Mercure français^ janvier 1619, p
3. Voyez Recueil de ballets faits en 1600, pnr Michel Henry (cité pnr Kaslner). Ces promenades noclurnes Turcnl interdites plusieurs fois pour cause d'alius.
Un arrêt du parlement du 26 aoiU 1595 fait dt^reii.se ;i toutes personnes de s'assembler et aller en troupes par les rues y porter luths, mandollcs et autres instruments de musique, et, sous quelrpie prétexte que ce soil, aller de nuit, à peine de la hart. (Fki.ibibn, Histoire de la Ville de Paris^ preuves, t. tll, p. 28.)
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>' Callicrine de M6dicis, dit Titon du Tillet, avoit un si grand goiU pour la musique, que deux ou trois joui's avant Ha inorl, étant liorsd 'espérance de pouvoir guérir de la poi-
trine, dont elle étoit attaquée, demanda qu'on lui jouAt quelques airs de violon, entr'autrcs celui de la Jie/raitetfex Suhxes, qu'elle aiinoit beaucoup '. ■>
Mademoiselle de Limeuil, une des filles d'honneur de la reine Calherine de Médicis, se Ht aussi jouer du violon à sa niorl, cl c'est encore la Défaite da^' Suisses* qui en lit les frais. Voici comment Sauvai raconte le fait :
c( Mademoiselle de Limeuil, quand l'heure de sa mort fut venue, At venir son valet Julien : — Julien, lui dit-elle alors, prenez votre violon et sonnez-moi toujours, jusqu'à ce que vous me voyez morte, la Défaite des Suisses. El quand vous serez sur le mot : Tout est perdu^ sonnez le pas quatre ou cinq fois le plus piteusement que vous pourrez. — Ce que lit Julien, et elle-même aidait de la voix; et quand ce vint : Tout est perdu^ elle réitéra par deux fois; puis se retournant de l'autre côté du chevet, elle dit à ses compagnes : — Tout est perdu à ce coup! — Et à bon escient, car elle décéda à l'instant'. »
Un joueur de violon était attaché à la personne de Louis XIII, pendant sa jeunesse :
(c Le 3 février, mardi, à Saint-Germain. — Le Dauphin avoit pour violon et joueur de mandore Boileau, et pour joueurdeluth, Florent Hindret d'Orléans, pour l'endormir'. »
Ce prince aimait beaucoup la musique et la cultivait; il passe même pour avoir composé des pièces musicales en assez grand nombre :
c( Si tôt que l'on etoit revenu, on alloit chez la Reine... L'on avoit règlement trois fois la semaine, le divertissement
1. C'est le chœur célèbre de Janncquin, la BalaiUe de Marignan^ que l'un apiielait la Retraite ou la Défaite des Sumcx, et aussi la Guerre.
2. Galanteries des rois de France, Weckerliu, qui cilc ce passa^^e de Sauvai, ajoute : m Dans la chanson de Janncquin, les Suisses, mis en scène, ne disent pas : Tout est perdti^ mais bien : Tout est verlore^ et y ajoutant Biyottt un gros juron. »
3. Journal de Jean Uéroard sur l'enfance et la jeunesse de Louis XIII (t60l'IQ%8)» Extrait des manuscrits originaux et publié avec l'autorisation de M. le ministre de l'Instruction publique, par M. MmX. Soulié cl Kd. Harlhélemy, Paris, Didot, 18(i8t t. I, p. G2.
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de la musique, que celle de la chambre du Roi venoit donner, et la plupart des airs quon y chantoit étoient de sa composition \ »
L'histoire ne dit pas toutefois s'il composa Tair de la sarabande qui fut dansée certain soir, dans la chambre d'Anne d'Autriche, par le cardinal de Richelieu, son premier ministre, lequel avait revêtu un costume de baladin, pour la circonstance.
Cette anecdote curieuse est relatée dans les Mémoires du comte de Loménie-Rrienne, qui la raconte ainsi :
n Le Cardinal, dit-il, etoit éperduement amoureux, et ne s'en cachoit point d'une grande princesse*. Le respect que je dois à sa mémoire m'empêchera de la nommer. Le (Cardinal avoit eu la pensée de mettre un terme à sa stérilité, mais on l'en remercia civilement, dit la chronique d'où je tire ce fait. La princesse et sa confidente' avoient en ce temps-là l'esprit tourné à la joie, pour le moins autant qu'n l'intrigue : un jour qu'elles causoient ensemble et qu'elles ne pensoient qu'à rire aux dépens de l'amoureux Cardinal : « 11 est passionnément épris, Madame, dit la confidente; je ne sache rien qu'il ne fit pour plaire à Votre Majesté. Voulez-vous que je vous l'envoie un soir dans votre chambre, vêtu en baladin, que je l'oblige ainsi à danser une sarabande ; le voulez-vous? il y viendra. — Quelle folie I » dit la princesse. Elle etoit jeune, elle etoit femme, elle etoit vive et gaie; l'idée d'un pareil spectacle lui parut divertissante. Elle prit au mot sa confidente, qui fut du même pas trouver le Cardinal.
Ce grand ministre, quoiqu'il eût dans la tête toutes les affaires de l'Europe, ne laissoit pas en même temps de livrer son cœur à l'amour : il accepta ce singulier rondrz-
\. Mi^moiven de M^^'' de Monfpensiiei\ L I, p. iO, édil. Clicriicl, rnris, 18.*i8j