RUB DES DEUX-BOULES
résister, dans le dernier effort d’une pudeur compromise, à une porte, qui ne faisait que s’entrebâiller à des heures mystérieuses et qui ne se contentait pas d’être bâtarde pour son propre compte. Fille entrait là, femme en sortait ! Il n’y a pas longtemps que les degrés de ce fripon d’escalier dérobé expient en quelque chose, pour leur part, des fautes qu’ils ont facilitées : mieux vaut tard que jamais, n’est-ce pas? Un négociant^ qui occupe le local, vient d’agrandir un magasin en supprimant, au rez-de-chaussée seulement, les marches glissantes et la rampe tortueuse du petit escalier, dont la cage reste ouverte à la hauteur de l’étage supérieur. Cette exécution ne fait-elle pas justice d’un complice, faute de tenir le principal coupable, qui se trouve ainsi pendu en effigie? L’hôtel, maintenant voué au commerce, fut la petitemaison du régent, qui n’en prenait pas moins ses coudées franches au sein de son propre palais.
Accouplons ce ressouvenir à un autre du même genre, et pourtant il s’agit cette fois d’une exploitation différente, en ce que les victimes ri’en appartenaient plus au sexe réputé le plus faible. Le siège était précisément l’immeuble contigu à celui dont nous venons de parler, et l’époque, la guerre de Sept-Ans. Un perruquier du roi, nommé Aubin, ayant eu le malheur de perdre, avec sa place, tout ce qu’il avait d’économies, fut mis à la porte par sa femme, qui avait mieux gardé les siennes. Sa fille, pour l’éducation de laquelle il n’avait pas regardé à la dépense, aurait dû lui rester plus fidèle dan§ la mauvaise fortune; mais elle ne se sentait déjà de vocation pour la fidélité d’aucune sorte. Cette jeune Aubin, en sortant du couvent, se forma bien vite aux contrastes chez la maîtresse du comte de Benthem, qui n’était autre que la Varenne, femme galante prenant des élèves; peu de leçons au cachet suffirent à la postulante pour
RUE DES DEUX-BOULES
prendre son diplôme, sous la forme d’un bon signé par le commandeur de Guynes, et auquel fit honneur un tapissier, dans un logement de la rue Grange-Batelière, que meubla ce fournisseur.. Au bout de six mois, le comte de Montmorin, gouverneur de Fontainebleau, se montra curieux de jouer un tour à son ami, le commandeur, en emmenant dans son gouvernement la,, fille de l’ancien perruquier royal. Puis elle vint se loger au boulevard Poissonnière, en renouant avec la Varenne, et ainsi fut achevée la ruine de M. de Kuian, chevalier de Malte, œuvre déjà mise en bon train par la fille Deville, dite la Savoyarde. La Dü<î Aubin n’en eut que plus de motifs pour porter au compte de M. de Jonville, conseiller au parlement, plus d’un enfant qu’elle porta dans son sein, après une fille au comte de Montmorin. Un étranger de l’hôtel d’Entragues, exploité rue de Tournon, la prii néanmoins à ses gages; puis ses pérégrinations de toute espèce l’amenèrent rue de Cléry, près la porte Saint-Denis, avant quelle rabattît sur la rue des Deux-Boules, où l’écheveau de ses amours eut une double issue pour dévidoir. C’était une grande et jolie femme, avec des yeux admirablement voluptueux; elle montrait de l’éducation, un esprit et des manières au-dessus de son état, ainsi que tant d’ex-élèves de Saint-Denis, qui ne vivent pas autrement qu’elle à notre époque. L’aménité de son caractère ne l’empêcha pas de faire saisir, par le ministère d’un huissier, les meubles de M. de Jonville, pour la sûreté des arrérages d’une rente de 600 livres, antérieurement constituée à la belle parce magistrat, qu’avait perdu de vue un des déménagements de la locataire inconstante, dont les baux se cassaient toujours.
La petite voie qui nous occupe a gardé la longueur et la rectitude d’un jeu de boules ; elle était plus étroite et encore moins passante avant le prolonge-
RUE DES DEUX-BOULES
ment en parallèle de la rue de Rivoli. Nous croyons que son nom lui vient de parties de boules en plein air, qu’y engagaient tantôt les clercs de procureurs et tantôt leurs patrons, dans leur prédilection pour ce genre de divertissements, et les procureurs étaient alors aussi nombreux dans la rue que les marchands de toiles et d’autres tissus dont elle est aujourd’hui remplie exclusivement. On l’avait appelée au xme siècle rue Guillaume- Porée et rue Malconseil. Un marchand de cire d’Espagne en gros y était établi à l’enseigne de l’Empereur, en 1691.
Rue fies Deux-Ecus* (1)
Grandeur et Décadence d'un vilain Commerce. — Ce qu'on appelait Femme du Monde au XVIII Siècle. — Comment la Fille Satin se mit dans e ses Meubles. — La, Succession Rouillé. — L'Enfant de la Terreur . — Origines. — Lettre de Catherine de Médicis. — Les Carignan. — Le Marchand de Fromages. — Propriétaires sous Louis XVI. — Hôtel de Brissac. — 1705.
Après avoir dressé en raccourci le bilan des amours de la Dlle Aubin, ne nous étonnons pas de trouver rue des Deux-Ecus, où demeura sa contemporaine, Françoise Brard, dite Satin, de quoi faire pendant au tableau. On s’était habitué à voir le côté riant des fredaines de cette autre courtisane, dont le nom d’emprunt chatoyait : luxe et gaieté de ces parages, qu’elle habita presque toujours! Puis le quartier Bréda de ce temps-là descendit, lorsque fut construite la Halle-au-Blé, à un degré inférieur de l’échelle de la galanterie. La rue où nous entrons, comme chroniqueur, eil a gardé une notoriété de bas étage, qui fait regretter l’élégance, les nuances et les demi-mots dont s’y habillait le vice, avant qu’il eût baissé son prix.
Ah ! comme ils sont rognés, les deux écus dont le vulgaire ose rapporter l’accouplement légendaire
(1) Notice écrite en 1859. La rue des Deux-Ecus, qui ne commence plus aujourd’hui qu’à la rue de Vauvilliers, naguère du Four-Saint-Honoré, compte une douzaine de' maisons de moins.
RUE DES DEUX-ECUS. * 35
à l'âge d’or d’un vilain commerce, dont la rue s’expurge si lentement! Exagérer les vices de l’autre siècle, c’est fournir un mauvais exemple à nos neveux, qui n’en donneront que plus librement à leurs fautes les nôtres pour excuse ; mais ne tenir aucun compte des impuretés, dans le passé, serait l’éloigner trop du présent et 11e voir que le toit des maisons, au lieu de faire comme le Diable boiteux, qui l’enlevait comme un couvercle.
De cette Satin, fille de fortune, qui 11’a pas écrit ses mémoires, mais dont Louis XV a reçu plusieurs fois des nouvelles, dans le journal galant que rédigeait sa police particulière, quelle est en peu de mots l’histoire? Elle naît en 1735, fille d’un fermier; l’abbé Meusnier, chanoine de la cathédrale du Mans, la débauche à l’âge de quinze ans. Adressée à Paris, deux ans après, elle entre chez le sous-fermier Coupart, rue Gaillon, en qualité de femme-de-chambre ; mais elle en est chassée par Mme Coupart, qui prodigue à cette servante, en la congédiant, une épithète faite pour rimer richement avec le voluptueux surnom qu’elle n’a pas encore pris,' et qui ne doit même lui être donné que bien après sa première robe de soie. La nommée Perrault, femme du monde, à une époque où l’on appelle ainsi celles qui reçoivent beaucoup de monde, initie Françoise à un art qui consiste à s’en faire des moyens d’existence. Au bout de trois semaines, on arrête l’une 43t l’autre, par égard pour presque tout l’état-major des Suisses, et la fille Brard passe dix-sept mois à l’hôpital . D’autres femmes du monde la recueillent ensuite, et chez l’une d’elles, rue de Grenelle- Saint-Honoré (4), elle lie connaissance avec un
(1) Maintenant ajoutée à la rue Jean Jacques-Rousseau,
36 RUE DES DEUX-ECUS
commis aux fermes, portant vraiment le nom de Satin, qui, à les croquer avec elle, rend ses ap pointements insuffisants. Les consignataires du prêt sur gage reçoivent plus que jamais les visites de Françoise, et le crédit la déshabille pour plus longtemps qu’à l’ordinaire. Elle ne cesse de vivre avec son commis que sur la rencontre de Bertrand, receveur des domaines à Sens, qui a épousé sa cousine et qui resserre ce lien de parenté, en dégageant ses effets et en la remettant sur pied. Elle s’installe avec le nom de l’un, avec le mobilier de l’autre, n° 1, rue des Vieux- Augustins, avant de s’établir plus grandement rue des Deux-Écus, au coin de la rue du Four (i), grâce à une aventure de carnaval, qui livre à son appétition de courtisane un aliment plus substantiel. Enfin la belle est richement entretenue par le comte d’Elva, brigadier des armées du roi, qui demeure à l’hôtel Carignan, chez la princesse de Carignan.
L’ancien boudoir de la Satin se retrouverait au n° 13. Cette propriété avait été l’objet d’un litige, qui avait cessé de pendre en 1661, entre les héritiers de la famille Chananon, ainsi qu’une plus grande propriété, qui y touchait et qui est le n° 15.
Le nom de Louis-François Rouillé, seigneur de Plaisance, figure dans l’état-civil de ce dernier immeuble pour l’année 1754: son vendeur, quia dû remplir bien des formalités légales, agissait en qualité de curateur à la succession vacante de Henry-Gabriel Boutet de Montlhéry, conseiller au Châtelet, payeur de rentes de l’Hôtel-de-Ville. Ce Rouillé a légué en 1775 une portion de ses biens aux cinq ou six enfants de son neveu, Pellé de Montaleau, sieur du Plessis-Saint-Antoine, maître-
(1) Maintenant rue Vauvilliers.
RUE DES DEUX-ÉCUS
des-comptes; une portion aussi à Louis Rolland, seigneur du comté de Malleloy. Mais un autre Rouillé, intendant des turcies-et-levées, tuteur honoraire des mineurs Pellé, a hérité des biens nobles du défunt, son frère. Parmi ces fiefs était le château de Plaisance, sur la paroisse de Nogentsur-Marne, donné par Charles Y à Jeanne de Bourbon, sa femme, passé ensuite à divers personnages connus, tels que Philibert Delorme, Renée de Bourbon, abbesse de Chelles, et le financier Deschiens ; puis ayant fait retour au roi, avec lequel Rouillé d’Orgemont en avait traité. La maison de la rue des Deux-Écus est échue, dans les partages de ladite succession, à Rolland de Malleloy.
. Après cet héritier s’inscrit, dans les titres de propriété, M. Girardin, avocat aux conseils-duroi, lequel est encore sur les lieux au moment de la Révolution. Il ne cesse de s’y croire en sûreté, pour son propre compte, qu’à force de se voir enlever par la justice du peuple ses plus chers parents et amis ; un soir même, en rentrant chez lui, il se croit poursuivi par une bande armée dépiqués, et redoutant qu’on s’empare de sa personne pendant la 'nuit, il dépasse à tâtons le premier étage, où se trouve son appartement, et il va frapper, sous les combles, à la porte de sa cuisinière, qu’il tire d’un sommeil assez dur. L’appréhension que le maître a conçue disparaît, mais elle y met le temps, en laissant derrière elle une autre conception. Puis l’enfant de la Terreur grandit, élevé, sous le nom de sa mère, par les soins de M. Girardin, qui lui lègue en mourant sa bibliothèque. L’immeuble appartient aujourd’hui à un architecte estimé, M. Deschamps; on y peint, au fond de la cour, force vitraux pour les églises.
N°17: porte cintrée, mansardes antérieures à la Fronde. Bonne occasion, n’est-il pas vrai? pour nous rappeler que la rue où nous passons
38 RUE DES DETTX-ÉCÜS.
a commencé de bonne heure à compter ses écus, qui pouvaient être des boucliers de chevaliers 1 Guillot la qualifiait, vers l’an 1300/ rue des Écus; elle fut aussi appelée Traversine, au xve siècle, et de la Hache, entre la rue des Étuves (i) et celle d’Orléans. En 1577, s’ouvrit la section de cette rue qui aboutit à celle de Grenelle.
« M. le Prévost, écrivit alors Catherine de Médicis au prévôt des marchands, pour ce que je désire faire fermer la rue qui est près ma petite maison, et au mesme instant faire ouvrir celle que j’ay ordonné estre faicte où estoit la porte de l’hostel des Pénitantes, qui passera entre la rue de Grenelles : j’ai donné charge à Marcel, mon receveur-général, vous aller trouver et vous bailler la présente que je vous faict à cette fin en vous priant de ma part, comme je faict par icelle, de bailler incontinent la permission nécessaire pour fermer la dicte rue et ouvrir l’austre, et pour que vous entendiez par luy bien au long de mon intention, je ne vous ferez la présente plus longue què pour prier Dieu, monsieur le Prévost, vous tenir en sa sainctè et digne garde : ce faict à Poitiers le 6e jour de septembre 1577.
Catherine. »
La petite maison de cette reine avait été et fut encore un grand hôtel; nous donnons Yepitome de son histoire à l’article de la rue Coquillière. Il ne s’intitula de Soissons qu’au XVIIe siècle. Le prince et la princesse de Carignan, qui en disposaient sous la Régence, y firent jouer à leur profit le pharaon et le lansquenet ; puis le marché aux actions de Law y fut parqué, dans le jardin, après avoir quitté la place Vendôme et la rue Qqincampoix. Malgré les avantages qu’en tirèrent les
, (1) Cette petite ‘ rue des Étuves, puis des Yieilles- Etuves-Saint-Honoré, se nomme actuellement Sauvai.
RUE DES DEUX-ÉCUS
Carignan, maison princière qui règne de nos jours en Italie, leurs créanciers ne furent désintéressés que sur la vente et la démolition de l’hôtel de Soissons par autorité de justice et autorisation royale. La Ville de Paris en acheta le terrain, plusieurs années avant d’y mettre les ouvriers pour la construction de la Halle-au-Blé. Donc la princesse de Carignan pouvait encore y être en quelque chose usufruitière au moment où le comte d’Elva habitait, soit là, soit ailleurs, fhôtel de Carignan. Vers la fin du règne de Louis XV, se formèrent à la place de l’ancien hôtel de Soissons, en ce qui regarde la rue des Deux-Écus, les immeubles frappés des chiffres 12, 14, 16, 18, 20 22, 26, 28, 30, 32, 34, 36, 38, arc du pourtour de la Halle. Or le 24 fait exception, dans cette exécution du plan de Lecamus de Mézières, et comme il avance sur la rue, en y rappelant l’alignement d’un côté du quadrilatère de constructions qui formait le palais, et à l’un des angles duquel se dressait la colonne, observatoire de la reine-mère, maintenant adossée à la rotonde de la Halle, nous pouvons en conclure que ce 24 est un autre reste de l’hôtel de Soissons. Le 36 sort lui-même de la règle commune par son balcon et ses sculptures, par une forte odeur de fromage, qui forme un nu?ge d’exhalaisons putrides ; ce n’en est pas moins la maison -princeps de la galerie de propriétés remplaçant le mur du jardin du palais. L’enseigne de la Providence, qui surmonte la seule porte cochère de ce segment de cercle d’habitations, laquelle a été confisquée par le commerce du brie et du marolles, cette image, disons-nous, est d’origine caséeuse; elle remonte au commencement de la fortune commerciale des propriétaires de l’immeuble.
Le 23 est hôtel de Rennes, depuis plus d’un demi-siècle, à la place du foulage Bourget : un
RUE DES. DEUX-ÉCUS
bureau de diligences pour beaucoup de pays s’y desservait, avant l’omnipotence des chemins de fer, qui n’y a épargné qu’un petit nombre de services pour les environs de Paris. Unis, puis séparés, puis réunis, ont été les 27, 29 et 31.
Le 33, pour finir, est d’une apparence excellente ; son escalier à ferrure ouvragée a pour pendant une autre suite de degrés, bordés de la même manière, qui fait partie de l’hôtel des Empereurs, rue de Grenelle : la moitié de cette propriété extérieure appartient encore à M. Goiset, ancien avoué, seigneur et maître aussi dudit 33. Rien d’impossible à ce qu’y ait siégé la chancellerie de Henri IV, comme la tradition le rapporte. Mais il n’en est pas soufflé mot dans un jugement d’adjudication, en date du 27 mai 1805, qui relate une sentence du Châtelet du 8 janvier 1783, en reconnaissant MM. Bosch eron et de Thieulloy comme héritiers des droits de Pierre-Joseph B au vin sur l’immeuble.
C’est aussi sous le règne de Louis XVI que l’encoignure de la rue de Grenelle, côté des numéros impairs, appartenait à M. Arnaud, la maison d’avant à M. BoucheVon et l’autre encoignure d’extrémité à M. Babille. Le chevalier Desforges était propriétaire, au même temps, de l’ancien hôtel de Brissac, fort en vue au temps de la Fronde, qui se trouvait embrassé par les rues d’Orléans et des Vieilles-Etuves, et il disposait pareillement de l’un des côtés de la rue Devarenne (i). Le parrain de cette dernière rue avait près d’elle une maison rue des Deux-Ecus, et les héritiers de la marquise d’Aligre un des angles de la rue Babille.
A la place dudit Desforges, sur un plan sans
(1) Cette petite rue Devarenne est à-présent Sauvai, comme celle des Vieilles-Étuves-Saint-Honoré, à laquelle elle faisait suite.
RUE DES DEUX-ÉCUS
date on indique le sieur Boivin comme propriétaire de l’un des deux hôtels Bris§ac, le petit ou le grand, et une tour de l’ancienne enceinte de Philippe-Auguste est encore marquée dans sa propriété, aussi bien que dans celle du sieur Mouton, rue d’Orléans.
D’après un autre plan de 1705:
Côté dé nos numéros impairs.
Robinaux.
Le même.
Bernard.
Gourdon (porte cochère).
Chaffier, conseiller aux aides (deux portes cochères).
Fouquelin, secrétaire du roi.
(Rue du Four).
Massot, avocat.
Chevalier, conseiller.
Lemaire, capitaine de cavalerie.
Bastonneau, conseiller, à l’enseigne du Grand-Chasseur.
(Rue des Vieilles-Etuves.)
Desforges, petit hôtel de Brissac.
Le même, grand hôtel de Brissac.
Le M,s de Choisy, à la Botte-de-Flandres.
(Rue d’Orléans).
L’archevêché de Paris.
Les héritiers Tabouré.
L’abbé 'Blot et consorts.
Le président de Lesseville (porte cochère).
Mhe La Loire et consorts.
de notre rue, à la date
Côté de nos numéros pairs.
Drot (porte cochère).
Brayer, conseiller.
Mrn« Boyer.
Pernér.
Mlle de Bordereaux.
(Rue du Four).
Le prince Je Cariguan, hôtel de Soissons.
Desforges, ai? Buis-Couronné (porte co’chère).
Mmo de Nemours, à l'Ecude-France .
(Même rue, en 1769, un hôtel des Deux-Ecus sera tenu par le nommé Douceur).
La même Mn'° de Nemours (porte cochère).
Le prince de Carignan (mur de l’hôtel de Soissons).
Rue Villehardouin,
NAGUÈRE
des I>ouze-Por<es. (i)
Les Familles Le Jay, de Harlay , Duperron , de Meslay , Feydeau , Mesmes, Frémin , Lequesne. — iflle Scarron. — Crébillon le tragique . — doubles^ Obsèques.
Ont-elles jamais été douze, les portes de cette rue, qui fut d’abord dédiée à saint Nicolas par Nicolas Le Jay, que le parlement de Paris eut de 1640 à 1656 pour premier président ? Du moins il s’en fallait de peu au moment où la seconde désignation remplaça la première, et qui sait même si la subdivision n’y suffisait pas entièrement? Ne dépend-il pas encore de nous- de compter comme incorporée à la rue une propriété qui fait le coin de la rue Saint-Louisau-Marais (2), et que décore une Notre-Dame, dans l’enfoncement pratiqué sur l’arête? Dame Yvonne de la Vogardre, veuve de Charles Solu de Moulineaux, brigadier des armées du roi, en était locataire au temps delà Régence ; Chefcier, un marchand tapissier, lui succéda en 1738. De Louis-Auguste- Achille de Harlay, conseiller d’Etat, intendant de Paris, cette propriété passa, ainsi qu’une autre dans la rue, ù la présidente de Crévecœur, sa
(1) Notice écrite en 1859. La rue des Douze-Portes n’avait rien encore de commun avec la mémoire du chroniqueur Geoffroi de Villehardouin, qui exerça un commandement militaire dans la IYe croisade.
(2) Actuellement rue Turenne.