‹ Les ancêtres flamands de BeethovenChapitre 17 sur 39 · ATEN · texte numérisé non relu

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1° Sieur N. van den Brande, marchand à Bruxelles.

Le 7 octobre 1744, le procureur Broers dépose que le dit sieur van den Brande réclame de la masse de Michel van Beethoven une somme de 728 florins, 3 sols, 3 liards pour livraison de dentelles. — Le 6 décembre suivant, le procureur van den Broeck approuve les prétentions du prénommé.

2° La demoiselle Maria de Lorge.

marchande à Courtrai, déclare, par la voie du procureur Broers, que Michel van Beethoven lui est redevable d’une somme de 435 florins courant. À l’appui de sa demande, elle dépose une lettre de change, datée du 3 avril 1741 et le protêt y annexé. — Cette prétention est approuvée le 16 décembre 1744 par le procureur van den Broeck.

3° Madame Veuve de Cock.

A la séance du 7 octobre 1744, le procureur Broers déclare, au nom de l’assignée, qu’elle réclame de la masse de Michel van Beethoven une somme de 1552 florins, 9 sols, 2 liards pour fourniture de dentelles, ce qu’elle prouvera par ses comptes. — Approuvé le 16 décembre 1744.

4° Madame de Biest.

Le 23 septembre 1744, le procureur Quertemont, au nom de l’assignée, présente la copie authentique du jugement rendu par les échevins en faveur de la dame de Biest, le 13 octobre 1741, à charge de Michel van Beethoven, jugement en vertu duquel elle obtient les sommes de 200 florins et de 253 florins, 4 sols, 1 liard, plus les frais. Maître Quertemont conclut, en vertu de ce jugement favorable, que sa cliente a un droit de préférence parmi les créanciers, suivant en cela le droit coutumier. Il proteste contre les frais supplémentaires que veut imposer à sa cliente Maître Dominique van Dyck, représentant le créancier van Eupen.

5° Sieur Willems.

Le 21 octobre 1744, le procureur Broers, au nom de l’assigné, déclare que son client Willems était propriétaire du mobilier mentionné dans l’acte du 12 mars 1741 passé par-devant le notaire de Rees, mobilier provenant de Michel van Beethoven et de son épouse Marie-Louise Stuyckers. Il se plaint d’avoir été obligé de vendre publiquement le mobilier, par suite d’une ordonnance échevinale du 25 juin 1743 et réclame le produit de cette vente forcée. On conclut au remboursement par rang de préférence, étant donné que l’argent de ce mobilier revient de droit au sieur Willems.

6° Madame Borghgrave.

Le 12 août 1744, l’assignée en personne réclame de Michel van Beethoven une somme de 731 florins, 7 sols, 1 liard pour livraison de dentelles. Elle présente son “ manual ” comme preuve du bien-fondé de ses prétentions. — Approuvé le 23 septembre 1744.

7° Madame Veuve Dancre.

Le procureur Broers, présent à l’audience du 7 octobre 1744 réclame, pour sa cliente, la somme de 630 florins, 4 sols pour fourniture de dentelles, conformément aux factures soumises. — le 31 Octobre, van den Broeck approuve ces prétentions.

8° Madame Blondeau.

Présente à la séance du 12 août 1744, l’assignée réclame de la masse de Michel van Beethoven, en paiement de dentelles fournies, une somme de 534 florins, 12 sols, 1 liard, comme en fait foi son “ manual” qu’elle produira a la rédaction du rapport. — Van den Broeck approuve ces prétentions le 23 septembre 1744.

90 La Veuve Peeters.

Assiste à la séance du 12 août 1744 pour réclamer, de Michel van Beethoven, le montant de ses fournitures (dentelles) valant en tout 732 florins, 3 1/2 sols; elle produira son livre de compte si besoin. — Approuvée cette déclaration le 22 septembre 1744.

10° Dame Catherine Vertongen.

L’assignée, présente à la séance du 12 août 1744, introduit une demande de paiement jusqu’à concurrence de 989 florins, 16 sols pour solde de fourni-

ture de dentelles à la maison Michel van Beethoven. — Approuvé le 23 septembre 1744.

11° Mathias-Simon van Eupen, marchand à Anvers, qui a donné procuration à Maître Dominique-Joseph van Dyck, Procureur au Grand Conseil, pour traiter en son nom.

Le 23 septembre 1744, le Procureur van Dyck réclame, pour son client, la somme de 920 florins, 13 sols, 1 liard, ainsi que les intérêts. En outre, il rappelle aux échevins le jugement qu’ils rendirent en faveur du sieur van Eupen le 15 juin 1741 ainsi que ses requêtes des 23 décembre 1743 et 24 ianvier 1744 et invite les juges à conclure au rang de préférence en faveur de son client. — Approuvé le 21 octobre 1744.

12° Les Pères Capucins de Malines.

Le 7 octobre 1744, le procureur Broers déclare que les Pères ont droit a un capital de 3000 florins, argent de change, capital placé en hypothèque sur quelques maisons situées près des Dominicains (rue des Juifs). Ils prouveront ces droits par les actes qui en font foi. Le procureur conclut que, dans ce cas, il faut maintenir en faveur des Pères le droit d’hypothèque générale et spéciale, tant pour ce qui regarde le capital que pour ce qui concerne l'inscription. — Approuvé le 4 novembre 1744, avec droit de préférence.

13° Clara de Meester.

Le 23 septembre 1744, le procureur Buydens se présente au nom de l’assignée. Il déclare que sa cliente réclame de Michel van Beethoven le reliquat d’une dette non entièrement soldée, s’élevant à 100 florins, pour fourniture de dentelles suivant contrat passé avec le failli devant le notaire P. J. Claessens le 11 janvier 1740, dont copie authentique est jointe à la requête. — Accepté le 21 octobre 1744 en concurrence.

Le 16 décembre 1744, M° Dominique-Joseph van Dyck, Procureur au Grand Conseil, reparaît au tribunal des échevins. Son client d'Anvers, le sieur van Eupen, n’admet pas que la dame de Biest soit classée au rang “ de préférence ” pour le remboursement de sa dette; il n’admet pas non plus que d’autres aient un rang de préférence sur lui, étant donné qu’il a été le premier à réclamer sa créance à Michel van Beethoven, et cela avant que personne n’ait encore fait valoir ses droits sur cette maison. Van Dyck déclare qu’il intentera un procès à tous ceux qui voudraient supplanter le rang de préférence de son client. Le procureur van den Broeck décide de faire trancher cette question de partie à partie et de laisser à la justice le soin de liquider le différend.

Le même jour, van Eupen se retourne contre le pauvre Willems pour lui contester le bénéfice de la vente du mobilier de Michel van Beethoven. M: van Dyck, qui représente encore le marchand anversois, déclare que le rang de préférence reconnu au sieur Willems, le 21 octobre dernier par le procureur Broers, n’est pas admissible, vu que ce mobilier fut acquis après la requête tendant à obtenir paiement des marchandises fournies par le sieur van Eupen (en effet, cette requête est datée de janvier 1741 et la vente du mobilier avait été conclue le 12 mars suivant).

Devant les menaces de l’impétueux van Eupen, Henri Willems juge prudent de céder sa priorité. Le 25 février 1745, il se présente devant les échevins et déclare qu’il renonce à son droit de préférence obtenu le 21 octobre 1744, sans vouloir même le disputer au sieur van Eupen. Seulement, il entend garder la préférence, à concurrence de 300 florins, sur les autres créanciers, pour autant, ajoute-t-1l timidement, qu’il en restera lorsque van Eupen aura obtenu entière satisfaction.

C’est la dernière pièce du procès. Si nous additionnons les sommes réclamées, le passif de Michel van Beethoven se chiffrait approximativement à 10.000 florins, en dehors des arriérés d’intérêts des hypothèques, somme énorme si l’on songe qu’à cette époque, une bonne maison bourgeoise ne se louait que 50 florins par an. Ajoutons à ce nombre déjà respectable de créanciers, d’autres qui n’ont rien réclamé, soit par ignorance, soit par crainte. Maintes petites dentellières timides n’osèrent affronter le rigide tribunal de la “ Vierschaer ”.

La vente des immeubles, tous hypothéqués lourdement, n’aura réussi à rembourser qu’une minime partie des créances. En un mot, les van Beethoven ont quitté Malines dans les conditions les plus désastreuses : c’est probablement la raison pour laquelle ils n’osèrent jamais avouer à Bonn d’où ils venaient. Soit pour dépister les curieux, soit pour éviter des divulgations sur leur condition sociale à Malines, ils se disaient de Gand (1) ou de tout autre ville belge.

Des quatre fils de Michel van Beethoven, nous ne trouvons traces que de l’aîné, Corneille, et du puiné, Louis, le futur grandpère de l’auteur de la Neuvième. Nous savons que ce puiné remplaçait le 2” né Louis, mort trois mois après sa naissance. Quant au cadet, Lambert-Michel, on n’en parle plus. Comme il n’est pas assigné par le curateur Pierre Steenmans, nous suppo-

(1) Cfr. le manuscrit de Gottlieb Fischer, qui affirme l’origine gantoise du grand-père du compositeur.

sons qu'il était déjà mort en 1741, ou que sa trace était perdue.

Que savons-nous maintenant de l’aîné des fils, Corneille ? Fort peu. Nous savons qu’à Bonn, il était marchand de cierges et cirier. Il est possible qu'il ait appris ce métier à Malines puisque cette ville comptait, à cette époque, jusque trois grandes manufactures de cire. Un fait certain est qu’il quitta assez jeune la ville où il vit le jour, probablement vers 1731 ou 1732, donc âgé de 24 à 25 ans. Peut-être fit-1l le voyage avec son frère Louis, plus jeune de quatre ans, afin de lui assurer en route aide et protection ? Ce ne sont là que des hypothèses. Tenons-nous en aux documents et suivons à la lumière de ceux-ci la carrière du membre le plus intéressant de la famille. Nous retrouverons l’autre en passant.

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Signature de Corneille van Beethoven, et la “ marque ” (-}-) de Catherine van Leempoel, qui déclare ne pas savoir écrire.

Extrait des Protocoles du notaire Ch. Jacobs, Malines, acte du 20 décembre 1700.

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Signatures de Michel van Beethoven, son épouse Marie Stuyckers et Henri ,Willems. Extrait des Protocoles du notaire R. de Rees, Malines, acte du 12 mars 1741.

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Signatures de Madeleine Goffau, Marie Stuyckers et Michel van Beethoven. Extrait des Protocoles du notaire Pierre Broers, Malines, acte du 6 avril 1737

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