RUE DES DÉCHARGEURS
syndics étaient Charles-Maurice Le Pelletier, abbé de Saint- Aubin-d’Angers, docteur en Sorbonne, et Charles Collin, conseiller du roi, substitut du procureur-général, l’un des directeurs et administrateurs de l’Hôpital-Général. Ceux-ci vendirent en 1711 la propriété à Gobert, marchand de Paris, qui l’occupait; la famille des Gobert, comptant un notaire du même nom, garda l’immeuble tout près d’un siècle. A une porte cochère, qu’il avait autrefois, cet ancien hôtel a renoncé, pour agrandir un magasin, et chacun de ses étages, comme dans tons les immeubles voisins, est demeuré voué au, commerce.
N° 6. — L’histoire complète de cette propriété, qui était très-considérable lorsqu’un hôtel de la rue du Plat-d’Étain en faisait partie, et où se retrouve une porte cintrée, ainsi qu’un escalier à balustres de bois, peut être résumée dans les noms et dates qui suivent :
1570, Thielman, notaire et secrétaire du roi; 1658, Hachette, conseiller au Châtelet; 1680, le président Séguin, dont la mère était née Hachette; 1698, Rémy Le Grin, bourgeois de Paris; 1722, Grégoire, avocat au parlement, conseiller en l’élection, ayant pour locataires : Rollin, drapier, Dumont, autre marchand, puis Richery, ancien marchand ; 1744, Bertels, marchand, juge-consul ; 1773, Hendrickx, tailleur; 1787, de Mauroy, huissier et commissaire-priseur au Châtelet, puis directeur des Incurables (femmes), et sa femme, née Hendrickx ; 1840, Minoret, mercier de. la rue Saint-Denis ; 1^54, Contour, bonnetier en gros.
N° 9. — Des écuries, dont le pavé subsiste sous des planchers de magasin, étaient encore au rez-de-chaussée en 1836 ; les casiers y remplacent des râteliers, et les comptoirs des auges. Il y avait pourtant plus d’un siècle que le grand hôtel de la rue des Bourdonnais, u° 30, dont dépen-
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dait, comme arrière-corps de bâtiment, cette maison de la rue des Déchargeurs, ne se trouvait plus l’hôtel des Postes. Le lecteur a déjà pu remonter à l’origine de cette maison à double face, grâce à la notice de ce recueil consacrée à la rue des Bourdonnais.
N° 10. — Sous la régence de Philippe d’Orléans, le docteur en Sorbonne Brayer, sieur de Chantereau, était propriétaire de cet hôtel, déjà garni de sa jolie rampe d’escalier, mais encore placé sous la censive des missionnaires de Saint-Lazare, et il y tenait à Dulin, architecte. Claude Patu, notaire, se rendit bientôt acquéreur de ladite maison, qui était contiguë à une maison de la rue des Fourreurs, où La Sadrie, dit Duchesse, tenait le bureau de l’ancienne loterie du roi, concédée à l’école Militaire. En l’an 1769, Patu, payeur de rentes del’Hôtel- . de-Ville, cédait la même propriété à Gomel, procureur au Châtelet,' et ce Gomel était déjà ou devint propriétaire de celle de la rue des Fourreurs, qu’occupait Hauttement, pelletier: il y eut alors réunion.
N° 11. — Nous constations à juste titre, quand nous parlions de la rue des Bourdonnais, que le 32 se rattacha longtemps au 30 ; mais dès le xvie siècle l’encoignure de la rue des Déchargeurs et de la rue de la Limace (î) s’en est démembrée, pour devenir le bureau des Drapiers, dont la chapelle était rue de la Jussienne, au coin de lâ rue Montmartre. Ne quittons pas la rue qui nous occupe, sans reconnaître parfaitement la porte des Drapiers, que les dessins de Bruant surmontèrent de cet ordre ionique. Il suffit même de monter un étage pour revoir en peinture plusieurs des dignitaires de la
(1) Cette rue de la Limace, depuis quelques années, n’existe plus.