Au chef d'orchestre obéiras Docilement, aveuglement
10. En public tu ne trembleras, Ni devant les Rois mêmement '.
Josepho Puppo (Lucqucs 1 749 — Florence 1 827) , violoniste habile, et de plus homme d'esprit, se lira d'aiîaire devant le tribunal révolutionnaire, par ses heureuses réponses aux questions qui lui furent posées :
— Que faisiez-vous sous le tyran?
— Je jouais du violon.
— Que faites-vous maintenant?
^- Je joue du violon.
— Que feriez-vous si la République avait besoin de vos services?
— Je jouerais du violon.
Puppo fut non seulement renvoyé indemne, mais il
It J.-R. Wbckkiu.in. Musiciaua^ p. 106 el 107<
entra au Théâtre-français-de-la-République, et en dirigea Torcheslre jusqu'en 1799.
N'oublions pas de mentionner que Turbry, un Toulousain, qui fut élève au Conservatoire et membre de Torcheslre de TOpcra italien, à Paris, publia, vers 1825, une Méthode de violon sympathique *.
La quinte de violon est appelée « viola » par les Italiens, les Allemands et les Anglais, sans doute parce que Ton s'en sert pour exécuter les parties conficVs autrefois aux violes de taille moyenne. En France, on lui a donné le nom plus logique d'alto, qui est le diminutif de « contralto », lequel s'emploie de temps immémorial pour désigner les voix graves de femmes et d'enfants; car cet instrument est bien en réalité un violon-contralto, puisqu'il s'accorde ainsi, une quinte au-dessous du violon :
On ne saurait préciser à quelle époque l'alto vint tenir sa place près du violon. Les seuls renseignements que l'on possède sur ce sujet se résument dans les appellations de « haute-contre, taille » et «< quinte », données aux violons d'accompagnement des difTérentes Bandes; lesquelles appellations ont été jusqu'ici attribuées de préférence aux violes. Peut-être méritent-elles un examen plus attentif.
Il n'est pas douteux que les joueurs de « haute-contre » ot de H taille » des grands et petits violons du roi furent tout d'abord des violistes, et que, plus tard, quand on remplaça
s. Turhry fil ouPfii pnrollrc : L-arl de moduler dans les régiom lea plus inou'ies ef les plus déliciPuses de l'harmonie^
ceux-ci par des violonistes (deuxièmes et troisièmes), on désigna de même les nouveaux venus par la force de l'habitude. Du reste, cela n'ofTrait aucun inconvénient, car les qualificatifs de « haute-con.tre » et de « taille » s'appliquaient bien plus aux parties elles-mêmes qu'aux instruments sur lesquels on les exécutait.
Quant à la dénomination de « quinte », nous estimons qu'elle appartient plutôt à la quinte de violon, ou alto, qu'aux violes, voici pourquoi :
Les noms donnés aux violes ont trois origines différentes. Ce sont d'abord ceux des voix du même registre : dessus, pardessus, haute-contre, taille, alto, ténor\ baryton, basse et double-basse; puis d'autres selon la manière de les tenir, tels que : « viola a braccio », « viola a spalla » et « viola a gambe »; enfm quelques uns de spéciaux, comme : viole d'amour, viole-lyre et « viola pomposa ». Mais dans cette longue énumération, on chercherait en vain un nom emprunté à un intervalle quelconque : tierce, quarte, quinte, etc. La cause en est, selon nous, dans Tirrégularité de l'accord des violes, que chacun réglait à son gré, pour sa plus grande commodité.
Tandis qu'avec le violon, l'accord fut régularisé et devint uniforme sur l'instrument type et sur ses dérivés, où les cordes sonnent toujours à un intervalle de quinte l'une de l'autre, sauf pour la contrebasse, qui conserva un accord variable, afin de rendre plus facile l'exécution de certains traits rapides.
Il était donc tout naturel que le violon contralto, accordé à une quinte fixe, au-dessous du violon, prtt le nom de cet intervalle; nom que l'on n'aurait pu donner à une viole, dont l'accord n'avait rien de régulier.
Quoi qu'il en soit, il y avait un altiste dans la Musique de la reine^ en 1683 : c'était « Fossart, joueur de quinte de
1. Agricola donne les noms d*alto et tcnor à deux « gcige » ou violes allemandes de taille moyenne. Voir l. I, p. 193.
violon » ; il s'y trouvait en compagnie de : « Jean-Augustin le Peintre et Jean Marchand, joueurs de dessus de violon, Pierre Iluguenet, joileur de taille, et Sébastien son frère, joiieur de liaute-conlrc », et touchait: « 300 livres par an*. »>
On peut donc en conclure que le nommé Fossart, altiste de la Musique de la reine, ne devait pas être un isolé et le seul à cultiver cet instrument; et que par suite, les (( quintes m de la grande et de la petite Bande jouaient aussi de la quinte de violon.
Or, s'il y avait des altos dans les dilTérentes organisations musicales de la Cour, il devait aussi s'en trouver à Torcheslre de l'Opéra.
Il est vrai que les partitions du temps ne contiennent aucune indication précise, et que si Lully écrivit souvent trois parties de violon bien distinctes, se croisant parfois et ne descendant jamais au-dessous du sol à vide, il ne renseigne pas le lecteur sur l'instrument avec lequel devait être exécutée la partie d'accompagnement écrite en clef d'ut troisième ligne. Mais si l'on consulte une partition de Hichard Wagner, y apprendra-t-on que l'instrument désigné par le mot « viola » est un alto ou quinte de violon? Cependant tous les musiciens modernes le savent. II est probable (|ue ceux du temps de Lully étaient également bien renseignés; mais nous ne le sommes plus aujourd'hui sur certains usages d'il y a deux siècles.
Du reste, fait ignoré jusqu'ici, nous démontrerons plus loin que la basse de violon, ou violoncelle, était cultivée à la fin du xvii* siècle. La quinte ou alto devait donc l'être aussi.
Nous ne citons cju'à litre de curiosité un manuscrit de la bibliothè({ue de l'Opéra, intitulé : Privilège accordé^ arréi(i rendu et règlement fait par Sa Majesté pour r Académie royale de musique pour l'année 1712-1713, dont M. A. Pougin a parlé longuement*. Car s'il nous apprend que l'orchestre de