces d'or, à l'effigie de leur souverain.

En !<>;;;{, le LV Benjamin Rogers composait déjà des airs à quatre parties pour le violon, et John Jenkins publia à Londres, en 1660, douze sonates pour deux violons et basse. Ce sont les premières sonates de violons écrites par un compositeur anglais.

Après la restauration, Charles II créa une Bande de vingtquatre violons, comme celle de Louis XIV. Thomas Baltzar, né ;'i Lubeck, un des meilleurs joueurs de violon de son temps, en étaii le chef. Arïtony Wood le rencontrant à Oxford, le ±\ juillet IH.'iS. lui dit : « Je vous ai vu l'aire

CHEVAL] T ITALIEN DE V IOI OS \\ nr siècle .

courir vos doigts jusqu'à la plus haute extrémité de la louche et les faire revenir insensiblement jusqu'au silltet avec rapidité et en mesure, chose que personne n'avait vue en Angleterre auparavant1. »

Ces compliments de Wood a Baltzar nous montrent que celui-ci ne jouait pas seulement à la première position, mais qu'il démanchait.

Baltzar fut inhumé dans le cloître de l'église Saint-Pierre à Westminster.

Déjà, Carlo Farina de Mantoue, violoniste de l'Electeur de Saxe, avait l'ait paraître, à Dresde, en I 027 , son Capriccio stravagante, qui montait jusqu'au ré de la troisième position, sur la chanterelle. Il est vrai que ce morceau contient des imitations de l'aboiement du chien, du chant du coq, de la flûte, du fifre, et que l'on doit y battre la corde avec le bois de l'archet. Cependant, tous ces effets plus ou moins artistiques n'empêchent qu'il y avait là un progrès réel dans le mécanisme de la main gauche, et cela, à une époque où les joueurs de violon de tous les pays n'osaient faire Yut, par extension avec le petit doigt, sur la chanterelle.

G.-B. Fontana ne chercha pas des effets nouveaux dans l'œuvre de sonates qu'il écrivit vers 1630; toutefois, il mérite d'être signalé, car ce fut lui qui, le premier, composa la véritable sonate pour le violon.

On remarque une plus grande habileté d'exécution dans les compositions de Battista Yilali, violoniste du duc de Modène, né à Crémone, en 1644, lequel publia sa première œuvre à Bologne, en 1666.

En Allemagne, où nous venons de voir Carlo Farina faire imprimer son Capriccio stravagante, en 1027, les violonistes, bénéficiant de l'expérience des maîtres italiens, cherchaient à augmenter les ressources de l'instrument.

Après le départ de Baltzar en Angleterre, on en trouve

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