‹ Les ancêtres du violon et du violoncelle, les luthiers et les fabricants d'archets;Chapitre 67 sur 181 · Vidal. Les instniments à archet, t. II. p · texte numérisé non relu

Vidal. Les instniments à archet, t. II. p

la Suisse. Il habita Berlin de 1^12 à IS20, et y épousa la jeune veuve Galliari, qui lui apporta une belle fortune. Revenu en France, il s'établil définitivement à Bordeaux.

v B l , VIOLON IST] IMBUL ANT

D'après Ingouf.

Bourbon près de Damazan, où Rode mourut en 1830, esl situé à l'embouchure du Lot.

Sauf Laurentini, de Bologne, ei Tartini, presque tous les

grands violonistes italiens se sont fait entendre au Concert spirituel : mais si ce dernier n'est venu lui-même, ses nombreux élèves nous ont fait connaître sa belle école.

Gossec fonda le Concert des Amateurs en I77(>. C'est là qu'il lit entendre ses symphonies et celles de Haydn. L'orchestre, qui était excellent, s'acquit bien vite une grande réputation. Navoigille l'aîné le dirigeait avec beaucoup d'autorité. Parmi les violonistes on remarquait : Mestrino, Lahoussaye, Gervais, Berthaume, le chevalier de Saint- Georges, aussi habile à manier l'archet que l'épée; Fodor, Guérin, les deux Blasius, etc.

Le violon progressa également en Allemagne, où il y eut, pendant le xvme siècle, des maîtres tels que Franz Benda, Cari Ditters, Wilhem Cramer, Léopold Mozart, Andréas Romberg, Roab, Pichel, Eiselt, Danner, Fraenzel, Eck, le maître de Spohr, etc. La plupart de ces grands artistes restèrent au service des princes de leur pays, qui tous avaient des Chapelles et des Musiques particulières. Quelques-uns se produisirent en Angleterre et en Russie; Stamitz et Andréas Romberg sont les rares qui se soient fait entendre à Paris.

Pendant fort longtemps, les princes et les nobles prirent part aux exécutions musicales et même théâtrales dans les cours des pays d'outre-Rhin. C'est ainsi qu'à Vienne, en 1 724, l'empereur Charles VI dirigea plusieurs représentations iïEuristeo, opéra en trois actes d'Antonio Caldara, son maître de chapelle, et dont tous les interprètes, sans exception, chanteurs, danseurs et musiciens, faisaient partie de la plus haute noblesse. L'orchestre était composé de : deux clavecins, dont un pour l'empereur, qui accompagnait les ehânteurs tout en dirigeant; un téorbe, une flûte, deux haut-

LE VIOLON El SES DÉRIVÉS L39

bois, deux bassons, onze violons, trois basses de violon et une contre-basse, laquelle était jouée par le comte Adam- Pli. Logi. On sait que le grand Frédéric se faisait entendre. presque tous les jours, sur la flûte, et que le prince Esterhazy, le protecteur d'Haydn, cultivait la « viola bordone » avec passion.

A \ ienne, de 17 40 à 1772, on donna des concerts publics sur le théâtre de la Cour les vendredis el jours de fêtes. C'était une imitation île nos Concerts spirituels; on y exécutait surtout des oratorios et des cantates, peu d'instrumentistes s'y firent entendre. Le Concert des Amateurs, à Berlin, ne fut fondé que plus lard.

Dans sa Desanption de la ville de Paris au xv" siècle, Guillebertde Metz cite la rue des Ménestrels <• où l'en tient escoles

de ménestrels ' ».

Ces « escoles de ménestrels » furent certainement le premier Conservatoire de musique français; el il est fort possible qu'on y enseignait non seulement le chant el le jeu des instruments, mais encore quelques tours d'adresse.

Il y eut après la création de l'Académie royale de musique différentes écoles de chant et de déclamation, dans le but de former des sujets pour l'Opéra *; mais il nous faut arriver à

1. Desa-iplion </,■ ht ,;//,- de Paru au \\" siècle, par Guilleberl .1.' Metz Paris, Aubry, 1855 . p. :!,

Selon 1 '-nie auteur, en » l'hostcl <1<- maistre Jacques Ducbié en la rue des

Prouvelles >• se Irouvail en i toi : I ne salle remplie de toutes manières .1 instrumens, harpes, orgues, vielles, guiternes, psallérions el autres, desquelz ledil maistre Jacques savoil i i de tous. /■/.. p. 67.

-• Perrin el Camberl .i\ ni emprunté leurs chanteurs aux maîtrises des

cathédrales. Lullj avail établi à l'Opéra nu- école .1.- chanl ci de déclanu n

qu'il dirigeail lui même. En 1698, la célèbre chanteuse Marthe I.- Rochois fonda un.- école publique qui subsista jusqu'en 1726. Il j cul après, l'école installée

par l'Acadéi royale de musique, rue Sainl Nicaise, sous le titre de m

El enfin celle qui lui créée par arrêl 'lu roi, rendu h- 3 jam ier 1784, sur un de Gossec.

la fondation île notre Conservatoire actuel pour voir enseigner officiellement le violon.

Créé par une loi de la Convention du 3 août 1795, le Conservatoire national de musique et de déclamation ouvrit ses portes, à Paris, sous la direction de Sarette, le 30 octobre 179G. Les titulaires des classes de violon étaient : Caviniès, Guénin, Rodolphe Kreutzer, Lahoussaye, Blasius, Guérillot et Persuis. Caviniès, qui mourut en 1800, eut Jean-Jacques Grasset pour successeur. Baillot et Rode furent nommés en 1801 et 1802.

Le 3 avril 1801, une commission composée de Baillot, Pierre Blasius, Frédéric Blasius, Calel, Chérubini, Grasset, Guénin, Guérillot. Kreutzer, Lahoussaye et Rode, fut réunie, afin d'arrêter les bases d'une méthode de violon destinée à l'enseignement du Conservatoire. Elle chargea Baillot, Kreutzer et Bode de ce soin. Baillot en fut le rédacteur, et présenta son travail à la commission, qui l'adopta, le li février 1802.

Depuis cette époque, l'Ecole française de violon n'a cessé d'occuper une des premières places dans l'univers.

Pierrc-Marie-François-de-Sales Baillot (Passy 1771 — Paris 1842), exerça une heureuse influence sur l'Ecole de violon. 11 rédigea non seulement la méthode de violon du Conservatoire, dont il publia une deuxième édition, en 1 83 i, sous le titre d'Ecole du violon, mais aussi la méthode de violoncelle, que Baudiot et Levasseur firent en collaboration.

Aux professeurs de violon du Conservatoire, que nous venons de citer, succédèrent : Ilabeneck, A.-J.-N. Kreutzer (il remplaça son frère en 1820), Girard, Guérin, Alard, Massart, Charles Dancla, Sauzay, Maurin, Garcin, Çhaine, Bérou, Hayot, Turban et Marsick. Les titulaires actuels .sont: MM. Berthelier, Rémy, Desjardins, Brun, Lefort et Nadaud.

Quoique notre cadre ne nous permette pas de parler des grands violonistes français et étrangers du xixe siècle,

nous tenons à rappeler que Nicolo Paganini (Gènes 1784 — Nice 1840), si justement célèbre, augmenta les effets des sons harmoniques, dont Mondonville faisait déjà usage en 1740.

Le violoniste Michel Woldemar (Orléans I 750 — Clcrmont- Ferrand ISHI . fut un original, élève de Lolli et de Mestrino. II lit paraître une petite méthode de violon, où il donne les dessins des archets de Corelli, Tartini, Cramer et Yiotti, il est aussi l'auteur des :

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