‹ Les ancêtres du violon et du violoncelle: les luthiers et les fabricants dChapitre 12 sur 159 · M"- (le Clievreusc · texte numérisé non relu

M"- (le Clievreusc

VOUS. Il se croyoitdéjà maître de sa conquête; mais il en arriva autrement. Boccau, {sic)^ qui etoit le Baptiste d'alors \ et joiîoit admirablement du violon fut appelle. On lui recommanda le secret. De tels secrets se gardent-ils? C'est donc de lui qu'on a tout su.

« Richelieu etoit velu d'un pantalon de velours vert, il avoit h ses jarretières des sonnettes d'argent; il tenoit en main des castagnettes, et dansa la sarabande que joua Boccau. Les spectatrices et le violon etoient cachés avec Vautier et Beringhen, derrière un paravent d'où l'on voyoit les gestes du danseur. On rioit à gorge déployée; et qui pourroit s'en empêcher, puisqu'après cinquante ans, j*en ris encore moi-même.

« On nt retirer Boccau, {sic)^ et la déclaration amoureuse fut faite dans toutes les formes. La princesse la traita toujours de pantalonade, et ses dédains assaisonnés du sel de la plaisanterie aigrirent tellement ce prélat orgueilleux, que, depuis, son amour se changea en haine. La princesse ne paya que trop cher le plaisir qu'elle avoit eu de voir danser une Eminence*. »

Jacques Cordier, dit Bocan, dont il vient d'être question, était né dans les dernières années du xvi* siècle. Maître à danser de la Cour, il suivit Henriette de France, à Londres, quand elle épousa Charles I'', et revint h Paris lors de la révolution d'Angleterre. Bocan faisait encore partie de la Maison du roi, en 1648, car il figure, à cette date, sur la liste des officiers retraités et pensionnés par la cassette royale : « Jacques Bocan, balladin, 340 livres ^ » Mersenne le cite comme un des meilleurs violonistes de son temps :

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