AVANT-PROPOS
LoTsqu*en 1863, dans une modeste exposition rétrospective^ furent remarquées pour la première fois des faïences fabriquées à Rennes au XVIIP sièdé^ M. Au^ guste Andréy membre de la Société archéologique d7He-ef- Fi/aine, conçut le projet d'écrire une Histoire artistique et industrielle de la Breta^e. C'est à ce moment qu'il commença à rechercher dans noà archives locales les documents de nature à le renseigner utilement. Il recueillit pendant plusieurs années de nombreuses notes qui lui pei^mirent de publier en 1878, dans les Mémoires de la Société archéologique dlUe^et-Vilaine, un très intéi^essant mémoire sur la Verrerie et les vitraux peints dans Tancienne province de Bretagne. En même temps, il formait un important portefeuille de notes puisées aux Archives du Département, à celles de la Ville, à celles du Parlement, et qui devaient lui servir à rédiger une Histoire de la Céramique en Bretagne. Il mourut à la fin de 1878, sans avoir pu réaliser son projet, sans avoir pu même terminer sa récolte de documents.
En 1876, alors qu'il était directeur du Musée archéologique de Rennes et que la Municipalité faisait imprimer la deuxième édition de son remarqu^able Catalogue raisonné^ M. Aug. André, dont la santé
i^tait déjà fort altérée^ avait demandé que nous lui fussions adjoint. C*est ainsi que s'établirent entre nous deuxy à partir de cette époque, des rapports fréquents, presque jouimaliers, et &est probablement à cause de la bienveillance qu*il ne cessa de nous témoigner que sa famille voulut bien nous offrir à sa mort, à titre de souvenir, les volumineux dossiers contenant les notes qu'il avait réunies sur la céramique bretonne, et dont il n'eut malheureusement pas le temps de faire usage.
Ne nous sentant pas de force à mettre en œuvre ces matériaux, et ne voulant pas les conserver enfouis au fond d'un carton, nous demandâmes aux héritiers de M. André de nous permettre de les déposer en leur nom à la Bibliothèque publique de la Ville. C'est ainsi qu'ils figurent aujourd'hui au Catalogue des Manuscrits de la Bibliothèque de Rennes, sous les n" 217 à 22i.
En agissant ainsi, nous voulions d'abord assurer la conservation certaine, soigneuse et indéfinie de ces papiers. Sur ce point, nous avons réussi.
Mais nous espérions aussi qu'ainsi placés dans un dépôt public, libéralement ouvert aitjc chercheurs et aux travailleurs, ils auraient provoqué chez quelqu'un d'entre eux la tentation de les classer, de les com^ pléter, et enfin de les publier. Il n'en a rien été.
C'est pour cela que, cédant enfin aux instances de nos confrères de la Société archéologique d7He-et- Vilaine, nous assumons aujourd'hui, peut-être un peu imprudemment, la lourde responsabilité de la présente publication.
Ne nous trouvant pas suffisamment documenté pour réaliser en son entier le plan assez vaste conçu par M. Aug. André, qui devait embrasser dans son
étude la céramique de V ancienne province bretonne tout entière, nous avons dû nous borner à Vhistoire des Faïenceries rennaises. Ainsi réduite, notre tâche était encore suffisamment lourde.
Nous avons utilisé, parmi les notes de M. André, une grande partie de celles concernant le sujet spécial et restreint que nous avions à traiter. Nous y avons ajouté le contingent assez important de nos recherches et de nos investigations personnelles. Enfin, nous croyons avoir mis à profit les renseignements, les conseils, les avis, les appréciations que nous n'avons jamais sollicités en vain de ceiu: à V obligeance desquels nous avons fait appel.
Il sellait trop long de citer tous ceux qui nous ont été utiles. Nou^ savons même que quelques-uns d'entre eux nous reprocheraient de les avoir nommés. Qu'il nous suffise donc de dire ici que nous leur adressons à tous, avec un cordial remerciement, Vexpression de notre vive gratitude.
En tei*minant ces quelques lignes d'Avant-Propos, que nos lecteurs nous permettent de solliciter leur plus grande indulgence, car, nous ne pouvons nous le dissimuler, il existe de trop nombreuses imperfections dan^ ce travail auquel — nous le sentons sur^ tout au moment oit nous le livrons à l'impression — nous n'étions pas suffisamment préparé.
Notxs osons eèpérer que cette indulgence ne nous fera pas défaut et que Von voudra bien nous tenir compte de notre bonne volonté.
LES
ANCIENNES faïenceries RENNAISES