L'Klaf (le la France, 1692, p
2. M. A. Soiibios a ropro<Uiil co frontispice clans son Wslohe th la musique filiemantie, p. 60.
que si le violoncelle était Tagrandissement exact du violon, par rapport à son diapason, sa caisse devrait avoir environ 1 mètre de longueur, 70 centimètres dans sa plus grande largeur, et les éclisses seulement 85 millimètres de hauteur. Mais, pour la facilité du jeu, la longueur et la largeur ont été diminuées, et les éclisses haussées, afni que, par cette compensation, la caisse puisse contenir la masse d'air suffisante pour la bonne sonorité.
En réalité, le violoncelle ou basse de violon est accordé à Toctave au-dessous de Talto ou quinte; car sa chanterelle ou première corde sonne à vide le la placé sur la cinquième ligne de la clef de /a, et les trois autres, à une distance de quinte en descendant : ré^ sol et lU :
De même que sur Talto, ces deux dernières cordes sont filées.
Le violoncelle de David Tecchler, daté de Rome 1721, que nous reproduisons, est à peu de chose près, de mêmes proportions que celui d'Antonio Stradivari, de Jules Delsart, déjà donné. Il mesure :
Longueur de la caisse jCk) millimètres
Largeur — dans le l)as. . . /|/|8 —
— — au milieu . . . 2V» —
— — dans le haut . . 35o — Hauteur des éclisses, en bas i2() —
— — en haul 118 —
Longueur des // i4o —
— de la tôle 220 —
jLes premiers violoncellistes n'étaient pas très habiles: tout leur talent consistait à frotter des parties de basse pour accompagner le chant, ou les instruments, principalement le violon dans ses sonates et ses concertos. Corelli
ncvoyngcailjnmnis sans son nccompagnateurvioloncollisle, clTarlini no se si^pnrait pris de son ami Vandini, lerjuel remplissait le même office auprès de lui. On a vu que Baplislc el Guignon se firent accompagner au Concert spirituel, l'un par une basse de viole, l'autre par un basson.
Nos virtuoses modernes ne se conlciitci-aient pas de si peu.
Ce fut pendant très longtemps te râle des violoncellistes, qui n'exécutaient pas toujours la basse d'accompagnement avec beaucoup d'exactitude. Ils ne se gênaient aucunement, paraît-il, pour la broder, l'amplifier, la transfigurer même. Quantz dut en souffrir, car il s'élève, ^ en ces termes, contre cet abus :
« Le joueur de violoncelle, dit-il, se gardera de broder la basse, comme
. yiOLOH0r.l.LE DE DAV11> TRCCIILER
quelques grands joueurs [Home. i7!i].
ont eu autrefois cette
mauvaise coutume : c'est faire montre de son habileté fort
i52 LES ANCÊTRES DU VIOLON
mal à propos. En voulant mettre dans la basse des broderies arbitraires, on fait encore plus de mal qu'un joueur de violon n'en peut faire dans une partie d'accompagner ment. Il est absurde de vouloir faire une partie supérieure de la basse, qui ne doit avoir pour seul et unique but que de soutenir et de rendre harmonieux les ornements de l'autre partie* ».
Francisello commença h jouer le violoncelle en solo. Quantz, qui l'entendit à Naples, en 1 725, en parle avec enthousiasme. Vandini ne se contenta pas toujours d'être le simple accompagnateur de Tartini, il se fit aussi connaître comme soliste et s'acquit une grande réputation.
Giorgio Antoniolti deMilan, et Salvatore Lanzetti', lequel était au service" du roi de Sanlaignc, se firent également remarquer un peu après; mais c'est Berlault (Valenciennes, vers 1700 — Angers, 1756) qui est considéré comme le véritable fondateur de l'école du violoncelle, car il fut le premier à se servir du pouce comme sillet mobile, artifice d'exécution déjîi employé sur la trompette marine, et qui permet de parcourir toute l'étendue.
On raconte à Valenciennes que c'est à la suite d'un concert, où il avait entendu accompagner une sonate de violon par un violoncelliste. peu habile, mais très fantaisiste, qu'il abandonna la basse de viole pour le violoncelle.
Bertault se fit entendre pour la première fois au Concert spirituel, en 1739, dans un concerto de sa composition; son sijccès fut prodigieux.
Caffiaux, son contemporain, rapporte ce fait amusant :
« Tandis qu'il jouissait h Paris de la gloire de n'avoir aucun égal, un ambassadeur, ami de la musique, l'engagea à venir faire les délices d'une nombreuse compagnie qu'il avait
1. OuANTz. Méthode de flûte, Berlin, 1752. (L'auleiir l'a publiée en français.)
2. Dans SCS Lettres sur VUalie (1739 h 1770), le président de Brosses parle avec odinirnlion du YioloncellisLe Lan/.elli.
assemblée. Le musicien complaisant obéil : il se présente, il joue, il enchante. L'ambassadeur satisfait lui fait donner huit louis, et donne ordre de le conduire à son logis dans son propre carrosse. Bertaull, sensible h cette politesse, mais ne croyant pas ses talents assez bien récompensés par un présent si modique, remet les huit louis au cocher en arrivant chez lui, pour la peine que celui-ci avait eue de le reconduire. L'ambassadeur le fit venir une autre fois et, sachant la générosité qu'il avait faite à son cocher, lui fit compter seize louis et ordonna qu'on le reconduisit encore dans sa voiture. Le cocher, qui s'attendait à de nouvelles largesses, avançait déjà la main, mais Bertault lui dit : « Mon ami, je l'ai payé pour deux fois* ».
Ce grand artiste avait un penchant immodéré pour le vin, qu'il appelait sa colophane^ et jouait rarement dans un salon, avant qu'un domestique ne lui en eût apporté une bouteille, qu'il plaçait sous son tabouret. Il a publié, pour son instrument, des concertos et des sonates, très rares aujourd'hui.
Ses élevés, Janson, né aussi h Valenciennes, Dnport Talné, (^upis et Tillière, lui firent le plus grand honneur et rendirent justement célèbre l'Ecole française du violoncelle.
Jran-Baptiste-Aimé-Joseph Janson l'aîné (Valenciennes,
J7Î2, — Paris, 1803) se fit entendre avec succès au Concert spirituel, pour la première fois, le 23 mars 1755. Depuis cette époque jusqu'en 1780, il en fut un des solistes habituels. Après de nombreux voyages en Italie, en Allemagne, en Suède, en Danemark et en Pologne, où il obtint partout les plus brillants triomphes, il fut nommé professeur au Conservatoire, lors de sa fondation, en 1796. Son frère, Louis-Auguste-Joseph Janson, resta plus de vingt-cinq ans à l'orchestre de l'Opéra. Né à Valenciennnes le 8 juillet 1 749, on ignore la date de sa mort.
Jean-Pierre Duport l'aîné (Paris, 1741 — Berlin, 1818)