‹ Les anciennes faënceries rennaisesChapitre 34 sur 78 · Ibid., n · texte numérisé non relu

Ibid., n

Lessart, petit-neveu d'une Marie-Elisabeth Lessart, qui avait épouse vers 1740 Luc Bouchereau, père du céramiste dont nous parlerons plus loin.

Nous ignorions alors à laquelle des deux faïenceries rennaises du xviii* siècle était attaché Michel Derennes. Nous l'avons su depuis, grâce à une pièce céramique de peu d'importance par son aspect modeste et ses dimensions restreintes, mais qui en acquiert une considérable psir cette raison qu'elle nous renseigne complètement en nous donnant, avec le nom de son décorateur, la date de sa confection et l'indication de la fabrique d'où elle provient.

C'est un socle ou support destiné à recevoir un crucifix ou une statuette (pi. XI, fig. 1). Ce socle, haut de 105 millimètres et large de 20 centimètres à sa base, est en faïence blanche à relief et à décor polychrome dont le motif principal est une coquille rocaille accostée de deux feuilles d'acanthe. Sur les faces latérales voltigent des insectes que l'on retrouve souvent dans l'ornementation de nos faïences. Lsl face postérieure, sans décor, porte cette marque en noir :

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A rintcrieur, et au revers de la face principale, se lit cette signature, cgalemeni; tracée en noir :

Les couleurs employées clans le décor sont le violet de manganèse, le bleu clair, le jaune do Naples et le vert de cuivre.

Cette intéressante pièce faisait autrefois partie de la collection d'un amateur rennais distingué, et nous l'avons acquise en 1887 pour le Musée*.

Nous pensons que c'est aussi à Michel Derennes que doit être attribuée la jolie pièce dont nous donnons plus loin la reproduction (pi. VII) et dont voici la description :

Broc ou cruche- en faïence blanche, d'une hauteur de 21 centimètres. Le décor polychrome consiste en bouquets et feuillages, avec semis de fleurettes, d'insectes et de petrtes croix cantonnées de quatre points. La panse est rattachée au pied par une suite de godrons contournés. Les couleurs employées sont le violet de manganèse, le jaune de Naples ombré d'ocre jaune, le bleu de for et

1. Provient de l'aDcienne collection Reuzé. — N« 37«7 du Registre d'entrée du Musée.

2. Musée archéologique de Rennes. — N** 1272 du Catalogue raisonné. *- Provient de l'ancienne collection Aussant.

le vert commun. Sous le pied se trouve cette marque :

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Bien que cette pièce ne porte pas le nom de celui qui Ta décorée, il est impossible, quand on a vu Tinscription du socle ou support signé par Michel Derennes, de ne pas y reconnaître la main du même peintre; il suffit de comparer ces deux marques pour ne plus avoir aucun doute à cet égard.

Enfin c'est encore à Michel Derennes que nous n'hésitons pas à attribuer le brasero où poêle mobile que reproduit notre gravure (pi. VIII).

Ce brasero est en faïence, branche à reliefs ' Sa hauteur totale, couvercle compris, est de 43 centimètres. Son décor polychrome est composé de fleurs, de filets, de quatrefeuilles et de quadrillages, le tout formé de touches lourdement posées en bleu, jaune, ocre jaune, vert de cuivre et violet de manganèse, sans chafironnage, c'est-à-dire que les

1. Provient de l'ancienne collection Reuzé. — Acqais par le Musée en 1887. — N» 3766 da Registre d'entrée.

contours extérieurs des motifs décoratifs ne sont pas arrêtés par un trait de couleur foncée.

Si, dans ce décor naïf et lourd, on no reconnaît pas la main qui a tracé les délicats bouquets du joli broc que nous avons décrit plus haut, il n'en est pas de même quand on voit l'inscription que voici, et qui se trouve tracée en noir à l'intérieur du couvercle :

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Ne retrou ve-t-on pas dans la plupart des caractères de cette inscription des analogies frappantes avec les deux marques précédentes? Le socle, le broc et le brasero sortent d'ailleurs de la même fabrique do la rue Hue, et ne sommes-nous pas fondé à croire que ces trois pièces, malgré leurs différences de dessin, sont l'œuvre du même céramiste ?

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