‹ Les anciennes maisons de ParisChapitre 2 sur 82 · RUE DE LA PÉPINIÈRE ET RUE ABBATUCCI · texte numérisé non relu

RUE DE LA PÉPINIÈRE ET RUE ABBATUCCI

les fleurs non-seulement du jardin des Tuileries, mais encore, la plupart du temps, des jardins du château de Versailles et des autres châteaux royaux. Le cabinet d’histoire naturelle de l’abbé Nolin, directeur de la Pépinière, était facilement accessible et placé au second étage, dans le bâtiment qui donnait rue du Faubourg-Saint-Honoré.

Alors le bout de rue qui sépare la rue du Faubourg de la rue de Courcelles, s’appelait encore rue Neuve* Saint-Charles. Les maisons y formant pâté, à l’ombre de Saint-Philippe, étaient baillées à rente par la fabrique de cette église, nouvellement rebâtie.

La rue des Pépinières comptait 19 maisons du côté de la rue de Courcelles, depuis cette rue jusqu’à celle du Rocher, et l’on y - remarquait les hôtels Puységur, d’Àrmaillé, Montmorin : noms sur lesquels se sont greffes depuis, dans les titres de propriété, plusieurs fois celui de Ségur, plusieurs fois celui de Bouillé. La famille de Montmorin donnait vers cette époque un gouverneur de Fontainebleau et un ministre des affaires-étrangères, en dernier lieu de l’intérieur; parmi les Puységur étaient en vue un officier de marine et un ministre de la guerre. Sur la même ligne que leurs hôtels, dans une caserne construite par Goupil, deux compagnies de gardes-françaises veillaient sur le magasin d’armes de leur régiment.

De l’autre côté de la rue, Charles de Wmlly, architecte du roi, auteur de l’Odéon, avait dessiné trois hôtels, qui se suivaient immédiatement ; celui du milieu pour M. Pajou, le n° 87. Ce sculpteur, auquel Louis XVI avait commandé les statues de Descartes, de Pascal, de Turenne, de Bossuet et de Bulïbn, qui mirent le sceau à sa réputation, fut l’un des 48 premiers membres de l’Institut, nommés d’office pour procéder ensuite à l’élection des autres membres. Il mourut en 1809. M. Anatole Démidoff occupait la jolie maison de

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