RUE DU JARDINET
avoir essayé judiciairement d’affranchir son bien de cette redevance seigneuriale. Les créanciers du baron Dupille de Saint-S é vérin, postérieurement propriétaire, exercèrent accidentellement un autre dro/t, en faisant saisir cet hôtel, qu’il donnait en location. Par suite, Mlle Billard-Devaux fut adjudicataire en 1786, et son neveu vendit, l’an .XIII, au géographe Delamarche. parmi les locataires duquel figura Dupré de Saint-Maur, membre de l’Académie-Françajse. Marves, banquier, et Méquignon, libraire, ont également précédé M. Chamerot, l'éditeur de Michelet, dans cet immeuble, qui est encore pourvu d’un agréable jardinet.
Un autre jardinet pourtant, qui dépendait du collège de Vendôme/ est rappelé par l’estampille dénominative de la rue. Ledit collège avait déjà fermé ses portes sous le règne de Charles VII. C’est sur les dépendances de cet ancien établissement, et non sur ses débris, que la rue se forma. Elle se prolongeait primitivement jusqu’à la rue Hautefeuille ; mais elle, s’appelait rue des Petits-Champs à partir de la rue Mignon.
Rue des Décliargeurs* (1)
Nos 3, 4, 6, 9, 10 et 11.
N°* 3. — Il figurait pour sûr dans le dénombrement de 1714 parmi les 13 maisons de la rue des Déchargeurs, paroisse Saint-Germain-l’Auxerrois, lesquelles avaient alors pour éclairage nocturne 6 lanternes ; la rue, du reste, existait bien avant, puisque Guillot l’avait comprise, à la fin du xme siècle, dans sa nomenclature rimée des i;ues de Paris, sous la désignation de Siège aux déchar geurs. Les barres de l’escajier, bien qu’en vieux fer, ont gardé une rectitude et une noble simplicité, qui font contraste avec les arabesques artistement tordues dans les autres hôtels par les serruriers de ce temps-là.
N° 4: appartenait d’abord à messire Nicolas Talon, avocat, puis conseiller à la cour ; servit de résidence au jésuite du même nom, auteur de travaux historiques et qui prononça l’oraison funèbre de Louis XIII; passa ensuite à Orner Talon, alors secrétaire du cardinal de Lavalette, qui, d’accord avec ses cohéritiers, le vendit à François Roger, maître-des-comptes. La fille de Roger, avant reçu en dot cette maison, qui devait cens à l’archevêché, épousa Dufos, seigneur de Méry, conseiller 4au parlement ; mais leur fils, Louis-François Dufos de Méry, l’abandonna à ses créanciers, dont les
(1) Notice écrite en 1859. La nouvelle rue des Halles a postérieurement raccourci d’environ trois numéros impairs et quatre pairs la rue des Déchargeurs.