‹ Les ancêtres du violon et du violoncelle: les luthiers et les fabricants dChapitre 59 sur 159 · Vidal. Les insinimenls à archet ^ t. II, p. 31 -i · texte numérisé non relu

Vidal. Les insinimenls à archet ^ t. II, p. 31 -i

LE VIOLON KT SES DÉIllVÉS 137

la Suisse. It habita Berlin <lc 18U & 1830, ot y épousa la jeune veuve Galliarl, qui lui apporta une belle fortune. Itcvcnu en Krance, il «'établit dénnilivement & Bordeaux:

D'après Ingouf.

Bourbon, près de Uumazan, où Rode mourut en 1830, est situé à l'embouchure du Lot.

Sauf Laurentini, de Bologne, et Tarlïni, presque tous les

grands violonistes italiens se sont fait entendre au Concert spirituel ; mais si ce dernier n'est venu lui-même, ses nombreux élèves nous ont fait connaître sa belle école.

Gossec fonda le Concert des Amateurs en 1770. C'est là qu'il fit entendre ses symphonies et celles de Haydn. L'orchestre, qui était excellent, s'acquit bien vite une grqnde réputation. Navoigille l'aîné le dirigeait avec beaucoup d'autorité. Parmi les violonistes on remarquait : Meslrino, Lahoussaye, Gervais, Berthaume, le chevalier de Saint- Georges, aussi habile à manier l'archet que Tépée; Fodor, Guérin, les deux Blasius, etc.

Le violon progressa également en Allemagne, où il y eut, pendant le xvm* siècle^ des maîtres tels que Franz Benda, Cari Ditters, Wilhem Cramer, Léopold Mozart, Andréas Romberg, Roab, Pichel, Eiselt, Danner, Fraenzel, Eck, le maître de Spohr, etc. La plupart de ces grands artistes restèrent au service des princes de leur pays, qui tous avaient des Chapelles et des Musiques particulières. Quelques-uns se produisirent en Angleterre et en Russie; Stamitz et Andréas Romberg sont les rares qui se soient fait entendre à Paris.

Pendant fort longtemps, les princes et les nobles prirent part aux exécutions musicales et même théâtrales dans les cours des pays d'oulre-Rhin. C'est ainsi qu'à Vienne, en 1724, l'empereur Charles VI dirigea plusieurs représentations d'Euristeo, opéra en trois actes d'Antonio Caldara, son • maître de chapelle, et dont tous les interprètes, sans exception, chanteurs, danseurs et musiciens, faisaient partie de la plus haute noblesse. L'orchestre était composé de : deux clavecins, dont un pour l'empereur, qui accompagnait les chanteurs tout en dirigeant; un téorbe, une flûte, deux haut-

bois, deux bassons, onze violons, trois basses de violon et une contre-basse, laquelle était jouée par le comte Adam- Ph. Logi. On sait que le grand Frédéric se faisait entendre, presque tous les jours, sur la flûte, et qiie le prince Esterhazy, le protecteur d'Haydn, cultivait la « viola bordone » avec passion.

A Vienne, de 1740 à 1772, on donna des concerts publics sur le théâtre de la Cour les vendredis et jours de fêtes. C'était une imitation de nos Concerts spirituels; on y exécutait surtout des oratorios et des cantates, peu d'instrumeuT tisles s'y firent entendre. Le Concert des Amateurs ^ à Berlin, ne fut fondé que plus lard.

Dans sa Desmptiôn de la ville de Paris au xv' siècle^ Guillebcrt de Metz cite la rue des Ménestrels « où l'en tient escolcs de ménestrels' ».

Ces a escoles de ménestrels » furent certainement le premier Conservatoire de musique français; et il est fort possible qu'on y enseignait non seulement le chant et le jeu des instruments, mais encore quelques tours d'adresse.

Il y eut après la création de l'Académie royale de musique différentes écoles do chant et de déclamation, dans le but de former des sujets pour l'Opéra'; mais il nous faut arriver à

i. Description de la ville de Paris au xv» siècle^ par GulIIcbcrl de Metz ( Paris, Aubrv, 1855), p. 72.

Selon le nu^ine aulenr, en « Mioslel de malslrc Jacques Duchié en la rue des Prouvelles >» se Irouvoil en liOl : « Une salle remplie de toules manières d'instrumens, harpes, orgues, vielles, gullerncs, psallérions et autres, dcsquelz ledit maistre Jacques savoil jouer de tous. » /</., p. 67.

2. Perrin et Cambert avaient emprunté leurs chanteurs aux maîtrises des cathédrales. Lully avait établi à l'Opéra une école de chant et de déclamation qu'il dirigeait lui-même. En 1698, la célèbre chanteuse Marthe le Hochois fonda une école publique qui subsista jusqu'en 1726. Il y eut après, l'école installée par l'Académie royale de musique, rue Saint-Nicaise, sous le titre de Magasin. El cndii celle qui fut créée par arrêt du roi, rendu le 3 janvier 1784, sur un rapport de Gossec.

la fondation de notre Conservatoire actuel pour voir enseigner ofQciellenient le violon.

Créé par une loi de la Convention du 3 août 1705, le Conservatoire national de musique et de déclamation ouvrit ses portes, à Paris, sous la direction de Sarette, le 30 octobre 1796. Les titulaires des classes de violon étaient : Gaviniès, Guénin, Rodolphe Kreutzer, Lahoussaye, Blasius, Guérillot et Persuis. Gaviniès, qui mourut en 1800, eut Jean-Jacques Grasset pour successeur. Baillot et Rode furent nommés en 1801 et 1802.

Le 3 avril 1801, une commission composée de Baillot, Pierre Blasius^ Frédéric Blasius, Catel, Chérubini, Grasset, Guénin, Guérillot, Kreutzer, Lahoussaye et Rode, fut réunie, afm d'arrêter les bases d'une méthode de violon destinée à renseignement du Conservatoire. Elle chargea Baillot, Kreutzer et Rode de ce soin. Baillot en fut le rédacteur, et présenta son travail à la commission, qui l'adopta, le 14 février 1802.

Depuis cette époque, l'Ecole française de violon n'a cessé d'occuper une des premières places dans l'univers.

Pierre -Marie- François -de- Sales Baillot (Passy 1771 — Paris 1842), exerça une heureuse influence sur l'Ecole de violon. Il rédigea non seulement la méthode de violon du Conservatoire, dont il publia une deuxième édition, en 1834, sous le titre à'Êcole du violon, mais aussi la méthode de violoncelle, que Baudiot et Levasseur firent en collaboration.

Aux professeurs de violon du Conservatoire, que nous venons de citer, succédèrent : Ilabeneck, A.-J.-N. Kreutzer (il remplaça son frère en 1826), Girard, Guérin, Alard, Massart, Charles Dancla, Sauzay, Maurin, Garcin, Çhaine, Bérou, Hayot, Turban et Marsick. Les titulaires actuels sont : MM. Berthelier, Rémy, Desjardins, Brun, Lefort et Nadaud.

Quoique notre cadre ne nous permette pas de parler des grands violonistes français et étrangers du xix* siècle,

nous tenons à rappeler que Nicolo Paganini (Gênes 1784 — Nice 1840), si justement célèbre, augmenta les effets des sons harmoniques, dont Mondonville faisait déjà usage en 1740.

Le vioIonisteMichelWoldemar (Orléans 1750 — Clermont- Ferrand 1816), fut un original, élève de LoIIi et de Mestrino. Il fit paraître une petite méthode de violon, où il donne les dessins des archets de Corelli, Tartini, Cramer et Viotti, il est aussi Tauteur des :

COMMANDEMENTS DU VIOLON Premier Décalogue,

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