‹ Les anciennes maisons de ParisChapitre 16 sur 82 · RUE VILLEHARDOUIN · texte numérisé non relu

RUE VILLEHARDOUIN

royale signent au contrat. Lesdits époux de Mesmes, à trente-un ans de là, vendent à Fain, couvreur, les trois propriétés, savoir : le 1, habité alors par M. de la Mauselière; le 3, par Mme de Waubert, et le 5, par M. de Sandrecour.

Malgré cela, les bas-reliefs du 3 et sa petite porte ne sont pas d’un temps éloigné du nôtre. L’abbé Fournier, chanoine de Notre-Dame, vient de mourir au 3, où il logeait depuis le Concordat. M. Lequesne, sculpteur distingué et joueur d’échecs dont les parties se notent, est le fils du propriétaire de l’immeuble angulaire de même provenance et le petit-fils de M. Garand, directeur-général des subsistances militaires, dont le citoyen Snoble fut le prédécesseur: ce dernier possédait également les deux propriétés précitées.

Mais quel souvenir encore se rattache à la maison Lequesne ! Le nom de Crébillon père pourrait s’y lire, il aurait plus de signification que l’étiquette numérale de Douze-Portes; mais une plaque municipale l’a donné à une autre rue, et c’était bien le moins que dût la Grèce moderne à son Eschyle. Crébillon le tragique disait: — Corneille a le ciel ; Racine, la terre ; il ne me reste que les enfers... Le genre terrible adopta donc l’auteur ÜAtrée, qui le lui rendit bien. Au beau milieu de sa réputation, il en était réduit à ses traitements d’académicien et de censeur de la police ; la totalité en suffisait mal à l’appétit de sa nature robuste, à remplir de tabac sa pipe, car il fumait comme Jean-Bart, et surtout à nourrir la ménagerie d’animaux de toute espèce qui faisaient partie de sa maison. Que si vous lui demandiez d’où venait cet amour pour les bêtes, il ne vous mâchait pas le mot : — Depuis que je connais trop bien les hommes... Aussi fut-il traité en misanthrope par tous les Philintes, ses confrères, auxquels toutefois il crut rendre service en provoquant un arrêt

Page 1