‹ Les ancêtres du violon et du violoncelle: les luthiers et les fabricants dChapitre 51 sur 159 · Cômc lU <lc MMicis · texte numérisé non relu

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i08 LES ANCÊTRES DU VIOLON

<( sonnage si élevé votre grande habileté, ce qui, je n'en « doute pas, vous procurera de nombreuses commandes de « celte grande maison. Pour preuve de ce que j'avance, je « vous prie de commencer immédiatement deux altos, l'un « pour la partie de ténor et l'autre pour le contralto, dont « nous avons besoin pour compléter notre quintette \ »

« Le 12 mai 1701, don Antonio Cavezudo, chef de l'orchestre particulier de Charles II d'Espagne, écrivit une lettre très flatteuse à Stradivari, en lui disant que, quoiqu'il ait reçu des instruments à archet de bien des luthiers pour différentes Cours, il n'en avait jamais rencontré qui eussent une qualité de son si pure et si belle que les siens. »

Ârisi ajoute que don Antonio Cavezudo était aussi au service du duc d'Anjou.

« Le 10 novembre 1702, le marquis Giovanni-Battista Toraibo, général de cavalerie et gouverneur de Crémone, manda Stradivari auprès de sa personne et, après l'avoir complimenté sur ses talents, lui commanda deux violons et un violoncelle dont il fit ensuite présent au duc d'Albe. »

« Pendant l'année 1707, le marquis Desiderio Cleri écrivit de Barcelone à Stradivari, par l'ordre du roi Charles III d'Espagne, lui commandant pour l'orchestre de Sa Majesté six violons, deux altos et un violoncelle. »

a Le 10 juin 1715, Giovanni Battista Volume*, chef d'orchestre de la Musique du roi de Pologne, arriva à Crémone sur l'ordre spécial de son maître pour y attendre la livraison de douze violons qui avaient été commandés à Stradivari : il resta trois mois à Crémone, et quand les instruments furent terminés, il les emporta en Pologne. »

1. D'après celle letlrc d'Ariberli, un concerl de violon se coinposail de deux violons, deux allos (lénor el conlrallo) et d'une basse. Il y avail des Concertos d'église el aussi des Concertos île chambre.

2. n est sans doute ici question de Jean-Bnpliste VoUimior, musicien helgCf directeur de la Musique d'Auguste, élcclcui* de Soxe et roi de Pologne.

LK VIOLON ET SES DlîllIVÉS 109

Slradivari reçut la lettre que voici, le 7 juillet 1716, de Lorenzo Giustiniaui, patricien de la République de Venise :

« VciiisCf |)alais GiusUniaiii, Campicllo (Ici Squcllini.

« On répète de toutes paris qu'il n'existe point aujourd'hui dans le monde entier un seul fabricant d'instruments de musique qui soit aussi habile que vous. Désirant posséder personnellement un souvenir d'un homme si illustre et d'un artiste si fameux, je vous écris poui* vous demander si vous pourriez me faire un violon à la fabrication duquel vous emploieriez tous vos talents, afin de faire le meilleur instrument et le plus beau qu'il vous soit possible. »

Arisi termine son manuscrit par ces mots :

u On peut voir par ce que j'ai écrit à quel degré d'excellence Stradivari a élevé son art. »

Fétis dépeint ainsi Stradivari et indique le prix qu'il vendait ses violons :

« Pallcdro, ancien premier violon de la Chapelle royale de Turin, mort il y a peu d'années dans un âge très avancé, rapportait que son maître avait connu Stradivari, et qu'il aimait à parler de lui. Il était, disait-il, de haute stature et maigre. Habituellement coilTé d'un bonnet de laine blanche en hiver, et de coton en été, il portait sur ses vêlements un tablier de peau blanche lorsqu'il travaillait, et comme il travaillait toujours, son costume ne variait guère. Il avait acquis plus que de l'aisance par le travail et l'économie; car les habitants de Crémone avaient pour habitude de dire : Itic/ie comme Stradivari. Le vieux La Uoussaie, que j'ai connu dans ma jeunesse, et qui avait visité Crémone peu de temps après la mort de Stradivari, m'a dit que le prix qu'il avait fixé pour ses violons était quatre louis d'or\ »

l. Fétis. A. Slradivari ^ p. 76i

no LES ANCÊTRES DU VIOLON

Stradivari produisit un nombre considérable d'instruments de lous genres : violons, violes, allos, violoncelles, eic, répandus aujourd'hui dans le monde eniier, et que les artistes et les amateurs se disputent h prix d'or.

Le musée instrumental du Conservatoire de musique, h Paris, en possède quatre, qui sont :

Un violon de 1699, un longuet beau et sonnant bien, qui a été légué par M. le marquis de Queux de Saint-Hilaire \

Un autre violon portant la date de 1708* et par conséquent de la belle époque, lequel est remarquable par l'élégance de ses formes et la beauté de son vernis rouge doré. Il appartenait au général DemidofT, qui en a fait don au musée.

Une grande pochette, un vrai bijou, faite en 1717% Tarisio* l'apporta en France et la céda à Silvestre, le luthier lyonnais, qui la vendit à L. Clapisson. Celui-ci composa, spécialement pour cet instrument, une gavotte qui fut jouée avec un énorme succès par Croizilles, dans Les trois Nicolas^ opéra-comique en trois actes, que l'auteur de La Fane/ionncUe écrivit pour les débuts du ténor Montaubry.

Une guitare, sans date', dont la belle rosace qui en décore la table est entourée d'un filet en marqueterie semblable à celui du violon de 1677, que nous avons reproduit dans ce volume, page 92.

Ainsi qu'on l'a vu plus haut, Stradivari mourut le 18 décembre 1737, à l'âge de quatre-vingt-treize ans. Il fut inhumé dans l'église San Domenico, dans la chapelle du Rosaire, la troisième à droite, presque en face de sa demeure. Cette église, qui tombait en ruine, fut démolie

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