LUC BOUCHEREAU
Luc-François-Marie Bouchereau, né à Rennes, paroisse Saint-Germain, le 11 juin 1743, fils de Luc Bouchereau et de Marie-Elisabelh Lessart, veuf de Claire Lardoux, épousa en secondes noces Marie- Renée Olivcro, le 16 avril 1782, en la paroisse Saint-Jean de Rennes ^ Le registre paroissial le qualifie « peintre sur faillanco » {sic) et un Bourgouin signe à côté do lui au pied de Tacte, ce qui permet do supposer que Bouchereau faisait partie à cette époque du personnel de la manufacture du Pavé Saint- Laurent que dirigeait alors Alexis Bourgouin pour le compte de Thomas Jollivet. Il figure aussi sous la qualification de « peintre » au rôle de la capitation pour 1785 et sa demeure est indiquée « rue Reverdiais, » c'est-à-dire dans le voisinage de la fabrique Jollivet.
Nous pensons que Bouchereau quitta cette manufacture vers 1787, à Tépoque où le ralentissement de la fabrication, provoqué par la concurrence des faïences anglaises, dut obliger Thomas Jollivet à réduire son personnel. Toutefois Bouchereau n'abandonna pas son métier de peintre car nous trouvons, le concernant, cette annonce qu'il faisait insérer en 1788 dans les Affiches do Rennes :
AVIS INTÉRESSANT. — M. Bouchcreau peint des tapisseries en figure, chasses, oiseaux, paysages, en camayeu et en toute espèce de couleurs, le tout imitant très bien la haute lisse. 11 demeure place Sainte-Ânne. Son nom est sur la porte.
1. RcgUlrc des baptêmes et mariages de la paroisse Saint-Jean poar 1782.
Nous n'avons jamais rencontré aucune pièce céramique décorée portant la signature de ce peintre. Nous connaissons seulement une bouteille de voyage en faïence blanche, sans décor, haute do 14 centimètres, sur la panse de laquelle se lit cette inscription en trois lignes, peinte en noir avant la cuisson :
Luc
Bouchereau
Cette pièce a été acquise par nous en 1895 pour la collection de céramique du Musée de Rennes K
TORTIA
Parmi les nombreux documents contenus dans le dossier formé par M. Auguste André*, nous avons trouvé une note manuscrite de M. le docteur Aussant dans laquelle nous relevons cette indication que « le nom de Torsia {sic) s'est trouvé sur une tête ou pommeau de canne en faïence de Rennes. » Cette mention assez vague nous a servi de point de départ pour les recherches dont nous consignons ici le résultat, et qui nous permettent do donner quelques renseignements sur ce faïencier et sur sa famille. .
Dans la seconde moitié du xviii® siècle vivait à Rennes un sieur Etienne-Léonard Tortia qui cumulait les métiers de ciseleur et 4' « artificier du Roy. » Il figure sous cette double qualification sur
1. Musée archéologîqoe de Rennes. Registre d'entrée n^ 54ii. S. Bibliothèque de Rennes, ms n^ 213.
les registres de la capitation de la Ville de Rennes pour les années 1777 à 1783, pendant lesquelles il demeurait « douves de la Visitation. » Il était flls de Paul-Eustache Tortia et de Perrine Colas, et il était né à Paris, paroisse Saint-Etiennc-du-Mont, le 16 octobre 1727. Quand il vint se fixer à Rennes, il avait pour femme Michelle-Angélique Carillon, native de Beaumont-sur-Loire en Picardie. De ce mariage naquirent à Rennes deux filles : Tune, Marie- Antoine-Angélique, née en la paroisse de Saint-Pierre-en-Saint-Georges, le 25 octobre 1763; l'autre, Guillemette- Cécile, née en la paroisse Saint-Jean le 17 août 1767. Tortia perdit sa femme, Michelle-Angélique Carillon, le 17 mars 1783. L'année suivante, le 2 août 1784, il épousa en secondes noces, en la paroisse Saint-Jean de Rennes, Jacquette Amoureux, native de Pire. Cette seconde union ne fut pas de longue durée, car, dès le Î4 décembre do la même année 1784, « honorable homme » Etienne-Léonard Tortia décédait à Rennes en la paroisse Saint-Jean.
De son premier mariage Tortia avait eu un fils, Jean-Baptiste, né vers 1758, avant l'arrivée de ses parents à Rennes; nous ne connaissons pas le lieu de sa naissance. Ce Jean-Baptiste Tortia est signalé comme « ouvrier fayancier » sur les registres de la capitation de 1783, 1787 et 1788, où son nom est successivement écrit Tortin, Torlias et Torsias K II avait demeuré d'abord place de la Visitation, puis au Pont Saint-Martin, enfin rue
1. Le nom de son père, Elienne-Léonard, est lui-même orthographié de différentes manières. Nous avons notamment relevé Toritia sur le registre des sépultures de h paroisse Saint-Jean (18 mars 1783) et Tortilla sur le registre de la capitation de 1781.
d'Ântrain en 1793. Il était marié à Françoise Héquet.
Est-ce ce Jean-Baptiste Tortia qui a signé le pommeau de canne signalé dans la note manuscrite de M. Aussant? C'est tout probable, car il n'a jamais existé à Rennes d'autre faïencier de ce nom.
C'est également à lui que nous attribuons une assiette en faïence (pi. XI, fig. 10) qui faisait autrefois partie de la collection Reuzé et qui a été acquise par nous en 1892 pour le Musée archéologique de Rennes'. Cette assiette, à décor bleu monochrome, est ornée sur le marli de branches fleuries. Le fond est presqu'entièrement couvert par un motif également bleu, mais chatironné en violet de manganèse, et représentant, posé sur une grande croix du Saint- Esprit — à la branche inférieure de laquelle est suspendue une petite croix du même ordre — un écuss<9A de forme rocaille armorié d'or à Varbre arraché de..., sommé d'une couronne ducale et ayant pour supports deux lions rampants. Cette assiette est signée au revers d'un grand T majuscule en bleu :
Devons-nous y voir la marque de Tortia? Nous le supposons sans pouvoir l'affirmer.
Nous avons à signaler ici une pièce céramique d'une certaine importance, signée en toutes lettres