‹ Les ancêtres flamands de BeethovenChapitre 4 sur 39 · PRÉNOMS PARRAINS MARRAINES DATES · texte numérisé non relu

PRÉNOMS PARRAINS MARRAINES DATES

1 Henri-Adélard | Henri de Hert Cather. Grandjean | 4 août 1709 2 Maria Abigaël | Jean Joseph de Hert Abigaël Boeckorst 5 juill. 1711

3 LOUIS Pierre Bellewaert | Dymphna van Beet- 23 déc. 1712 hoven 4 François Franc. Vleminckx | Cath. v. Castbroeck | 10 janv.1715 5 Jean-Emmanuel | Guillaume van Beet- Anne Thérèse de | 1 janv.1717 hoven Majolet

6 Jean-Joseph Jean Jos. De Hert | Marguer. Jacquien | 18 avril 1718 7 Jean-François Robert Mellaerts Catherine van Beet- | 20 févr. 1720

Robert hoven 8 Jacques-Jean Jacques Bosschaert | Jeanne Cath.v.Hoof 23 févr. 1722 9 Claire-Dymphna Jacques Bosschaert | Claire Dierix 2IFOCCRES23

10 Jean-Joseph Louis Grandjean | AnnaTher.De Hert| 5 avril 1725 11 Pierre-François | Pierre Franç.Engels Magd. Schoonaerts | 15 juin 1727 12 LOUIS-Joseph | Jacq. Louis Grand- Maria Abigaël van | 9 déc. 1728

jean Beethoven

Comme il était d’usage constant, sous l’ancien régime, de donner aux nouveaux-nés le prénom des enfants morts avant eux, on peut affirmer que les trois premiers “ Jean ” et le premier “ Louis” étaient décédés. Ce que démontre du reste l’acte “ Steenecruys ” dont il va être parlé.

Pierre-François, le onzième des enfants, quitta le foyer familial sans laisser de trace. (Chose curieuse, un cas identique se présenta dans la famille de Laurent van Beethoven dont un Pierre aussi déserta le toit paternel).

Henri-Adélard mourut à Anvers le 10 septembre 1745 et son épouse huit ans après, en novembre 1753:

Nous avons vu déjà quelle fut la situation de Henri-A délard. Après une période florissante survinrent des déboires dont les enfants subirent le contrecoup au décès des parents. L’article paru dans L’Escaut, reproduit plus haut, et l’étude de M. Pols nous renseignent sur les conditions de cette succession obérée. Les cinq enfants survivants la récusèrent et adressèrent à cet effet, une requête au Magistrat d'Anvers le 14 décembre 1753, après s’être mis préalablement d’accord devant le Notaire Steenecruys (acte passé à Anvers, le 6 septembre 1753). Le 6 décembre suivant, l’acte de renonciation à l’héritage est signé devant le Notaire Pierre-Gabriel Steenecruys. On y trouve les déclarations ACICESIUCS

1) Maria-Abigaël, épouse Van Postel

2) Jean-François

3) Claire-Dymphna

4) Louis.

Quelques jours après, le curateur Balthasar van Postel donne l'autorisation d’ajouter la mention que : “ Pierre, expatrié, renonce aussi aux droits et bénéfices de la succession. ” Ainsi, la pièce avait un caractère légal.

Le quatrième signataire de l’acte, Louis, ne peut être que le

Benjamin de la famille, c’est-à-dire Louis-Joseph. Ce qui le démontre, c’est que les signatures sont données dans l’ordre des naissances. Or, l’histoire de ce Louis est connue.

Louis-JosePH VAN BEETHOVEN

né à Anvers le 9 décembre 1728, fils de Henri-Adélard et de Marie-Catherine de Herdt, se maria trois fois :

en premières noces avec Marie-Thérèse Claessens, décédée le 5 mars 1769,

en deuxièmes noces avec Marie-Thérèse Jacobs, décédée en 17/72,

enfin en troisièmes noces avec Marie-Thérèse Schuerweghs.

En 1743, Louis-Joseph suivit les cours de dessin à l’Académie d'Anvers. Après le décès de sa troisième femme, il quitta cette ville pour s'installer à Oosterwyck, près de Bar-le-Duc, chez sa fille Anne-Thérèse, épouse de Van der Brugge, où il mourut le 11 novembre 1808.

Le lecteur se demandera où Léon de Burbure a trouvé le Louis van Beethoven qu’il fit passer pour le grand-père du compositeur. Voici :

Une tradition orale, qui circulait encore dans la famille au temps où de Burbure récoltait sa documentation beethovénienne, affirmait que l’un des fils de la famille anversoise avait quitté brusquement la maison paternelle à la suite de querelles, mais on ne se rappelait plus le nom du déserteur. Or, nous savons, par les actes officiels cités plus haut (actes du notaire en 1753 et requête), que cette légende doit s’appliquer à Pierre. De Burbure, sans aucun doute, a voulu identifier le premier Louis, né en 1712, avec le fugitif Pierre dont la fugue fut exploitée pour expliquer son soi-disant engagement, en 17/31, à la maîtrise de St-Pierre à Louvain. Comment Louis serait-il devenu Pierre ? Tout simplement parce que son parrain Bellewaert portait ce prénom que l’on

aurait, dès lors, attribué à l’enfant dans l’intimité de la famille.

Supposons donc un instant que Louis, né en 1712, dit Pierre dans l'intimité, fût vraiment celui qui deviendra le Kapellmeister de Bonn. Comment se fait-il qu’en 1753, lors de la succession, il ne signe pas la requête de renonciation aux échevins d'Anvers? Comment se fait-il qu'en 17173, Marie-Abigaël van Beethoven, veuve de Balthasar van Postel, fait inscrire dans son testament qu’elle choisit Louis van Beethoven comme légataire universel pour ses biens personnels ? Ce testament, acté le 19 mai 1773 par le Notaire J.-B. van Hencxthoven, ne peut évidemment plus se rapporter au grand-père du compositeur, puisqu'il avait quitté ce monde le.26 mars de la même année. Ce Louis dont font mention les actes de 1753 et le testament de 1773 ne peut être que Louis-Joseph, le dernier-né de la famille. L’autre Louis, né en 1712, était déjà mort avant 1753, sans quoi il aurait certainement figuré parmi les signataires de la requête de renonciation à l’héritage des parents.

Conclusion : Léon de Burbure a sollicité la documentation et forcé l’état civil pour servir sa cause.

Le Kapellmeister Louis van Beethoven n’est pas anversois : telle est donc la conclusion inéluctable qui se dégage de ce qui précède.

Nous avons déjà dit quelle était notre conviction et sur quoi elle s’appuyait; la lecture de la notice de M. Pols ne pouvait que nous engager à reprendre nos recherches dans les archives malinoises, recherches laborieuses s’il en fut (1).

(1) Nous ferons grâce au lecteur du détail de ces investigations. On sait combien, en pareille matière, on perd de temps en recherches inutiles, lancé sur de fausses pistes, dans de mauvaises directions, sans compter les difficultés résultant des écritures anciennes, l’orthographe erronée des noms propres, etc.

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