‹ Les anciennes faënceries rennaisesChapitre 12 sur 78 · Ibid. Années 1858 i · texte numérisé non relu

Ibid. Années 1858 i

6. C'est t l'obligeance de H. Eugène Ménard, fils du faïencier, que

Le débit des pièces artistiques, d'un prix qui devait être relativement assez élevé, n'était plus suffisant pour assurer seul l'existence de la fabrique ; il était plus sage de compter sur la production des faïences communes dont pouvaient s'approvisionner les ménages les plus modestes, et dont la maind'œuvre moins onéreuse et la vente courante assuraient un meilleur et un plus sûr bénéfice au fabricants Philippe Bineti nous l'avons vu, était d'ailleurs déjà entré dans cette voie plus de trente ans auparavant. Joseph-Louis Ménard, quand il prit possession de l'établissement, comprit que l'exemple de Binet était bon h suivre. Il se contenta donc d'écouler les produits artistiques fabriqués par ses prédécesseurs, et se livra à peu près exclusivement à la production de la faïence dite de ménage. Toutefois, il fît un jour une tentative hardie qui mérite d'autant plus d'être mentionnée ici qu'elle est peu connue. Nous croyons même qu'il n'en a été fait mention nulle part.

Il n'avait jamais été fabriqué de porcelaine à Rennes. Vers 1865, Ménard résolut de s'y essayer. Il s'attacha à grands frais un contre-maître habile nommé Boissier \ qui dirigea la construction de fours spéciaux et qui obtint une porcelaine fort

nous devons les renseignements qui vont suivre. Noos lui en adressons ici tons nos remerciements.

1. Boissier — qui étiit'plus connu i Rennes sous le nom de Boisset — était nttif de Dieu-le-Fit (Drôme), où il tvait travaillé pendant sa Jeunesse dans une fabrique de poterie vernissée. H vint ensuite i Saint-Uzé (Drôme), où se fabriquait une sorte de porcelaine brune allant au feu. Plus tard il travailla dans une fabrique de faïence et de poterie i Gradignan, près Bor • deaux, puis il vint en Bretagne, à Daoulas, où il entreprit d'infructueux essais de porcelaine. Enfin, après un court séjour dans une faïencerie de Quimper, il vint i Rennes tenter chez Ménard la fabrication de la porcelaine. Boissier était, paralt-il, très actif, très chercheur et fort entreprenant.

bien réussie, tant au point de vue de la beauté que de la qualité. Malheureusement, les matières premières ne se trouvaient pas dans la région ; il fallait faire venir de fort loin le kaolin, et il en résulta une augmentation de frais si considérable que le prix de revient s'éleva d'une façon telle qu'il fut impossible de poursuivre plus longtemps ce genre de fabrication qui fut bientôt complètenient abandonné.

Joseph-Louis Ménard continua do fabriquer de la faïence commune et de la poterie jusqu'en 1870, époque à laquelle il se retira définitivement pour faire place à un de ses anciens commis portant le même nom que lui, mais étranger à sa famille, Jean-Marie Ménard, natif de Redon. Celui-ci exploita comme locataire l'établissement jusqu'en 1887. A ce moment, un des fils de Joseph-Louis, M. Eugène Ménard, devenu propriétaire de l'immeuble, fit démolir la fabrique. C'est alors seulement que furent brisés et que disparurent tous les moules^ depuis longtemps inutilisés, constituant le matériel artistique de la « Manufacture du Pavé Saint-Laurent S » qui avait vécu cent trente-neuf ans et d'où étaient sorties pendant la seconde moitié du xviii^ siècle tant de jolies pièces dont les collections publiques et particulières se disputent aujourd'hui la possession.

1. Lorsqu'il enireprit It conslracUon des foars i porcelaîDC, Boisiier détraUit déji one certaine quantité de ces moules qui furent employés comme rottéritux dtns la construction d'un mur.

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