Catalogue du M
[OLONCELL] ii v . STR AUIVAR] L689
\\ .mi ippavtenu ■• Jules Delsart.
lu Conservatoire, p. 190.
accordés au diapason alors en usage, il est probable qu'ils auraient perdu beaucoup de leurs qualités, lorsque, par suite de l'élévation du diapason, le tirage des cordes a été sensiblement augmenté. Or, maintenant qu'ils sont accordés à un diapason bien plus élevé que celui en vue duquel ils ont été laits, leur sonorité est absolument parfaite.
On dira peut-être que les cordes employées par les contemporains de Stradivari étaient plus grosses que celles d'aujourd'hui et qu'alors le tirage était le même? Nous ne le pensons pas, car les violonistes de l'époque n'avaient pas à lutter contre une armée d'instruments à vent, en bois et en cuivre, ni à exécuter des œuvres aussi importantes que les concertos de Beethoven, Mendelssohn, etc., accompagnés par un grand orchestre, ou à se défendre des puissants pianos à queues modernes. Leur ambition était plus modeste, et l'on doit plutôt croire qu'avec la préoccupation constante d'obtenir une grande sonorité, les artistes de nos jours montent, en général, les violons avec des cordes plus fortes qu'on ne le faisait au temps de Stradivari.
S'il pouvait y avoir quelques doutes à ce sujet, voici un passage de la Chélonomie ou le Parfait Luthier qui les ferait vite disparaître :
c Jadis la mode était de tenir les manebes fort en avant; les chevalets, les touches extrêmement bas; les cordes fines et le ton modéré !.
« Alors la barre, ce mal nécessaire dans l'instrument, devait être courte et mince, parce qu'il lui suffisait d'avoir assez «le vigueur pour résister au poids de cinq à six livres, dont elle était chargée par les cordes. ■■
L'abbé Sibire nous apprend encore quel était le poids du tirage des quatre cordes (moyenne grosseur d'un violon,
1. l'ai- ton modéré, l'auteur doit vouloir dire diapason peu élevé, car 'Lui- un autre passage il parle du violon accordé au U n de la flûte.
LE VIOF.n\ ET SES DËRH ES KM
en 1800, époque où le diapason était presque aussi élevé qu'aujourd'hui :
« Il se trouve que la chanterelle pèse juste 19 livres, la seconde 17, la troisième 15 et la quatrième 13, ce qui forme en tout lii livres. »
On voit que la charge imposée à la table d'un violon était bien moindre en 1700 qu'en 1806, et depuis cette dernière date elle n'a pas diminué. Or, comme l'auteur de la Chélonomie prévient, dans n l'Avertissement », qu'il n'en est que le rédacteur, et n'a fait que coordonner les noies et observations recueillies par Nicolas Lupot pendant un exercice de trente années, on peut donc être certain que les indications données sont exactes ; car Lupot, qui a été un i\f^ plus grands luthiers français de la fin du siècle dernier et du commencement, de celui-ci, a pu facilement étudier les violons des maîtres italiens et a dû être appelé à en restaurer un très grand nombre, qui n'avaient jamais été réparés.
Par suite du tirage des cordes, les tables des anciens violons ayant légèrement cédé, ce qui est très excusable après un service de cent cinquante ou deux cents ans, on leur a mis une barre un peu plus forte; mais les épaisseurs sont restées telles qu'elles étaient.
L'art du violon n'ayant fait que progresser, afin de permettre aux exécutants de parcourir plus aisément toute retendue de la touche, on a donné un peu plus de renversement au manche, qui, de douze lignes, a été porté à treize lignes1. Cette augmentation du renversement du manche a été faite aux violons anciens quand on a remplacé la poignée usée.
Il y a cependant des violons de Stradivari qui ont encore la barre et la poignée primitives. Tel est le cas du M
i. I usage de ces anciennes mesures s'csl conservé dans la lutherie.
2 Plusieurs violons de Stradivi i reçu différents noms. Celui de w
a été donné à un violon de 1116. par Vlard, parce que rarisio. qui apportai! I<'U-
seulement, comme la touche de celui-ci était usée, on Ta remplacée par une plus épaisse, et Ton a augmenté par ce moyeu le renversement du manche. Le violon de 1724, sur lequel M. Sarasate se l'ail entendre de préférence en public, a aussi sa poignée originale; mais la touche y a été remplacée; le renversement du manche se trouve nécessairement augmenté par ce procédé, ou par l'introduction d'une petite cale, entré la table et la poignée. Le rebarrage des tables et le changement des poignées étant des réparations et non des modifications, ces instruments sont donc tels qu'ils ont été construits. Comme ils sonnent merveilleusement au diapason actuel, qui est d'un ton plus élevé que celui en usage lorsqu'ils ont été fabriqués, on peut dire que les grands luthiers italiens n'étaient pas des mathématiciens, mais des artistes de génie, et que leur œuvre restera comme le modèle de la perfection.
Le violon de M. Sarasate, que nous reproduisons, porte la date de I 7 l 'A et mesure :
Longueur île In émisse 355 millimètres.
Largeur dans le haul i65 —
au milieu , . . log
— dans le Las 206 —
Longueur des /"y" j5o
Hauteur des éclisses en Las. . . . .'!i
en lmul . . . • '><>
hélix Savart déclare que la masse d'air renfermée dans certains violons d'Antonio Stradivari et de Giuseppe Guarneri del Gésù produit toujours .'»I2 vibrations à la seconde, soit le si naturel du diapason normal, et qu'en faisant vibrer les tables démontées de ces mêmes violons, il a constamment trouvé une différence de demi-ton entre la
les ans des anciens instruments italiens à Paris, parlail toujours de ce violon, mais ne le montrail jamais. I n autre, égalemcnl de 1716, s'esl d'abord appelé le Régenl, puis le Superbe. Un violon de 1709 a été baptisé la Pucelle. Un autre, de 1711. fui nommé le Dauphin. Le dernier violon fail par Stradivari à l'âge de quatre-vingt-douze ans esl connu sous le i le Chant du cygne.
table de dessus et celle de fond, <-rsl-.-i-.liiv que la table
supérieure donnai! entre ut dièze et ré et celle de .le--. mi-
entre ré et re dièze'.
Ces deux luthiers célèbres
faisaient-ils des expériences
sur l'intonation des bois
qu'ils employaient? En tout
cas, Savart fit construire des
violons de forme trapézoïde
sur des données puremenl
scientifiques, qui n'ont pas
obtenu la faveur des artistes
ni celle du public.
Antonio Stradivari descendait d'une très ancienne famille de Crémone dont on rencontre le nom dans les annales de cette ville depuis
1213. Il se maria pour la première fois, à vingt-trois ans, le i juillel KiiiT, avec Francesca Ferraboschi, qui était de quatre ans plus âgée que lui, et veuve depuis trois ans de Giovanni-Giacomo Capra, dont elle avait une fille, nommée Susanna, née le 2o avril I 663, qu'Antonio Stradivari adopta et maria le ±\\ décembre I (iss. Il eut de ce mariage six enfants :
Giulia, née le 23 décembre Hi<i7, épousa G. -A. Farina, notaire, cl mourul le s juillet 1742.