CHAPITRE I
SOMMAIRE
À-t-il eiislé des faïenceries à Rennes avant le xvui* siècle? — Les peintres verriers. — Un italien verrier et céramiste à Nantes au XVI* siècle. — Céramistes italiens établis en Bretagne. — Obligation imposée en 16i9 aux céramistes étrangers de former des apprentis français. — Quelques pièces du Musée de Rennes indiquant bien l'influence italienne. — Interruption de la fabrication locale. — Tentatives d'établissement de faïenceries par Campion en 1739, et par Gailleau en 1740. — En 1749, il n'existe plus en Bretagne qu'une seule faïencerie, celle de Quimper. — Les potiers de Rennes en 1748.
A-t-il existé à Rennes des fabriques de faïence avant le xviii* siècle ? Bien que nous n'en ayons aucune preuve certaine et authentique, nous croyons pouvoir répondre par raffîrmative, ou, tout au moins, nous dirons qu'il y a de fortes et sérieuses présomptions qu'on ait fabriqué à Rennes au xvn* siècle, et peut-être dès le xvi*, des faïences décorées de dessins ou d'ornements en couleur. Nous ne connaissons, il est vrai, aucun nom do faïencier résidant dans notre ville avant 1739; mais, en revanche, un grand nombre do peintres verriers y ont existé depuis
lo xiv« siècle. Parmi eux, nous citerons ' : Raoul et Perrot Beart en 1375; Jean Lo Breton en 1531; N. Berma en 1533; Clément Poyrier en 1544; Orson Lesec en 1545; Guillaume Cargusel, Michel Talbot, Simon Leroux, Olivier Auléon, Jean Lelièvrc, Guyon Lalleman, Olivier Guischer, Jaspart Vante en 1565; Pierre et Jean du Liopvro en 1602 ; Raoul Hervé en 1631; Jean Bossard en 1637; N. BouUay et Jean Godon, sieur des Longrais, en 1657; J, Couvant en 16962, etc.
Pourquoi ces peintres verriers, dont quelquesuns ont laissé dans notre région de si intéressants spécimens de leurs vitraux d'église, n'auraient-ils pas aussi décoré des vases ou des ustensiles en poterie ? Car, enfin, n'y a-t-il pas une assez grande analogie entre les travaux du peintre verrier et ceux du peintre céramiste ? Ne verrons-nous pas tout à rheuro, en Bretagne môme et dès le xvi® siècle, lo même industriel fabriquant en même temps do la verrerie et de la faïence?
On sait comment opère le peintre verrier. Sur une plaque do verre préparée à cet effet, il dessine et peint le sujet qu'il veut représenter. Il se sert pour cela de couleurs vitrifîables qui, soumises à la haute température du moufle, se fondent et s'incorporent avec le verre sur lequel on les a étendues.
Que fait de son côté le peintre céramiste? Sur la pièce d'argile, préalablement revêtue d'une glaçure qui a pour but de faire disparaître sa porosité
1. D'après Aug, André, De la verrerie el des vitraux peints dans l'ancienne province de Bretagne, dans les Mémoires de la Société Archéologique d'Ille-el» Vilaine, t. XII (1878), j)agcs I3i i 137.
i. Le Musée archéologique de Rennes possède un petit fragment de vitrail signé J. Couxiant, V'*'" à Rennes, 1696,
naturelle, il trace au pinceau, et, lui aussi avec des couleurs vitrifiables, le décor qu'il a composé et qui, à la cuisson, fera corps d'une façon indissoluble avec la pièce céramique qu'il a voulu produire*
Si, dans les doux cas, certains détails des procédés d^exécution diiïèrent, dans les deux cas aussi le principe est absolument le même.
N'est-on pas, dès lors, fondé tout au moins à supposer que les verriers établis en Bretagne aux xvi^ et xvir siècles ont pu fabriquer de la faïence comme l'italien Jean Ferro, ce gentilhomme verrier qui, en 1588, obtint un privilège pour exploiter dans la ville do Nantes une manufacture de < verre, vaisselle blanche ou fayance? » Comme Antoine Ribé, son neveu, qui lui succéda en 1625? Comme Damiano Racheté, maître de la verrerie de Saint- Maugan' en 1654? Comme César Racheté, natif de r Altare, maître verrier à Riaillé ^ à la même époque ?
Indépendscmment des maîtres verriers italiens, nous trouvons plusieurs de leurs compatriotes ayant établi vers le même temps des manufactures do faïence en Bretagne. On cite, entre autres, Jacques Ridolii et Loys Ridolfi, de Chaffagioli, maîtres faïenciers à MachecouP au xvi* siècle; Horatio Borniola, puis Jean Borniola et sa sœur Béatrice, faïenciers au Croisic* en 1627 et années suivantes.
Il est bien vrai que les archives locales no nous fournissent aucun nom de verrier ou de faïencier
1. Aojoord'bui petite commune du canton de Saint-Méen, arrondissement de Monlfort, département d'illc-et- Vilaine.
S. Aujourd'hui cfier-lieu de canton de l'arrontiisscment d'Anccnis, département de la Loire-lnrérieure.
9. Aujourd'hui chef-lieu de canton de l'arrondissement de Nantes.
4. Aujourd'hui chef-lieu de canton de l'arrondissement de Saint-Nazaire.
italien ayant fabriqué à Rennes au cours des xvi* et XVII* siècles. Mais s*ensuit-il qu'il n'y en ait pas eu dans la capitale do la Bretagne, alors que dans la province on en trouve dix au pays nantais, et un à Saint-Maugan, presque aux portes de Rennes?
Le premier manufacturier de faïence dont on constate officiellement la présence à Rennes, en 1748, le florentin Jean Forasassi, dit Barbarino, n'a-t-il pas eu chez nous des précurseurs, italiens comme lui, auxquels nous devons quelques-unes de ces belles pièces conservées au Musée archéologique de Rennes et dans lesquelles s'accusent nettement, sinon l'ensemble artistique, mais tout au moins le genre do décoration et remploi des couleurs qui étaient familiers aux céramistes de Bologne ou de Florence ?
Et si ces pièces auxquelles nous faisons allusion n'ont pas été décorées par des céramistes italiens d'origine, ne peut-on pas les attribuer à leurs élèves quand on sait qu'une ordonnance du roi Louis XIII, do 1629, prescrit « aux étrangers admis à faire « verres, poteries et fayances^ de prendre et tenir pour « apprentifs les originaires français qui voudront « apprendre à travailler, à peine d'être mis hors du « royaume? »
N'est-ce pas à des Italiens dont le nom nous est inconnu, ou à leurs élèves, que nous devons ces carreaux funéraires avec des larmes bleues et des inscriptions en violet ou en noir de manganèse, recueillis aux environs de Rennes et portant les dates do 1653, 1679, 1681, bien antérieures, on le voit, à la venue à Rennes de Barbarino?
N'a-t-il pas raison le céramographc qui attribue au XVII* siècle les vases de pharmacie en faïence
très blanche, ornés de grosses fleurs en beau bleu ou en bleu et jaune citrin qui figurent au Musée de Rennes ?>
Ne sont-ce pas encore des produits antérieurs à la fabrique de Barbainno, ces diverses pièces du même Musée : carreaux de pavage si élégamment décorés de rinceaux, de fleurs, d'oiseaux et de figures allégoriques? Et ces statuettes de la Sainte- Vierge, de saint Joseph, de saint René, de saint Jean, de saint Laurent? Et ce joli groupe de sainte Anne instruisant la Vierge? Et cette magnifique statuette de Notre-Dame de Grâce? Et ce splendide bénitier d'applique si richement ornementé? Et ces pièces au bel émail laiteux, au décor polychrome où se marient si bien le violet de manganèse, le bleu de cobalt et le jaune d'urane rehaussé do bol d* Arménie? — La réponse n'est pas douteuse, car une de ces statuettes, « N.-D. des Agonizans, » porte la date de 16592.
De tout ceci, il résulte pour nous qu'il a existé des faïenceries à Rennes près d'un siècle avant celle qui a été jusqu'à présent considérée comme la première en date. Quand et par qui furent-elles fondées ? Quand cessa leur exploitation ? Nous l'ignorons. Toujours est-il que cette interruption de la fabrication locale parait avoir été d'assez longue durée.
En 1739, un sieur Jean-Louis Campion, dont nous
1. A. Jieqiiemirt. Les Merveilles de la Céramique, t. m, p. 132.
s. Consaller A. André, Catalogue raisonné du Musée archéologique de Rennes^ 2* édition, pp. S.Sl et suiv. ; ou mieui, visiter dans les vitrines da Musée les nombreuses pièces qui ne figurent pas dans l'ouvrage précité d'A. André, étant entrées dans les collections depuis 1876, date de l'impression de la s« édition du Catalogue.
ne eonnaissons pas Torigine, conçut le projet d'établir une faïencerie à Rennes. Voici, en effet, ce que nous lisons dans le Registre des Délibérations de la Communauté, à la séance du Corps de Ville du 24 décembre 1739 :
M. le Maire a représenté à la Compagnie un paquet adressé MM. les Maire et Echevins de la Communauté de Rennes, duquel ouverture faite s y est trouvé une lettre de M*' Tlntendant en date de ce jour, par laquelle il marque qu*il envoie un mémoire qui lui a été présenté par le N* Jean-Louis Campion, par lequel il propose rétablissement d'une manufacture de fayence dans cette ville, et qu'il prie la Communauté de voir s'il n'y aurait pas moyen de procurer cet établissement qui paroist pouvoir être avantageux à la ville et au public.
Vu aussy ledit Mémoire, et sur ce délibéré,
La Communauté a décerné acte de la représentation et lecture de ladite lettre de Mf' l'Intendant du 24 de ce mois; arreste qu'elle demeurera déposée au greffe et, pour examiner le mémoire dudit Campion, a nommé les Commissaires de quartier pour, sur leur rapport, être statué ainsi qu'il appartiendra ^
Les Commissaires do quartier ne se pressèrent pas de faire leur rapport, car, plus de six mois après, Jean-Louis Campion adressait à l'Intendant une nouvelle requête que celui-ci transmettait à la Communauté. Laissons encore une fois la parole au « Registre des Délibérations de MM. du Corps de Ville et Communauté de Rennes » :
M. le Maire a fait rapport à la Compagnie d'une requeste présentée à tAv l'Intendant par Jean Louis Campion, fayan-
1. Archives municipales de Rennes. Registre des Délibérations de la Commanaaté; séance dn 24 décembre 1739.
cier, par laquelle il expose qu'ayant travaillé dans les plus belles fayanceries du royaume et étrangères, il se flatte de pouvoir élever dans cette ville une fayancerie parfa^itte s*il étoit secouru par quelques avances, attendu les frais qu41 est obligé de faire. Sur quoy M. le Maire a dit que M^' Tintendant lui avoit remis lad. requeste pour en conférer à la Communauté, et luy avoit fait Thonneur de luy dire que rétablissement d'une fayancerie ne pouvoit être qu'utile à cettQ ville, et qu'on pouvoit faire quelques avances au suppliant.
Sur quoy délibéré,
La Communauté, pour aider aud. Campion à établir en cette ville une fayancerie, a arresté qu'il luy sera fait faire un four par le S' Forestier, architecte, aux frais de la Communauté, suivant le plan que ledit Campion en donnera, et dans le lieu qu'il indiquera*.
Il parait que Tarchitecte Forestier ne faisait pas preuve d'une très grande diligence ou que la Communauté avait modifié ses vues bienveillantes à l'égard de Campion, puisque le four ne se construisait pas. Notre faïencier pensa alors qu'il lui serait peut-être plus facile d'obtenir un modeste subside du Corps de Ville. Il ne s'était pas trompé :
Sur la requeste de Jean Louis Campion, feuillancier, par laquelle il supplie la Communauté, attendu son désir extrême de la satisfaire et d'être ulille au publicq, de vouUoir bien, par continuation de ses bontés, luy accorder une somme de cent livres pour parvenir à la fin de son entreprise.
La Communauté a arrêté que ledit Campion sera payé sous le bon plaisir de Mv l'Intendant de la somme de cent livres par M. Viard, receveur des deniers d'octrois en exercice*.
t. Archives municipales. Registre des Délibérations de la Communaalé. Séance du li Juillet 1740.
9. ArehiYet municipales. Registre des Délibérations de la Communauté. Sé«oce du 11 août 1740.
Au mois de septembre le four n'était pas encore sorti de terre ; aussi Campion se désespérait. On lui demandait 300 livres pour la construction qu'il projetait. Il trouvait cette évaluation exagérée, et il était résolu à se charger lui-même d'édifier le four si la ville voulait bien lui donner seulement 170 liv. C'est ce qui résulte du procès-verbal de l'Assemblée municipale du 29 septembre 1740 :
Sar la reqoeste du nommé Campion, fayancier, par laquelle il expose qu*ayant pla à la Commonauté qu'il travaillât à la construction d'une manufacture de fayance en cette ville, il s*est mis en état de parfaire son entreprise, et que, sans la difficulté qu'il a de construire un four pour la cuisson de ses matières, il auroit eu l'honneur de lui faire connoître, et au publicq, l'avantage qu'on en doit espérer; que pour la construction dudit four il s'est adressé à plusieurs maçons, mais que tous lui demandent une somme de 300 livres pour cette opération, et que, comme il n'est point en état de fournir à cette dépense qui est excessive suivant les connoissances qu'il possède de l'ouvrage, il espère que si la Communauté vouloit lui accorder la somme de 170 livres il viendroit à bout de son projet; qu'il est vray qu*il seroit obligé d y travailler personnellement, mais que la Communauté n'auroit pas lieu dans la suite de se repentir de cette avance, veu le bien et l'utilité que produiroit son ouvrage au publicq ; sur quoi délibéré,
La Communauté a décerné acte de la lecture de ladite requête, et, avant faire droit sur icelle, a arrêté qu'elle sera communiquée au S' Forestier, architecte, pour sur sa réponse être ordonné ce qu'il sera vu appartenir '.
Enfin, le 13 octobre, le Corps municipal se décide à en finir, et, sur le vu dos plans et devis établis
1. Archives maoicipales. Registre des Délibérations de It Coniroanauté. Séance du S9 septembre 1740.
par Forestier, il décide la mise en adjudication du four à faïence, préférant se charger lui-même de cette construction plutôt que d'accorder à Campion un subside qui lui eût peut-être été insuffisant et qui, dans ce cas, aurait provoqué de la part du faïencier une nouvelle demande de fonds.
M. le Maire a dit à la Communauté qu'aux fins de sa délibération du 29 septembre dernier il auroit communiqué au Sieur Forestier, son architecte, la requête présentée à Mr Tlntendant par Jan-Louis Campion, fayancier, lequel auroit dressé un plan des dimensions convenables pour la construction d'un fourneau pour la fabrication des fayances, lequel il a en Tendroit représenté. Sur quoy les avis pris,
La Communauté, veu ledit plan datte du 12 de ce mois, signé Forestier, a arrêté qu'il sera fait un devis des parties dudit fourneau avec des conditions pour sa construction, pour et après que tout aura été communiqué audit Campion, être procédé à Tadjudication à qui pour moins sera sur une simple bannie faitte à son de trompe dans les lieux ordinaires de cette ville et fauxbourgs *.
A partir de ce moment, nous ne trouvons plus aucune trace de cette affaire et le nom de Campion disparait à tout jamais. Il est à supposer qu^il ne se présenta pas de soumissionnaires à Tadjudication, ou même que cette opération n'eut pas lieu. Toujours est-il que Campion renonça à ses projets, qui furent repris très peu de temps après par un négociant de Rennes, Jean-François Cailleau.
Au mois do décembre de la même année 1740, le Contrôleur général des Finances Orry, directeur
1. ArcbiYes municipales. Registre des Délibérations de la Commontaté. Séance du 13 octobre t7iO.
général des Bâtiments, Jardins, Arts et Manufactures du Roi, écrivait à l'Intendant do Bretagne, M. de Viarracs •, la lettre que voici :
Paris, le 12 décembre I7i#.
Monsieur,
Le nommé Jean François Cailleaa, négociant de Renfles, représente qu'il se trouve aux environs de cette ville des terres propres pour faire des ouvrage de fayance, et il demande la permission d*établir à ses frais une manufacture de fayancerie sous le titre de Manufacture royale dans la Haute-Bretagne pour lui, ses héritiers et ayant-cause. Il prétend que cet établissement sera très utile au peuple de Rennes, qui est sans travail faute de manufactures. Si cet établissement étoit praticable et utile à la province, on pourroit lui accorder une permission de le former. Aussi je vous prie de me marquer ce que vous penserez à ce sujet.
Je suis, Monsieur, votre très humble et très affectionné serviteur.
Orbt^
La demande de Jean-François Cailleau ne semble même pas avoir eu les honneurs anodins d^une instruction ou d'un simple renvoi à la Municipalité, car nous n'en trouvons aucune trace aux Archives de la Ville, d'où Ton peut conclure qu'elle n'eut aucune suite.
Notre province était à cette époque fort pauvre en manufactures de faïence ; elle en était même presque complètement dépourvue. Rennes n'en avait pas ; les
1. Jean-BiplUle-EUe Cimos de Ponteirré, teigoeur de Viânnet, tal InlendMil de Breltgne de 1735 à 1753.
S. Arcbives départemenUles d'Ille-et-Vilaioe, C. 36.
fabriques do Nantes avaient disparu, de même que celles du Croislc, de Machecoul et de Quimperlé. Il n'y en avait plus alors qu'une seule en Bretagne, celle de Quimpcr. C'est ce que nous démontre une lettre du 9 septembre 1743 adressée à Vlntendant, M. de Viarmes, par le Contrôleur général Orry. Celui-ci écrivait qu'il était saisi d'une demande de privilège pour l'établissement d'une manufjacture do faïence <x sur la rivière de Loire, à trois lieues de la ville de Blois, » et il priait l'Intendant « d'examiner si cet établissement ne serait pas préjudiciable aux manufactures du même genre existant déjà en Bretagne. » Et rintendant répondait le 16 septembre : « Le privilège que l'on demande ne peut pas préjudicier aux manufactures do fayence de cette province. Nous n'en avons qutine établie à Quimper, en Basse- Bretagne, et par conséquent très éloignée de cello qui fait l'objet de votre lettre du 9 de ce mois*. »
Si la ville de Rennes ne possédait pas encore de manufacture de faïence proprement dite, elle no manquait certainement pas de petits ateliers do potiers et même de faïenciers. Indépendamment des ateliers de poteries grossières qui existaient dans sa banlieue et dans ses environs, comme la « Poterio » de Saint-Hélier, entre les routes de Chàteaubriant et de La Guerche, les « Poteries » de Chartres et de Fontenay, à quelques lieues sur la route de Nantes, il y en avait aussi dans les faubourgs et même dans l'intérieur de la ville, comme le prouvent le rôle des marchands et artisans et l'état des corps d'arts et métiers que l'Intendant fit dresgjer en 1748
1. ArchiTet déparieroenulcs d*llle-et«Vilaine. — Intendance, C. U17.
et dont la minute nous a été conservée ^ On y voit figurer d'abord les « potiers de terre, » parmi lesquels nous trouvons : sur le Pré-Botté, Charles Pauvel, Julien Jouannole, La Rose et Jeanne Ménard; dans la rue Saint-Germain^ Pierre Jouannole; dans la rue d'Orléans, Jacquette Belesme; dans lo faubourg TEvêque \ Bourgeois et la Tourangeat ; au bas des Lices, Léonard Bouyot; dans la rue Saint-Dominique S la Lavallée^ la veuve Loysel, Julien Jouadet, Jeanne Leccar et Claude Huet, dit Saint-Jean; sur le Champ-Jacquet, Bertrand Leduc, et Honoré Paroissien; enfin, près de la Motte, Girard Tavault.
Non seulement le rôle que nous citons nous donne les noms des « potiers de terre, » mais encore ceux des « faïenciers et émailleurs. » Nous y relevons Jacques Fouché, sur la Lice; Thomas Thomerel, dit Desgranges, rue Rallier ; Alain Le Moal, au Champ-Jacquet ; François Ransillac, rue Châteaurenault ; Jacques Juhel et la veuve Juhel, née Robillard, rue de la Poissonnerie; la veuve Andrieux, rue Dauphine ; Anne-Julienne Houssais, rue d'Orléans. Ces huit premiers figurent, il est vrai, sur la liste comme « marchands jurés ; » ils pouvaient très bien n'être, en effet, que marchands, c'est-à-dire dépositaires de faïences qu'ils ne fabriquaient pas eux-mêmes et qu'ils tiraient soit de Quimper, soit de Rouen, soit même de Nevers; mais il n'en est pas de même des suivants, inscrits sous la rubrique bien précise de « faïenciers et émailleurs, » tels que
t. ArcbîYes dépâiteroenules d'Ille-et-Viliioe. — lolendince, C. SUS. s. Aujourd'hui rue du Lycée.