‹ Les anciennes faënceries rennaisesChapitre 65 sur 78 · Voir chap. IX, § 4, p · texte numérisé non relu

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M. Tabbé Caillel du Tertre, à Lécousse, près Fougères, possède deux statues de saint Jacques et de saint Marc entièrement blanches. On les attribue aux fabriques de Rennes, mais elles n'ont ni marque ni date. Il en est de mêmC; dans la même collection, d'un certain nombre d'assiettes patronymiques et do statuettes religieuses décorées par des Italiens, dont une très belle Vierge avec Tinscription mater ÂDMiRABiLis, que nous avons vue jadis dans Tancienne collection Reuzé, et qui est certainement de fabrication rennaise.

Nous avons vu autrefois, alors que son possesseur en faisait avec amabilité les honneurs à ceux qui désiraient la visiter, une fort belle collection de faïences de Rennes, celle de M. Danjou de la Garenne, mort depuis quelques années. Cette collection, nous dit-on, est aujourd'hui dispersée en partie, et ce qui en reste n'est plus accessible aux amateurs. Nous n'en parlons donc que pour mémoire.

M. Charles Jallot, de Rennes, décédé récemment, possédait quelques intéressants produits de nos fabriques qu'il destinait, nous avait-il dit, au Musée de notre ville. Il a pu — du moins en partie — réaliser ce projet de son vivant, et il a offert à notre Musée céramique plusieurs pièces dont une fort importante^ une statuette de sainte Anne instruisant la Vierge^ de style italien, qui se trouve reproduite à la fin du présent travail (PI. I, n* 4) et dont nous

avons donné plus haut la description*. Depuis le décès de M. Jallot, son fils aine, voulant réaliser le désir exprimé par son père, a tenu à mettre le Musée en possession de quelques autres pièces céramiques qui présentent un réel intérêt.

M. Arthur de la Borderie, indépendamment des faïences de Rennes qu'il a déposées au Musée de Vitré et qui sont décrites plus haut 2, possède quelques autres belles pièces céramiques rennaises, notamment une fort jolie fontaine et la très intéressante écritoire que nous avons décrite dans la notice consacrée à Hirel de Choisy^ et que reproduit notre planche V.

A l'Exposition des Arts rétrospectifs qui eut lieu à Rennes, à l'occasion du Concours régional de 1897, il no figurait pas moins de soixante faïences rennaises, gracieusement prêtées par des amateurs ou collectionneurs de la ville : M"**' Sacher de Launay et Jan de la Houssaye, MM. Francis Bétin, E. du Sel des Monts, Frédéric Sacher, Monnier, Le Bret, Nugues, Harscouët de Keravel, Clément, Claret de la Touche, Jules Aubrée, Bussy, Le Ray, Prosper Beaufils, comte de Langle.

Nous en avons rendu compte alors avQC quelques

t. Voir ch«p. IX, § 6, p. 169.

s. Suprà, pages S06-S07.

a. Suprà, Chip, vu, p. 86-87.

détails • et nous n'y reviendrons pas. Disons toutefois qu'une seule de ces pièces portait l'indication indiscutable de son origine : c'était une petite soupière décorée de clématites en violet de manganèse et portant en dessous le mot RENNES tracé au pinceau avant la cuisson. Elle appartient à M. E. du Sel des Monts.

Nous avons eu dernièrement entre les mains une pièce céramique que nous croyons unique, et qui n'a jamais été signalée nulle part. C'est une plaque en faïence blanche mesurant : longueur, 0™ 48; hauteur, 0° 095; épaisseur, 0" 01. Elle est percée à sa partie supérieure de deux trous destinés à recevoir une attache de suspension. Sur toute sa longueur se développe en deux lignes et en lettres capitales de 0"* 02 de hauteur, peintes en violet de manganèse^ foncé, cette inscription encadrée dans un filet bleu clair, bordé extérieurement d'un trait violet :

QVI VEVLT D'AVTR^I CAVSER ET MEDIRE NE VIENNE ICY NY DISNER NY RIRE

Dos renseignements que nous nous sommes procurés dans la famille à laquelle elle appartient, cette plaque figurait, il y a plus d'un siècle, à l'intérieur d'un cabaret de Rennes situé non loin de la Porte- Mordelaise.

!• Voyez Exposition de Rennes en 1801 ; Archéologie, Arts rétros* pectifs. Curiosités^ dans les Bulletin et Mémoires de la Société Ar^ chéologique d'I Ile-et-Vilaine, T. XXVII, pp. 17» à 853. — Tirage à part; Rennes, Caillière, 1898, in-8<>, pp. 51 à 54.

Notons en passant que cette pièce de faïence rappelle beaucoup par sa facture les plaques funéraires à inscriptions que possède le Musée archéologique de Rennes dont nous avons parlé au commencement de notre travail * et dont nous avons donné la description ^.

Nous nous souvenions avoir vu à TExposition artistique et archéologique qui eut lieu dans le nouveau Palais des Sciences, à Rennes, en avril et mai 1891, au profit de la souscription pour l'érection de la statue de Leperdit, deux magnifiques soupières rocaille, forme argenterie, avec leurs plateaux, appartenant à un amateur distingué de Rennes, M. Henry Renaud-Loubens. Ces deux belles pièces de céramique rennaise furent alors très remarquées. Comme nous avions récemment manifesté le désir de les revoir, M. Renaud-Loubens a bien voulu nous permettre de les examiner à loisir, et nous en avons été d'autant plus heureux que, bien qu'elles ne soient pas signées, nous avons pu leur donner cette fois une attribution indiscutable. Nous avons, en effet, constaté qu'elles sortent du même moule que la soupière du Musée de Rennes provenant de la fabrique du Pavé Saint-Laurent, signée et datée par Jean Baron, et dont nous avons donné plus haut la description 3. Leur décor seul est différent : alors qu'il est en camaïeu violet sur la soupière du Musée, nous le trouvons ici poly-

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