CHOISI F
Cette belle pièce appartenait autrefois à M. le docteur Philouze, de Rennes, qui la céda à M. le docteur Aussant, lequel en fit don au Musée de Renneale l*"^ décembre 1.871. Elle mesure 0"* 30 de hauteur et 0" 40 de longueur dans son grand axe.
Elle a été désignée par la Direction des Beaux- Arts pour figurer dans la section rétrospective de l'Art français à l'Exposition universelle de 1900.
3"* La soupière que nous venons de décrire a pour pendant au Musée de Rennes une autre pièce exactement semblable', sortie du même moule, sauf cette différence qu'au lieu d'un artichaut son couvercle a pour bouton un coquillage univalve du genre Triton j d'une longueur de 0" 12 centimètres. Ce coquillage est d'une exactitude de forme parfaite, ce qui porte à croire qu'il a été surmoulé sur une coquille naturelle. Le dessin du décor offre aussi quelques différences avec celui de la soupière précédente, mais, bien qu'il soit moins finement exé-
1. Registre d'entrée du Musée archéologique de Rennes; n<> 4860.
cuté, le style en est bien le même. On y retrouve aussi les mêmes couleurs : les anses et la bordure sont en vert commun un peu foncé, auquel on a assez justement donné le nom de vert sale ; le coquillage est brun; à Tintérieur de sa bouche sont tracées en noir les initiales de Hirel de Choisy en majuscules de 7 millimètres de hauteur ainsi disposées :
Cette soupière appartenait autrefois à M. Robinet de Saint-Cyr, maire de Rennes. En 1867, au décès de celui-ci, elle vint en la possession de M"® Robinot de Saint-Cyr, sa fille et son unique héritière qui, à sa mort, institua comme légataire universel M. le comte de Chambord auquel elle avait voué un véritable culte. Ce prince n'accepta la succession que pour rendre aux héritiers naturels de la testatrice les immeubles, d'une importance assez considérable, dont ils avaient été déshérités par leur parente. Quant aux objets mobiliers laissés par M"' Robinet et qui n'avaient pas une très grande valeur, le comte de Chambord les fit distribuer par son mandataire, M. de Sèze, ancien magistrat, avocat à Rennes, à divers établissemeots religieux et à quelques communautés de la ville qui pouvaient les utiliser. Il en excepta toutefois la belle soupière en faïence qu'il voulut offrir à M. de Sèze. Mais celui-ci, mû par un sentiment qu'on ne saurait trop louer, fit comprendre au prince que la véritable place d'une pièce céramique de cette importance était au Musée de Rennes. Le comte de Chambord
laissa alors son mandataire absolument libre de disposer à son gré de la soupière d'Hirel de Choisy, et, le 3 août 1892, M. de Sèze, à la veille de quitter Rennes pour aller habiter la Guyenne, vint offrir au Musée archéologique la magnifique pièce qui, avec celle due vingt ans auparavant à la générosité de M. le docteur Aussant, représente si bien dans la collection de céramique rennaise notre fabrication locale du xviii* siècle.
Le Musée archéologique possède aussi deux assiettes' que Ton pourrait peut-être attribuer à Hirel de Choisy, alors quMl débutait à Rennes comme peintre céramiste. Ces assiettes, à bords chantournés comme la plupart do celles de cette époque fabriquées à Rennes, sont décorées uniquement au violet de manganèse : au fond, une petite branche feuillue portant trois fleurs de fantaisie; sur le marli, huit petits bouquets touffus dans lesquels se retrouvent les mêmes fleurs que dans la branche du fond. Le trait est en violet; les fleurs et les feuilles, en violet plus clair, ombrées de touches en violet foncé. Le diamètre de ces assiettes est de 0,26^ Dessous, et sur le bord, un C suivi d'un point, en violet de manganèse. Sur Tune :
Sur l'autre :
1. Registre d'entrée du Musée arcliéobgiquc de Rennes, n'*' 129G-1S97.
Il importe de remarquer ce point qui suit la lettre C, et que Ton retrouve occupant la même place dans la marque H* C* de la soupière au coquillage, c'est-à-dire placé à mi-hauteur de la lettre qui le précède.
Ces deux assiettes faisaient autrefois partie de la collection de M. Charles Reuzé, qui les échangea contre d'autres pièces à une marchande d'antiquités de Rennes chez laquelle M. Auguste André les acheta, le 2 juin 1877, pour le compte du Musée.
A titre de simple indication, signalons enfin, d'après M. André *, un compotier rond appartenant à M. Baudouin, et portant en-dessous la marque Ch, qui pourrait bien être, a-t-on supposé, Tabréviation de la signature de Choisy.