oir le Ménestrel du 9 février
l'Opéra se composait alor^ de 47 artistes, y compris le « batteur de mesure », qu'il y avait : 10 instruments du
GafparodaSaio, InBrefcia
petit chœur', 12 dessus de violon, 8 basses, 2 quintes, 2 tailles, 3 liautes-contre, etc., il ne nous dit pas si
1. Par pctil cliiEiii', un dé^iHuc bien ccriaincmeal les inBli-umcnlislee cliai'gdB (l'uvconi|iagticr Iob n^citalirs, coiijoiiilcmcut avec le clovcciu.
c'élaienl des quinles, des tailles et des hautes-contre de viole ou de violon.
Tous les grands luthiers construisirent des altos, Âmati^ Slradivari, etc. ; ce qui est la preuve bien certaine qu'on devait en jouer. On a vu, plus haut, celui en forme de guitare, que Pielro Guarnari fit h Manloue en 1698. Nous sommes heureux de pouvoir en donner un de Gasparo da Salù, dont le dessin des contours est non moins intéressant.
Ce bel instrument n'a pas d'échancrures sur les côtés en forme de G, et un seul coin, celui du bas, s'y remarque. Les yy, placées perpendiculairement, ont des ouvertures à peu près aussi grandes à chaque extrémité, et rappellent les // du violoncelle d'Andréa Âmati, déjà reproduit. Quant à la caisse, dessinée en cœur 5 remplacement du bouton, elle a : 410 millimètres de longueur, 212 millimètres de largeur en haut et 260 millimètres de largeur en bas*.
En France, l'alto ne fut pas l'objet d'une élude spéciale, jusqu'à ces temps derniers. Ne possédant pas le brillant du violon ni la chaleur du violoncelle, il n'intéressait que des artistes et des amateurs dévoués, et n'était joué, le plus souvent, que par des violonistes médiocres. Mais un courant s'est établi en sa faveur depuis que des artistes comme Urhan, Mas, Trombetta, Van Waefelgkem, etc., ont fait valoir ses belles qualités ; et aujourd'hui, il est enseigné dans la plupart des Conservatoires. A Paris, la classe de M. Laforge, créée depuis peu d'années, a déjà donné d'excellents résultats.
Nommée « violoncello » en Italie, la basse de violon est ' appelée « violoncelle » en France.
I. Gaf^paro da Sal<> a fait plusieurs altos de ce modèle. L'un d'eux, décoré «de doubles fllels, appartient à M. F. Pingrié, h Paris.
Le mot « cello », seul, n'existe pas en italien. C'est une désinence qui s'ajoute aux mots pour exprimer un diminutif. On sait, par ce qui précède, que notre violon s'appelle en italien « violino ». Le mot « violone », composé de « viola » et de la désinence augmentative « one », signifie la contrebasse ou « basso di viola ». « Violoncello » indique donc une viole de moyenne grandeur, entre la contrebasse ou « violone » et le « violino » ou petite viole.
Nous ne parlerions pas de la légende absurde, mise en circulation par Laborde, dans son Essai sur la musique^ qui attribue l'invention du violoncelle au Père Tardieu, de Tarascon, dans les premières années du xviii* siècle, si on ne la reproduisait de temps en temps sur des programmes de concerts.
Comment admettre qu'Andréa Amati fit un violoncelle, en 1572, pour le roi de France Charles IX, et que le Père Tardieu imagina cet instrument vers 1710 ou 1720, c'est-à-dire cent cinquante ans plus lard?
Non seulement tous les luthiers italiens des wi"" et xvii* siècles: Andréa Amati, Gasparo da Salù, Maggini, Antonio, Girolamo et Nicolo-Amali, Stradivari, etc., construisirent des violoncelles en môme temps que des violons, mais on a vu dans la liste des violons du roi, donnée plus haut, que : Prosper Chariot, Jean-Baptiste la Fontaine et Joseph Marchand étaient basses de violon \x la Chapelle, dc^puis 1601, 1683 et 1695*. De plus, les passages suivants du Livre commode des années 1691 et 1692, montrent qu'à celle époques la basse de violon était déjà très cultivée à Paris.
« MM. Marchands (^ic), rue des Pouillies, Converset, rue Betizy, Gillet, place du Palais-Royal, et Boudet, rue Saint- Antoine devant la vieille rue du Temple, sont encore d'habiles Maîtres pour la basse de violon ". »
!• VÈtat de la France, 1702, p. 48.
2. Les adresses de la ville de Paris avec le trésor des almanachs, livre commode, fi{c,, 1G91, p. 48.
« MntliTs pour la liasse do violon. MM. Marchands [>h^c. vl iîls ot Convcrscl, rue des Pouillies, Boudcl, rue Sainl- Anloino, Hessiel, rue des Vieux-Auguslins, La Rue près Saint-Médéric '. »
El ce n'est pas qu'en France que le violoncelle élail répandu. On devait même le pratiquer beaucoup en Allemagne, au commencement du xvn" siècle; car, sur le frontispice du Ciirrus ti^idmphalis de Rauch, public en 1618, lequel rej)résenle un orchestre avec canons el mousquelerie, on voit, à gauche, un ange jouant du violoncelle*.
Cet instrument fui surtout utilisé à ses débuts, pour soulenir le chant dans les églises. On sait déjà que plusieurs chaiu)iii(*s violonc(*llisl(\s fui'onl obligés de prendn* un brevet de maître à danser, afin d'avoir le droit d'accompagner le plain-chant. Parfois un trou était percé au milieu de la lable de fond, pour permettre au joueur de suivre les processions en suspendant Tinstrument à sa ceinture.
Les violoncelles destinés aux maîtrises étaient, en général, d'un plus grand palron (|Ue celui adoj)lé de|)uis. Ils sont connus dans le commerce de la lutherie sous le nom de « basses ». Nicolo Amali en fit plusieurs pour l'église abbatiale de Cluny. M. Dupuis, habile violoncelliste à Chalon-sur-Saône, possède un de ceux-ci, daté de 1638. La caisse de ce magnifique instrument mesure 0",80 centimètres de longueur, au lieu de 0",76, grand patron de Stradivari; son cheviller est orné d'une tête de sirène dorée, et les armes des abbés de Cluny sont incrustées en argent sur le cordier. Stradivari a fait aussi plusieurs basses de ce format; celle que jouait de préférence le grand Servais est de ce nombre.
Puisque nous parlons des diverses grandeurs qui furent données à la basse de violon, il est bon de faire remarquer