‹ Les anciennes maisons de ParisChapitre 22 sur 82 · NAGUÈRE DE LA MADELEINE · texte numérisé non relu

NAGUÈRE DE LA MADELEINE

par diversion. Elle avait, d’ailleurs, un tempérament à se rendre souvent à Versailles, pour ajouter des relations èncore ]Mus éphémères au ressouvenir du mariage qui l’y avait amenée pour la première fois. Et pour comble, Mme de Rannes, autre femme galante dont nous avons plus d’une fois quelque chose à dire, était encore plus que l’amie de cette fille du notaire Laballe.

Le nid d’où se sont échappés les deux oiseaux que nous venons de suivre dans leur vol à travers un monde peu connu, la chronique rétrospective le découvre au n® 14, dans la rue dont lè nom figure en tête de la présente notice. Le comte de Caraman était alors propriétaire du n° 6, qui avait deux portes et contenait 1145 toises; M. Ghevery de la Chapelle, du n° 18 ; M. Bouret de Valroche, du n° 22 ; M. Vialat, du n°29.

Cette rue rf allait encore que jusqu’à l’ancienne église de la Madeleine, située au second coin de la rue de la Ville-l’Évêque et nationalement vendue le 4 pluviôse an v; elle se prolongea en 1792 sur un terrain provenant des religieuses de la Villel’Évêque et acquis par M. de Montessuy. La maison qui répond au chiffre 61 fut édifiée ou refaite à cette époque par le citoyen Chagot, munitionnaire et banquier: nous croyons qu’elle avait appartenu, sous l’ancien régime, aux religieuses d’à-côté.

Rue de l’Eeole-de-Médeeine* (i)

Le Collège d'Ainville. — V École de Chirurgie. — L'École de Dessin. — Le Collège de Bourgogne. — Les Prémontrés. — Le Couvent et le Club des Cordeliers. — Marat. — Charlotte Corday. — Histoire d'une Tourelle. — La Porte Saint-Germain. — Le Conventionnel Legendre. — La Boucherie Saint- Germain. — Le Passage de la Treille. — Le Café des Comédiens.

La rue de l’École-de-Médecine formait aux siècles précédents celle des Cordeliers et celle des Boucheries-Saint-Germain, dite d’abord Grand-rue-de-Germain.

Près la rue de la Harpe, côté des nombres pairs, était le collège d’Ainville, fondé l’an 1380 par Michel d’Ainville, archidiacre d’Ostrevan au diocèse d’Arras, tant en son nom que comme exécuteur testamentaire de Gérard et Jean d’Ainville, ses frères. Ils avaient approvisionné douze boursiers, y compris le principal et le procureur, dont six à prendre dans le diocèse d’Àrras et six dans celui de Noyon : les uns et les autres devaient être de condition libre, âgés de 14 ans au moins, clercs tonsurés, et leur instruction se défrayait jusqu’à la théologie inclusivement. L’hôtel d’Ainville était concédé à cette institution, avec 318 livres 16 sols 10 deniers de rente foncière, à prendre sur les halles et moulins de la ville de Rouen, et avec la maison et la grange dites des

(!) Notice écrite en 1859.

Barrois, à Arras : dot que par la suite a grossie l’adjonction de parties de rentes, de maisons et de terres labourables. La collation aux bourses était dévolue aux doyens et chapitres de Noyon et d’Arras ; mais le pénitencier de l’église de Paris était constitué en même temps visiteur et censeur à perpétuité du collège, aux termes des statuts, confirmés par Americ, évêque de Paris. Deux autres bourses furent dues, en l’année 1733, à la pieuse reconnaissance de l’ancien boursier Louis de Targny, abbé de Saint-Lô, sous-bibliothécaire du roi. Les engagements constitutionnels de la maison étaient exactement remplis en 1762, lors de la concentration des petits collèges à Louis-le-Grand : le principal touchait 1,000 livres, et le procureur 900. Le collège était entouré de onze maisons qui lui appartenaient, grevées de cens au profit du chapitre de Saint-Benoît : la rue des Cordeliers en comptait quatre et les autres donnaient rue delà Harpe, rue Pierre-Sarrasin.

Une des deux grandes portes de l’établissement pédagogique se reconnaît dans cette dernière rue : elle est la principale entrée des ateliers de Charrières, fabricant d’instruments de chirurgie. De ce côté, la rue Pierre-Sarrasin reste à-peu-près la même qu’à l’époque où le collège en était maître.

La rue des Cordeliers donnait pour vis-à-vis à cette plantation de futurs docteurs, Saint- Corne, dont l’église et le presbytère étaient dans la censive de l’abbaye de Saint-Germain-des-Près, ainsi que trois maisons, possédées par ladite église, savoir deux rue de la Harpe et une rue des Cordeliers, cette dernière servant alors d’école, tenue pour les filles pauvres par les sœurs de la Charité. La cure de cette petite église, érigée en paroisse l’année 1212, passa en 1345 à la nomination de l’université de Paris ; le bâtiment n’en a disparu qu'au milieu du règne de Louis-Philippe. Ce qu’elle avait rue

de la Harpe, avant l'aliénation révolutionnaire, n'est pas encore démoli, mais ne tardera pas à déblayer un des vieux carrefours de Paris, qu’agrandissent en fuyant ses angles. Les Romains avaient pu y célébrer eux-mêmes, si près des Thermes, leurs compitales ! Mais ces fêtes en l’honneur des dieux domestiques, pourraient-elles se donner dans des carrefours neufs, où chacun n’est que par hasard de son quartier, de sa maison?

Il restera, par exemple, au n° 5 de la rue un bâtiment polygonal, dont les traditions étaient liées à celles de l’église qui n’est plus, par une longue contiguïté et une communauté patronymique. L’école de Chirurgie, sous la forme d’une confrérie de Saint-Côme et de Saint-Damien, fut créée en cet endroit, à la sollicitation de Jean Pitard, chirurgien de Louis IX à l’époque de la création, puis de Philippe-le-Hardi et de Philippe-le-Bel. Tous les lundis on donnait gratuitement à Saint- Côme les soins que l’état des malades réclamait de la médecine, en tant qu’opérations manuelles. De plus, l’an 1437, les maîtres-chirurgiens de la confrérie furent admis au nombre des écoliers otr suppôts de l’université, à la condition de suivre les écoles de Médecine ; leur art s’érigea donc en science, et ils furent distingués des chirurgieps-barbiers, bien que ceux-ci se contentassent «rarement de raser, de saigner et même d’accoucher. Les premiers portaient le titre de chirurgiens de robe-longue ; les autres n’étaient que de robe-courte, et de nombreux procès n’ayant pas assez bien tiré la ligne de démarcation, l’on se fit ensuite des concessions réciproques, puis il y eut fusion à des conditions respectivement honorables. Jean de Précontal ou Pracomtal, premier barbier de Henri III, se trouvait à la tête dés barbierschirurgiens lorsque ce roi prit souci des progrès et de l’honneur du collège des chirurgiens de

Paris* en, tenant la main aux recommandations qu’avait faites François Pr, et que plus tard renouvela Louis XIII, dé n’y garder personne ignorant la grammaire, étranger au latin, ou qui se dispensât du service des malades le lundi de chaque, semaine. . En somme, les barbiers-chirurgiens fureqt eux-mêmes admis à titre d’écoliers par la faculté de Médecine ; seulement on leur défendit de se dire bacheliers, licenciés, docteurs, membres d’un collège, eux qui n’étaient reconnus qp’aspirants, que maîtres, que membres d’une communauté; les lectures et les actes publics leur furent interdits également. A cela près, il y eut égalité. La société resta sous la direction du premier chirurgien du roi, prévôt perpétuel, et de quatre prévôts électifs ; les aspirants n’y passaient maîtres qu’après un examen subi devant trois docteurs-médecins et une thèse publique, soutenue, en latin, dont trois exemplaires étaient remis au doyen de la faculté de Médecine.

L’amphithéâtre anatomique fut reconstruit en l’année 1694, tel que nous le revoyons à l’extérieur, si ce n’est que son petit dôme n’a plus le même couronnement. Belle édition encore pour un dystique lapidaire de Santeuil, dont le latin, en général, porte bonheur aux monuments !

Ad cædes hominum prisca amphitkeatra patebant ,

' :l TJt ' dùcant longùm vivere nostra patent .

De l’école de Chirurgie, devenue academie royale, le service; hebdomadaire et gratuit, se faisait encore au cqmrnèn cernent de la Révolution. Elle avait été transférée par Louis XY à l’Ecole-de-Médecine, édifice qu’on venait d’élever par ses ordres,* de l’autre côté de la rue, spécialement pour la chirurgie. De sorte que le roi. put établir, en 4767, dans l’amphithéâtre de Saiqt-Côme une

école de dessin gratuite pour 1,500 enfants, qui d’abord s’était tenue au collège d’Autun, rue Saint- André-des-Arts, et qui depuis lors n’a plus changé de place.

Avant l’École-de-Médecine et, qui plus est, avant Facadémie de Chirurgie, le collège royal de Bourgogne avait eu d’autres élèves à la même place. Seulement Claude Boulier, principal, d’accord avec le chapelain et les boursiers de ce collège, reconnaissait en 1736 devoir le cens à Saint- Germain-des-Prés pour plusieurs maisons, sises rue des Cordeliers, rue du Paon et petite rue du Paon, bâtiments qui n’ont pas en bloc disparu, puisque nous en reconnaissons dans les deux rues du Paon, maintenant rue et impasse Larrey.

Lors de la suppression des petits collèges, qui fut une banqueroute pour les âmes auxquelles ils devaient des messes, mais qui fut une bonne affaire pour l’université de Paris, Claude- Gabriel Moreau, docteur en Sorbonne, principal, et Jean- Baptiste Mignot, docteur en théologie, chapelain, présentaient un mémoire à leurs seigneurs, MM. du parlement, pour satisfaire à l’ordonnance de MM. les commissaires Valette, Leneveux, Fourneau et D. Gigots, en date du 20 octobre 1762. Cette pièce, qui est encore à imprimer, rappelle que Jeanne de Bourgogne, femme de Philippe-le-Long, légua le prix de son hôtel de Nesles et 200 livres parisis de rente, à prendre sur les profits du sceau de la prévôté de Paris, pour fonder ce collège. Les exécuteurs testamentaires de la reine étaient le cardinal du Bertrand, évêque d’Autun, le père Nicolas de Lyre, cordelier, Thomas de Savoye, chanoine de l’église de Paris, et le père Guillaume de Vadinq, aussi cordelier. Il y avait provision pour que vingt écoliers étudiassent dans la faculté des Arts, notamment en philosophie : In Logicàlibus et Naturalibus duntaxat et non in

aliâ facultate . La nomination aux bourses appartenait alternativement au chancelier de l’université de Paris et au gardien du grand-couvent des Cordeliers ; mais il fallait que tout candidat, sufficienté fundatus in Grammaticalibus , eût fait sa rhétorique. Quels étaient en dernier lieu les collateurs aux bourses, qu’on appelait dans tous les collèges MM. les supérieurs-réformateurs ! l’abbé Thiéry, comme chancelier de l’université, et révérend père Barbe, comme gardien des Cordeliers. Le nombre des boursiers avait été réduit; plusieurs fois même les titulaires avaient temporairement cessé de vivre en commun. Les élèves portaient l’habit long. Il y avait, outre les élèves, des locataires-étudiants, par exemple l’abbé de Larochefoucauld et M. de Montrond, payant dans leur adolescence son hospitalité au collège royal de Bourgogne, ainsi que des professeurs d’autres collèges et de vieux prêtres, nommément Charpentier, auteur du Glossaire de Ducange, et le susdit Leneveux, ancien recteur de l’université.

De l’École-de-Médecine font encore partie deux anciens corps de bâtiment, qui n’étaient pas au collège de Bourgogne, et qu’habitent des professeurs, des employés de la Faculté. La veuve de Raymond de Ponson, officier au régiment de Bourgogne, les possédait vers le milieu du xvine siècle, époque où la petite rue du Paon était déjà un cul-de-sac, auquel cette propriété tenait par-derrière. Mm® de Ponson l’avait acquise des héritiers et légataires de Philippe de Massac, que son père y avait précédé. M. Cornu, président au parlement, occupait un appartement au-dessus de la porte cochère qu’avait la maison Ponson sur la rue des Cordeliers. Le roi l’acheta en 1782 pour que, réunie à l’hospice établi par un édit de 1774 à l’école, elle servit d’emplacement aux lits de fondation royale.

Ces bâtiments tenaient aussi à l’église de Sainte-

Anne, chapelle des Prémontrés, fondée au xine siècle, et dont le chœur est. transformé en un café, à l’angle de la rue Hautefeuille. Du collège des Prémontrés, qui ne formait que des chanoines pour cet ordres il reste presque tout l’édifice, dans les deux rues où il fait encoignure. La ferrure, magnifiquement vieille, d’un escalier, qui se soude au premier étage à nne rampe de balustres en chêne, est tout l’ornement de. sa vieillesse, avec les dorures enfumées de ce café de la Rotonde, où s’agite la jeunesse éternelle des écoles. L’abbaye de Prémontré était en Picardie.

Des Prémontrés aux Cordeliers il n’y avait qu’à traverser la rue. Dans ce court trajet les étudiants de nos jours croisent beaucoup moins d’antiquaires que de curieux, uniquement poussés des salles d’anatomie au musée Dupuytren, qui pour eux est assez rempli de souvenirs utiles à garder. Arrive-t-il souvent à deux archéologues de se rencontrer au n° 7 de cette rue ? L’escalier de la maison prend jour, par une fenêtre ogivale, sur une petite cour, d’apparence encore monacale, et il y reste encore à déchiffrer sur la muraille assez de noms pour qu’ils ne soient pas tous indifférents à l’histoire aes temps et du cloîtres auxquels ils ont la fortune de survivre. Le graud réfectoire des Cordeliers, converti en amphithéâtre, est dans l’axe de la rue Hautefeuille et présente la forme d’une église ; en leur ancien jardin se suivent des pavillons de dissection. Sur la place même de l’École-de -Médecine s’élevait l’église du couvent, due aux libéralités de saint Louis et rebâtie de 1582 à 1606. Des reines, de France, l’historiographe Belleforest, le connétable de Saint>*Pol et des Lamoignon y furent inhumésr. Au-dessus du cloître, construit en l’année 1683, régnait une galerie, dans -laquelle Verniquet fit exécuter par cinquante ingénieurs ou> dessinateurs l’immense

plan de Paris qpe le roi avait cocftpiandé le 10 avril 1.783. Ghez les m^mesaeiigieux,, sous Louis XV.I également,, se réunirent, du, coté # la rue de robservançe, les membres d’une société savante qui a. plus d’une fois changé de siège: le Musée de Paris, Demèré cpa pans de murs séculaires, où travail revêt des formes nouvelles, l’étude et l’abstraction furent longtemps mises en commun, comme aujourd’hui Tas.soekuion déploie l’industrie des faits et des choses. Mais le fantôme des frères cordeliers s’éloigne et pâlit, dans l’histoire, devant les ombres à jamais menaçantes que leur oppose le club des Cordeliers.

La sajl.e dite ci-devant de théologie, où étudiaient les; novices, nja-tf elle . pas . été émancipée en 1790 par l’éloquence virile de Danton et de Camille Desmoulins, principaux orateurs du club qui s’était constitué au Palais-Royal et qui avait aussi tenu ses séances* dans la rue Dauphine, ? N’estce pas de là que . sortait la pétition - du Champ-. de-Mars qui a demandé la déchéance du roi, le 14 juillet 1791 ? Et le fameux bataillon des Marseillais vpnus à Paris pour le 10 août de Tannée suivante, au chant de la Marseillaise , n’a-t-il pas pris possession,, des cellules ?

Marat logeait dès-lors, au premier étage d’une maison de cette rue, près de l’École-de-Médecine, bien qu’il ne fût plus le médecin que de lui- même. L’appartement ne lui; revenait qu’à 4S0 francs par an, et la location était faite au nom de la fille Evrard, avec laquelle il vivait. À deux pas de là, dans la cour du Commerce, s’imprimait l’Ami du Peuple, journal de Marat, et demeurait son ami Danton. Une fièvre inflammatoire, déterminant ^éruption d’une lèpre peut-être vénéneuse, finit par- l’empêcher d’assister aux séances de la Convention, où Cambon vouait, à son exemple, la. Gironde à l’exécration. Aussi Charlotte Corday, qui

était d’une famille alliée à celle de Corneille, épia-t-elle en vain pendant toute une séance, du haut d’une tribune publique, l’arrivée de Marat dans cette assemblée, en s’aguerrissant aux clameurs qui ne la détournaient pas de son projet.

Le surlendemain elle pénètre dans l’appartement du tribun ; il est dans le bain, elle le frappe. Aux cris de Marat, un plieur du journal vient trop tard à son aide. L’héroïne terrassée par cet homme se relève, quand la maison est envahie, en se plaçant sous la sauvegarde des membre» de la section. Danton l’injurie avec rage ; Chabot et Drouet sur-le-champ procèdent à l’interrogatoire. Puis le corps de Marat est transporté dans l’ancien amphithéâtre de Saint-Corne, où Bachelier, cidevant peintre du Nroi et demeuré directeur de l’école de Dessin, fait rendre des honneurs infinis à l’ami, au modèle de son confrère David, et tomber des couronnes, des hymnes, des louanges, comme pour une divinité, sur l’autel dressé au martyr par ses admirateurs du club des Cordeliers. Enfin le cœur du tribun, et combien d< e gens s’étonnent que le monstre en ait un! est enfermé dans l’urne la plus riche du garde-meuble de la Couronne, encore mieux qu’on le fit autrefois du cœur de Philippele-Long dans l’église même des Cordeliers. Son corps est ensuite exhumé: du jardin monastique on le porte au Panthéon. Le revers de la médaille est plus tard, pour l’apothéose, la translation .suprême des restes du même homme dans l’égout de la rue Montmartre.

Demandez qu’on vous montre les croisées de Marat, presque tout le monde vous désignera du doigt les jours grillés d’une tourelle hexagone, à l’encoignure de la rue Larrey. Gustave Drouineau a pensé s’y tromper; il en convient dans un article des Cent-et-Un , qui a pour titre: Une Mai ton de la rue de l'École-de-Médecine. Mais la

place de la baignoire, où le sang coula sans faire tache, est parfaitement marquée au premier étage du n° 20: le cabinet où elle était n’a presque pas changé de physionomie. L’appartement en ce temps-ci est occupé par le docteur Galtier.

On connaissait la même maison, au siècle xvn, comme hôtel de Cahors, appartenant à Charles Boyer, seigneur du Péreux, puis à Nicolas de Lutel, contrôleur-général de la maison du duc d’Orléans. En 1750, un marchand-tapissier, Robert Georget, dit Dubois, y tenait à M. de Vieupont (propriétaire du n° 18). Le tapissier laissa ensuite l’ancien hôtel de Cahors au bourgeois Maricourt, son neveu. Mais au moment du 'meurtre de Marat, c’est-à-dire le 13 juillet 1793, l’immeuble était par indivis à Mme Antheaume de Surval, émigrée, représentée par la Nation, et au citoyen Fagnan, liquidateur de la dette publique. Une tante de Mme de Surval avait laissé à ce dernier, son mari, la jouissance viagère de la moitié, et l’état d’indivision avait seul empêché ce bien, qui ne rapportait alors que 3,000 francs, tout au plus, d'être vendu aux enchères, comme les autres biens de ladite émigrée ; le propriétaire en avait obtenu le maintien jusqu’à nouvel ordre sous le séquestre national. A la mort de Fagnan, M*’ de Surval, dont le nom était rayé de la liste des émigrés, rentra en possession de cette propriété, dont jouit encore M. le baron de Surval. Le revenu s’en esttriplé ; mais on y a effectué de grandes dépenses.

Pour raser la jolie tourelle, est-ce une raison que la Terreur ne l’ait point faite historique? Elle paraît de si bonne maison qu’il y avait de quoi, n’est-ce pas? tenter un généalogiste, et pourtant quel silence sur ses antécédents! Aux voyageurs qui entraient en ville par la porte Saint-Germain, au commencement du règne de Charles Y, la bienvenue était souhaitée, dès le

Wi RUE DE L’ÉqOUEfDEfMÉDECINE.

premier pas,, pap cmtte petite tour, annonçant i un nouvèau Paris à, l’ènceiate de Philippe- Auguste. Ba fontaine des . Cordeliers, établie* à l’autre angle de? la rue < du Paon {après . la démolition de ladite porte, en arrose jusqu’au, souvenir, grâce à cette inscription:,

:« .X)q rq$ue de Lqjeiîs-le- Grand, la, porte St-Germain, qui qçjtfyit en ce, lien, a,e,sTé #émplïp eu Tanné?. R>72, par Tordre (Je .MJf, Iqs Presyô;t des IVIarcbands et És^hevins, ep exéçutioi* de IWr^t- du Conseil du 19 apût, audit an, et la présente. inscription, apposée suivait parrest du Conseil du 29 septembre 1673, pour marquer Tcsdrq.it où estait celte porte,, , et servir çe que de raison. »

L’adjudication de la maison dônt la tourelle est lè haut-relief se, prononça effectivement, en 1791, au nom du procureur Longeau-Dupré. Mais quelle apparence que les ci-devant propriétaires, qui étaient les Riquet, bonnetiers, eussent émigré ! À cette famille, vers le milieu du siècle, donation âvait été faite de la propriété par les Guy, exerçant le même commerce, lesquels avaient eu pouF vendeurs les héritiers de Jacques Sàulnier. Çè dernier était épicier, sans avoir à pqyer ‘de loyer, au coin oh de nos jours se venaent le sucre et la chandelle encore. Les Thumery de Boississe, qui s’étaient aljiésaux Flesselles, avaient disposé de la maison avant Jacques Sàulnier, sons le règne de' Louis XIV ; àUSsi des droite de copropriété ÿ étaient-ils échus à Jean-Baptiste de Flésselles, époux dé Madeleinè de Thumery et on clé du prévôt des marchands qui fut l’une des premières victimes de la Révolution. Ces Thumery avaient éu pour auteur Germain-Christophe de Thumery, doyen des présidents, héritier de Jacques dé Maubuisson, comme cet avocat l’avait été

antérieurement de Mathieu de Fontenay, son aïeul maternel, contemporain de Henri TV.

L’église de Saint-CÔme n’étendait pas plus loin son périmètre paroissial.

Aussi bien la rue des Boucheries, que le ^dinmerce rendait des plus passantes, côhiptait 94 maisons, quand celle des Cordeliers n’en avait que 29. Très-peu de changements out été apportés dans la centaine de constructions de la rue dont la dénomination était amplement justifiée par 22 étaux de bouchers. Pour y purifier le ruisseau, où le sang coulait encore, à toute heure du jour, dans les commencements de l’Empire, il ne fallut rien moins que l’institution des abattoirs de la Ville.

Il ne paraît pas étonnant que le conventionnel Legendre se fût longtemps repu de ce spectacle; il avait renoncé à l’état de boucher avant de quitter la rue des Boucheries. Le n° 65 d’à-prééent abritait ce fougeux démagogue, l’un des fondateurs du club des Cordeliers. Tout près de là se trouvait l’établissement d’un traiteur, chez lequel lord Dervent-Waters avait fondé la plus ancienne loge de francs-maçons connue à Paris. Avant la Convention, Legendre avait caché quelque temps son ami Marat dans sa cave. On sait que ’la sauvage éloquence de cet ancien boucher, dont la Révolution avait fait un grand agitateur, et qui savait à peine lire, le faisait regarder comme tin homme extraordinaire et surnommer le Paysan du Danube. Le commerce de la boucherie ayant une crise à stibir, ce député demanda, le 21 février 1794, que la Convention ordonnât un carême civique, pour arrêter la destruction croissante des espèces auquelles on ne laissait plus le temps de se renouveler. Et ne fut-il pas jusqu’au bout un voisin serviable et prévenant? Il légua son corps, en mourant, à l’école de Chirurgie.

Il était rare qu’une maison où il se tuait des bestiaux, en cette boucherie Saint-Germain, n’appartînt pas au boucher lui-même. Il s’en fallait, pourtant, que tous les habitants y fussent des marchands de moutons ou des étaliers. Au 76, sur la fin de la Régence, une dame Savin, limonadière, avait bel et bien pour locataires le comte et la comtesse Duguesclin. Un peu plus tard, Thomas-Alexandre- Denis de Riancey, capitaine au régiment de Navarre, héritait de sa mère, veuve de Louis- Denis de Riancey, maitre-des-comptes, l’immeuble répondant au n° 86. Une autre maison de ladite rue des Boucheries était abandonnée en 1751 par Anne Gaullier, veuve de Réné Buffereau, conseiller eu la prévôté d’Orléans, à Gaullier, procureur du roi en la cour souveraine établie à Saumur, et à d’autres parents du même nom, moyennant 600 livres de pension viagère.

Le passage de la Treille, qu’illustraient en s’entrelaçant des vignes grimpantes, et où la foire Saint-Germain attirait de petits marchands, qui louaient des places jusque-là, se retrouve au 97. On y revoit, par-devant, une maison où pendait autrefois l’image du Cardinal : Delope, avocat au parlement, la transmit à son fils, maître-d’hôtel de Louis XVI. Un receveur des fermes du roi vendait cependant à Claude Letellier, maîtresculpteur, peintre et doreur, un bâtiment avec cour et jardin, dont l’accès avait lieu par cette même allée, aboutissant aux halles de la Foire, et présentement rue Clément. Il y avait là trois propriétés bien distinctes, mais qu’avait détenues à la fois, cent ans plus tôt, un commis au greffe du Châtelet. Enfin le n° 101 était au bonnetier Poulin.

Nous regrettons de ne pouvoir indiquer qu’approximativement, dans ces parages, un café qui jouissait alors d’une certaine célébrité, outre qu’il

égayait la rue. Directeurs de théâtre et comédiens s’y donnaient annuellement rendez-vous, de quinzaine en quinzaine de Pâques. Dans ce café il a toujours fait sombre, comme dans une salle de spectacle à l’heure des répétitions, et quelles .illusions, quelles dissimulations ne favorisait pas la demi-obscurité, dans ce désert peuplé quinze jours par an ! La foire aux engagements pour la province et l’étranger s’y tenait sur parole, et les objets de la consommation, qui là aussi n’étaient que des accessoires, s’éloignaient encore moins de la perfection que la grande majorité des consommateurs. Arrivait-il un directeur ? le nain se grandissait un peu, le géant se pliait en deux ; rien de plus droit que le bossu ; l’ingénue cachait sa grossesse ; la grande coquette, qu’elle avait l’âge des duègnes. De cette façon les rides, les tics et les infirmités n’entraient jamais en scène qu’au feu de la rampe.

Rue d’Enfer. (4)

MmQ de Mairitenon. — Les Princes de Vendôme.

— Aftoe de Navailles. — M™* de Graffigny. — M . Le Feuve de la Faluère. — Le Duc-de Chaulnes. Les C armélit'és . — Port -Royal. — > L'Ordtoire. — L' Infirmerie de Marie-Thérèse.

— L'Archer de la Ville. — Les Chartreux.

— Lesueur. — Les Feuillants . - — Le Général Ernouf. — Royer -Collard. — Les Bùullenois.

Le Séminaire. — Vhôtèl Marillüc.

Il y a eu quatre rues d’Enfer ; Mme de Maintenon en a habité deux. Dans la rue Basse-des- Ursins, via inféra , elle a occupé, avec Scarron, un appartement que nous 11’avons pas su y retrouver. La rue d’Enfer, via infema , n’était pas la plus jeune des quatre; elle a passé le temps de répudier la dénomination qui rappelle que saint Louis y donna l’enclos de Vauvert aux chartreux^à la charge d’en chasser le Diable. Il paraît que l’exorcisme a réussi, les religieux étant demeurés cinq siècles et demi en possession du

(1) Notice écrite en 1859. Le^prolongement du boulevard Saint-Michel, dit d’abord de Sébastopol (rive gauche), a ultérieurement absorbé la rue d’Enfer jusqu’à celle de l’Abbé-de-l’Epée. L’école des Mines, qui de la rue a passé sur le boulevard, a vu s’accroître ses bâtiments; l’ancien hôtel de Vendôme en fait toujours partie, bien que l’abaissement du niveau ait érigé son rez-de-chaussée en premier étage. Le n° 64, qui vient après sur le boulevard, était notre 26 de la rue d’Enfer, à laquelle appartenaient aussi les nos 103 et 105 de la voie nouvelle.

RUE D’ENFER

clos. Quand au diable de Vauvert , qui faisait les cent coups au-delà de la porte Saint Michel, il était si populaire à Paris que nous en reparlons encore, sans le vouloir, en disant d’un homme éloigné, qui court le risque de ne pas revenir : Il est au diable au vert.

La Biographie Michaud se trompe un peu quand elle affirme qu’une maison a été donnée près de Yaugirard à la veuve de Scarron, devenue gouvernante des enfants de Louis XIY et de M®e de Montespan. On a fait certainement disposer pour elle un assez bel hôtel dans la rue d’Enfer- Saint-Michel, et nous croyons que ce fut le 35 actuel, dont le jardin n’a pas disparu. Un domestique suffisamment nombreux pouvait encore s’y mouvoir ; l’écurie n’en était pas vide. Bref le train de maison mis au service de la veuve du poète n’était déjà pas trop indigne du rang où devait l’élever par étages sa rare destinée, mais n’était pas encore de force à éveiller trop de surprise, partant trop de conjectures, dans le monde qui la visitait. La surveillance de la couvée semi-royale s’est exercée avec un grand mystère, tant que l’âge des enfants n’en a pas érigé les soins en une véritable éducation. La petite d’Heudicourt, qui fut depuis la marquise de Montgon, avait été confiée également aux soins de Mme de Maintenon, pour que cette participation déroutât le calcul prématuré des probabilités. Le roi ne voyait les enfants qu’à de longs intervalles et dans l’incognito, et s’il demandait aux nourrices quelle en pouvait être la mère, une double satisfaction résultait pour lui de cette réponse : — On voit bien que ce sont les enfants de la dame qui les soigne : son affection en dit assez ! — Et leur père, quel homme est-ce ? ajoutait aussitôt le roi. — Il se cache, lui répondait-on: il faut que ce soit un président.

RUE D’ENFER

L’une des nourrices habitait Vaugirard, ainsi s’explique une confusion de lieux, qui n’empêche pas l’article-Michaud consacré à Mme de Maintenon d’être une bonne miniature de son histoire. Pour lever jusqu’aux derniers doutes, extrayons quelques lignes du XIe Entretien de l’héroïne elle-même :

« Je montais à l’échelle pour faire l'ouvrage des tapissiers et des ouvriers, parce qu'il ne fallait pas qu’ils entrassent ; les nourrices ne mettaient la main à rien, de peur d’être fatiguées et que leur lait ne fût moins bon. J’allais souvent de l’une à l’autre, à pied, déguisée, portant sous mon bras du linge, de la viande, et je passais quelquefois la nuit chez un de ces enfants malade, dans une petite maison hors de Paris. Je rentrais chez moi le matin par une porte de derrière ; et après m’être habillée, je montais en carrosse par celle de devant, pour aller à l’hôtel d’Albret ou de Richelieu, afin que ma société ordinaire ne sût pas seulement que j’avais un secret à garder. On le sut: de peur qu’on le pénétrât, je me faisais saigner pour m’empêcher de rougir. »

Le fracas des carrosses du temps de Louis XIV n’a pas fait trop broncher les hôtels, en assez grand nombre, qui se groupaient vers ce ternpslà autour du grand hôtel de Vendôme, maintenant lé plus ancien des bâtiments de l’école des Minés. Car les enfants de Mœe de Montespan commençaient à grandir en face d’un petit-fils de Gabrielle d’Estrées. La légitimation, cette seconde paternité, moins aveugle que la première, avait sous les yeux son exemple. D’un ministère de cardinal à l’autre, les princes de Vendôme avaient biën affronté l’exil et les bastilles ; mais le sang de Henri IV ne mentait pas dans leur bravoure, dâhs letii* entraînement au plaisir. Ldtiis XIV employa souvent le duc de Vendôme, bien qu’il ne l’àiiftât guère, et les revers que lui fit essuÿer lë pririce Èügëîië

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n’empêchèrent pas ce capitaine d’avoir ses jours de gloire et de fortune. Son frère, le grandprieur de France, fut lui-nlême lieutenant-général ; il recevait au Temple, comme le duc de Vendôme au château d’Anet, Chaulieu, Lafare, Palaprat, Jean-Baptiste Rousseau, aussi bien que d’autres amis d’une condition plus' brillante, pourvu qu’ils bussent comme des templiers. Gampistron, secrétaire des commandements du duc, convenait avec philosophie du désordre inouï d’une maison princière où l’on courait risque de mourir tantôt de faim, tantôt d’indigestion.

Un petit hôtel Vendôme servait plus spécialement aux réunions intimes, auprès du grand ; il s’est transformé en habitation affectée à des employés du Sénat et porte un n° 26, désignation plus ouvertement reconnue que celle d’autrefois: Petit enfer ! Les habitudes des Vendôme, en campagne, ne se modifiaient presque pas ; ils passaient gaiement la nuit blanche sous la tente du commandement, puis dormaient la grasse matinée et se réveillaient juste à temps pour reprendre, en un tour de main, les avantages trompeurs que leur sommeil avait valus à l’ennemi. Quel mal pourtant n’a-t-on pas dit de ces deux frères, trop convives l’un de l’autre ! S’il n’y avait d’épicuriens que les princes, n’en compterait-on pas à toutes les époques beaucoup moins? Les vices cachés vont encore bien plus loin que ceux qui se décrient d’eux-mêmes au grand jour.

Va pour 26 ; mais prenons garde que le numérotage en cette rue a déjà changé une fois depuis Tannée 1845, où M. Girault de Saint-Fargeau mettait l’ancien hôtel Vendôme au n° 34, l’ancienne porte des Chartreux et le jardin botanique de l’École-de-Médecine au 46. Ne savons-nous pas, d’autre part, que Proudhon, le philosophe socialiste.

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demeura au 46? (i) Mais de ces souvenirs, par trop contemporains, remontons à celui delà duchesse de Navailles.

Avant de passer duègne de cour près des filles d’honneur de la reine, elle avait rendu plus d’un service à Anne d’Autriche et ' à Mazarin : Louis XIV lui en demanda d’autres, qu’elle hésita couragement à rendre. Disgrâce, en conséquence, pour elle et le maréchal, son mari. Plus tard, ils n’en fixèrent que mieux leur résidence dans la maison numérotée 27, où mourut la duchesse dans la première année d’un nouveau siècle. Le maréchal, en dernier lieu gouverneur du prince Philippe d’Orléans, duc de Chartres, laissa-t-il l’hôtel à sa famille? François de Navailles fut officier au régiment de Navarre ; puis son fils, vicomte de Navailles, servit en la même qualité au régiment du roi.

Un plus modeste toit, qu’un toit moins large encore sépare d’une des entrées du Luxembourg, presque en face la rue Saint-Thomas, abrita longtemps une femme-auteur du xvme siècle, dont les Lettres Péruviennes firent la réputation. C’était Mme de Graffigni, née Françoise d’Issembourg d’Apponcourt, petite-nièce de l’illustre Callot. Son mari, chambellan du duc de Lorraine, la battait ; elle s’en sépara, et il finit par mourir en prison. Mme de Graffigni était arrivée à Paris en y suivant Mlle de Guise, qui venait épouser le duc de Richelieu. Elle avait commencé par écrire des nouvelles ; sa comédie de Cénie réussit ; malheureusement il n’en fut pas de même pour un drame joué plus tard, La Fille d'Aristide: Un fauteuil lui appartenait à l’académie de Florence. Ses livres

\ 1) Le peintre Courbet a reproduit la maison de son ami Proudhon.

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engageaient à la voir ; mais sa conversation trop sérieuse souffrait de la comparaison. Cette femme d’esprit cessa de vivre en 1758, à l’âge de 64 ans. La maison à deux corps occupée par elle seule avait sa petite porte sur le jardin : privilège que n’ont pas encore perdu toutes les habitations bordant le Luxembourg. Pothenot, gentilhomme de la vénerie du roi, l’avait acquise, avec les deux immeubles contigus à droite et à gauche, de Marie, lieutenant de la maîtrise des eaux-et-forêts de Fontainebleau. Les actes disaient ces trois maisons sises rue de la Porte-Saint- Michel : pseudonyme qui n’est pas le seul qu’ait essayé la rue .d’Enfer.

Ledit lieutenant d’administration avait au n° 13 un supérieur dans Alexandre Le Feuve de la Faluère, chevalier-conseiller du roi en ses conseils, grandmaître, enquêteur et général-réformateur des eaux-et-forêts de France au département de Paris.

Plus haut, en la même rue, se remarquait le duc de Chaulnes, sous Louis XVI. Ayant quitté son régiment à 24 ans, ce colonel s’était voué à l’étude des sciences naturelles, avec une passion qui dérangeait l’ordre de ses affaires et singularisait son caractère, tout en ayant ses bons côtés. Physicien et chimiste, il fit des découvertes, publia des mémoires, fut membre de la société royale de Londres . Bruit se répandit de ses expériences sur un parasol aérien, lesquelles avaient lieu sur le boulevard perpendiculaire à la rue d’Enfer. Le savant duc, dont le père avait été lui-même honoraire de l’académie des Sciences, soupçonna, le premier, l’utilité de l’alcali volatil pour porter secours aux asphyxiés. Un essai sur des animaux prouva qu’il avait eu raison d’attribuer une vertu précieuse à cette substance ; mais, voulant que l’épreuve décisive en fût faite sur lui-même au

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péril de ses jours, il chargea son domestique de renfermer hermétiquement, avec un réchaud de charbon déjà allumé par-dessous, dans un cabinet tout en vitres. Une entière transparence permettait au préparateur de suivre du dehors tous les progrès de l’asphyxie sur son maître, et d’entrer au moment où sa respiration serait réellement suspendue, pour déboucher un flacon d’alcali et procéder à son emploi. Quand cette expérience courageuse eut donné un bon résultat, M. de Chaulnes se décida à publier sa découverte.

L’habitation du duc porte aujourd’hui le chiffre 59 ; des maîtres y préparent des élèves à passer divers examens, ce qu’on appelait prendre ses degrés dans les anciennes universités. La propriété avait assurément fait corps, en des temps plus reculés, avec celle d’à-côté : des traces d’arceaux murés démontrent qu’il y a eu continuité. Il est vrai qu’au temps des Romains il s’élevait là un temple de Cérès ou de Mercure, dont la construction a été reprise et modifiée à l’époque du roi Robert, puis fondue dans le domaine des carmélites. On y montrait publiquement un antique caveau, pendant la République. Les carmélites, comme beaucoup d’autres nonnes, avaient plusieurs maisons particulières dont elles cédaient la jouissance à des dames et à des familles, qui s’y retiraient, n’ayant plus qu’un pied dans le siècle, et la demeure de M. de Chaulnes avait dû être de ce nombre au xvne siècle. Peut-être même que la séparation n’existait pas encore en ce temps-là.

Sur l’un des anges déchus que rapatria ce couvent mémorable, quelle muraille aurait empêché tous les regards du monde de converger ! La duchesse de Lavallière n’y a-t-elle pas rendu son âme à Dieu, sous le nom de sœur Louise de la Miséricorde, dans la trentième année de sa

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pénitence? Quel cœur encore ne palpite pas un peu, au tendre souvenir de la faute qu’elle a commise et qui a de sublime les sévères grandeurs du repentir, comme l’autorité sans égale du complice ! Ces carmélites de la rue Saint- Jacques, car elles n’avaient rue d’Enfer que des portes de derrière, tenaient alors bien plus de place que celles dont la congrégation, héritière indirecte de la leur, en fait revivre les traditions. Leur territoire ne finissait qu’aux frontières mêmes de la ville, et leur église, enrichie d’œuvres de Philippe de Champagne, de Sarazin, de Stella, de Lebrun et du Guide, avait reçu, avant les dépouilles mortelles de la royale repentie dé l’amour, celles de l’historien-romancier Varillas, du duc de Montausier, gouverneur du Dauphin, et de Julie d’Angennes, sa spirituelle et vertueuse épouse.

La rue d’Enfer, au-dessus des Carmélites, suivait aussi les murs de Port-Royal, mais en s’appelant chemin de l’Enfant- Jésus. A l’hospice delà Maternité, qui porte également la dénomination peu engageante de la Bourbe, des femmes pauvres font leurs couches dans les vieux bâtiments de la métropole du jansénisme. La Révolution ayant converti ce monastère en une prison de Port-Libre, où elle enfermait les royalistes, le Directoire y avait mis à son tour des révolutionnaires, qui en retenaient le nom de bourbiers. Port-Royal et ses dépendances n’avaient s tr notre rue qu’une de leurs portes ; elle y roule encore sur ses gonds, au seuil de la maison du Bon-Pasteur, rachetée vers 1819 par la Ville de Paris pour cette œuvre, dont les hospitalières de Saint-Thomas- de-Villeneuve ont la direction.

La Maternité, sous le premier empire, avait une succursale de l’autre côté de la rue, n° 100. Au lieu de mères, à présent, on y assiste des enfants, que leurs parents ont abandonnés ou soumis euxmêmes à l’épreuve d’un régime de punition. Le 98,

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qu’occupent les dames de la Visitation, est avec le 100 d’une origine commune, qui nous reporte au temps où les pères de l'Oratoire y durent leur monastère aux pieuses munificences de Pinet te, trésorier de Gaston de France, duc d’Orléans, dont le Luxembourg était le palais. Cet établissement servit surtout de noviciat à la congrégation oratorienne, qui produisit Malebranche et Massillon, et de lieu de retraite aux abbés de Rancé et Le Camus, au marquis de l’Aigle, au comte de Santenais, au marquis d’Urfé, à Henri de Barillon, évêque de Luçon, au chancelier de Pontchartrain et à d’autres pénitents de qualité. La maison de l’Enfant- Jésus, attenante au marais du même nom, n’avait-elle pas été le berceau de ce couvent? Le cardinal de Bérulle avait fondé en 1611 l’institut de l’Oratoire-de-Jésus, à l’imitation d’une congrégation qui instruisait déjà les enfants à Rome.

Le petit hôtel que ces pères avaient donné en location à M. de Pontchartrain, était au-dessus de leur monastère, dit encore de l’Enfant- Jésus, et ils avaient au-dessous pour locataire M. d’Aroüy, conseiller d’Etat. Plus haut, mais de l’autre côté, les commis percevaient les droits d’entrée en ville dans une maison, avec jardin, qui était aussi à l’Oratoire. Puis venait une hôtellerie.

La charité a plus d’un compte ouvert dans l’ancien chemin de l’Enfant-Jésus : les établissements utiles ont poussé dru dans le marais fertilisé par les oratoriens ! M. et Mm* de Chateaubriand ont d’abord habité, sous la Restauration, la la propriété dans laquelle leur initiative a créé l’infirmerie de Marie-Thérèse. Outre une distribution de soins et de médicaments aux malades, l’œuvre avait pour but, dans le principe, d’accueillir des personnes tombées d’un rang assez élevé

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pour souffrir encore plus que d’autres des atteintes de la misère. Mais, depuis 1838, l’archevêché y a placé ses invalides, des prêtres vieux et infirmes, parmi lesquels il reste encore deux dames de la première fondation, qui doivent être exemptes de la crainte de mourir sans confession. Fussentelles encore dans leur maison de campagne, ni l’une ni l’autre ne s’y promènerait près de corbeilles de fleurs plus fraîches et de plates-bandes mieux tenues que dans le jardin de l’Infirmerie. Nous y avons retrouvé une rue, rayée de la carte de Paris depuis que M. de Chabrol, préfet delà Seine, en a fait bail à la communauté, moyennant 40 fr. par an, sur la demande de l’auteur des Martyrs. Cette rue de la Caille était petite, malpropre et mal famée, avant d’entrer en religion; heureusement les sœurs de Saint-Vincent-de- Paul assainissent et purifient tout ce qu’elles touchent.

Ramenons le lecteur en face des Carmélites et reconnaissons-y la place que le bureau de la Ville vendait, le 6 février 1708, à Estienne Bouquet, garde et archer, qui avait bâti là de quoi se loger, sous le bon plaisir du bureau, « pour être plus à portée de la garde et conservation des arbres du rempart. » A la fin du siècle précédent, la Ville avait acheté ledit terrain du père procureur de ces chartreux dont le territoire a plus tard tant agrandi le Luxembourg!

Depuis que le château de Vauvert, élevé pour Robert II, fils de Hugues Capet, avait fait place à la Chartreuse, comme ce domaine monastique était semé de beaux jardins ! Chaque chartreux en avait un petit, avec un pavillon particulier. Un potager de 340 hectares et une pépinière de 180 trouvaient place dans cette chartreuse, avec un moulin pour son blé et un pressoir pour son raisin. Par-derrière elle avait, en outre, un vaste

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clos, dans lequel Jean de Marivaux, tenant pour le roi, et Claude de Maroles, pour la Ligue, avaient rompu une lance, d’après les règles de la chevalerie, le 2 août 1589. Le mur du couvent longeait alors la rue d’Enfer à partir de la rue de Vaugirard. Son jardin était encore en mitoyenneté avec celui du Luxembourg au moment de la Révolution.

Riche communauté, puisqu’elle jouissait de plus de 100,000 livres de rente! Aussi les révérends pères faisaient-ils du bien : ils donnaient à dîner tous les vendredis à bon nombre de pauvres honteux. Chez eux le novice n’avait pas de pension à payer, et la profession de foi n’entraînait ensuite pas plus de frais : le postulant restait un mois en habit séculier et puis, s’il était agréé, sur la présentation du prieur, il commençait son année de noviciat.

Comme les chartreux ne faisaient jamais gras, ils avaient eu originairement le droit de choisir leur poisson, avant tout le monde, aux Halles. Ils tenaient de Le mazurier, premier président au parlement de Toulouse, le fief de Poissy, principalement assis rue de la Tonnellerie, entre ces Halles et la rue Saint-Honoré. Dans leur église, bâtie en 1324, on admirait les stalles en menuiserie, qui entouraient le chœur, et des tableaux de Philippe de Champagne, Jouvenet, Roullongne frères, Lafosse, Coypel. A côté de l’église, le cloître était décoré de vingtdeux tableaux de Lesueur, représentant la vie de saint Rruno. *

Cette galerie demanda trois années de travail au ‘ premier peintre de l’école française sous Louis XIV ; mais il était déjà de la maison à cette époque. La perte de sa femme et les persécutions de l’envie n’avaient pas été seules à le dégoûter du monde. Un jour où ses fonctions d’inspecteur des recettes aux entrées de Paris l’avaient appelé à cette extrémité de la ville, il s’y était pris de querelle avec un gentilhomme, qui voulait frauder les droits, et comme,

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dans leur duel au pied du mur conventuel, l’adversaire avait succombé, le vainqueur, se reprochant cette mort, s’était consacré à la retraite, dans le couvent éclaboussé d’un sang versé de sa main.

Les deux seigneuries dont relevait le vaste territoire de cet établissement religieux, n’y furent pas toujours d’accord sur la délimitation de leurs censives ; à ce sujet intervenait le 20 mars 1709 une transaction, notarialement passée devant Bobus et son collègue, entre les seigneurs religieux de Sainte- Geneviève et Magnien, prêtre du séminaire de Saint- Sulpice, fondé de procuration des supérieurs et directeurs du séminaire d’Orléans, auquel appartenaient les biens, droits et revenus du prieuré de Notre-Dame-des-Champs, et l’acte concluait ainsi :

« I] est convenu que le fief censive et seigneurie dudit prieuré commence rue d’Enfer à da grand’ porte des Chartreux et s’étend sur 36 arpens de terre, masures, jardin et héritages compris dans le nouveau clos des Chartreux et à eux appartenants, à prendre du côté à gauche en entrant tout le long dudit clos joignant la rue d’Enfer. Le surplus dudit clos jusqu’à l’ancien chemin de Vanves et d’Issy, présentement renfermé dans le clos, contenant 49 arpens environ, demeure dans la censive de Sainte-Geneviève. Les parties n’ont pas . jugé à propos de mettre des bornes chez les Chartreux. »

Cette grand ’ porte aujourd’hui sert d’entrée à la pépinière orientale du Luxembourg, où le jardin de botanique médicale fut créé en 1835 (i). Le vénérable bâtiment que vous y voyez était aux chartreux, comme presque toutes les constructions qui le séparent de l’ancien hôtel de Vendôme.

(1) Ce jardin à l’usage de l’École-de-Médecine à été depuis transplanté rue Cuvier.

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L’avenue du 32 est, tout au plus, un dégagement moderne; le cardinal Fesch, sous l’Empire, et l’abbé Àffre, avant d’être prélat, ont résidé dans cet immeuble ; ainsi fait de nos jours M. Huguenin, statuaire.

Le général Ernouf, qui a servi l’Empire et la Restauration, se trouvait bien lui-même, au n° 49, des restes d’un autre monastère. La première pierre des Anges-Gardiens, noviciat des Feuillants, avait été posée par Pierre Séguier, garde-dessceaux, le 21 janvier 1633. L’ édifice principal en est visible au 47, et nul doute que son entourage ne fût primitivement à la disposition desdits religieux. Est-ce que, d’une bâtisse à l’autre, des communications préexistantes ne se trahissent pas? Voyez encore ce bénitier, dans le jardin du 4b : il n’a pas quitté depuis longtemps la place qu’il occupait tout près, au rez-de-chaussée de l’habitation.

Royer-Collard, l’éminent fondateur du parti libéral en France, ne quitta la Chambre des députés, dont il avait été le président, qu’à un âge avancé. Il habitait déjà, étant l’idole de l’opinion. publique, une maison de la rue d'Enfer, qui fut aussi celle de la maréchale Lannes et du comte Bérenger, pair de France ; il y mourut en 1845, et la rueSaint- Dominique-d’Enfer, qu’il avait eue en regard de ses croisées, devint après lui Royer-Collard. Comme philosophe, il avait combattu l’école sensualiste de Condillac, dans son cours à* la faculté des Lettres; il devait, d’ailleurs, à son éloquence plus qu’à ses rares écrits d’être entré à l’Académie.

Le 14, qui appartient depuis deux siècles à la même famille, se composait originairement de deux hôtels, reconstruits en 1767 pour Adrien de Boullenois, écuyer, conseiller du roi et substitut du procureur-général au parlement de Paris. Celui-ci eut pour héritier son frère Louis, avocat, auteur

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de bons ouvrages de droit. Vint ensuite Louis- Jean-Charles de Boullenois, conseiller à la cour des comptes, puis Louis-Glaude-Marie de Boullenois, receveur des finances, enfin M. Frédéric de Boullenois, qu’a eu pour chef de son cabinet M. de Rambuteau, préfet de la Seine. L’immeuble est de ceux où l’on jouit d’une grille et d’une sortie sur le jardin public. Ses locataires de marque, en notre siècle, ont été : le chimiste Berthollet, le comte Lebrun, frère du duc de Plaisance, l’amiral Verhuel, ami de la reine Hortense, les fils du maréchal Lannes, Wilhem, fondateur des écoles populaires de chant, et M. Jullien, publiciste distingué, père de l’ingénieur.

Louis de Marillac, curé de Saint-Jacques-la- Boucherie, avait fait abandon par testament d’une des maisons voisines, dans laquelle M. de Noailles, archevêque de Paris, avait ouvert, aidé des libéralités du roi, le séminaire de Saint-Pierre-et-de- Saint-Louis, que la Révolution ferma. Les bâtiments en étaient occupés plus tard par les soldats vétérans de la Chambre des pairs, puis l’église convertie en usine à gaz. Y en a-t-il encore pierre sur pierre? nous ne disons ni oui ni non.

Ne connut-on même pas, près la porte Saint- Michel, un hôtel Marillac dès le xvie siècle, lorsque le chancelier et le maréchal Marillac n’étaient encore que des enfants ? Nous n’osons pas remonter plus haut, bien que cette famille ait été aux Croisades. Le collège du Mans, au xvnc siècle, vint s’installer dans ledit manoir, moyennant 37,000 livres do prix d’achat, après en avoir tiré 53,156 des bâtiments où il avait été fondé en 1519 par Philippe de Luxembourg, évêque du Mans, et qu’avait englobés l’accroissement du collège de Clermont (lisez Louis-le-Grand). Celui-ci, un siècle plus tard, recueillit les boursiers du Mans, et la Nation, trente ans , après, fit vendre l’ancien hôtel

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Marillac, , en tant que provenance du ci-devant collège Égalité (lisez encore Louis-le-Grand).

Les feudistes, si peu qu’il en reste, nous en voudraient peut-être si nous n’ajoutions pas que le fief de la Grande-Gonfrérie-aux'-Bourgeois touchait, dans le faubourg Saint-Michel, au fief des Jacobins, qui appartenait aux jacobins de la rue Saint-Jacques.

Rue de l’Eperon. (4)

Cette rue cavalière a piqué les flancs d’un palais, dont il reste certainement une aile dans le cul-desac de Rouen ou de Rohan. C’était un séjour d’Orléans, qu’avait habité Philippe, duc de Valois, cinquième fils de Philippe VI, avant Louis de France, duc d* Orléans, fils de Charles V, qui le vendit à son frère, Charles VI. Mais Valentine de Milan, lorsqu’elle eut à demander justice à ce monarque de l’assassinat de son mari, résidait encore rue de l’Éperon. Son petit-fils se défit du manoir en 4486, avant de régner sous le nom de Louis XII. La rue de l’Éperon, dite alors Chapon et précédemment Gauvain, n’était pas assez longue pour que le séjour d’Orléans n’en absorbât pas la moitié, c’est-à-dire tout le côté droit.

Les grands hôtels abandonnés n’ont jamais eu le teriips de tomber en débris, dans une ville comme la nôtre ; c’est encore le meilleur engrais du sol; lès spéculations y mûrissent, avant qu’ils aient jonché la terre : la récolte est à peine fauchée que le regain pousse. Ainsi leva l’hôtel Châteauvieux, dans la rue Saint-André-des-Arts, en projetant éës, commuas sur là rue de l’Éperon.

Vient àprès le n° 8, indiqué à son origine commë hôtel de Crémone : MM. de la Mâisonfort et de Lâubônnière, qui le tenaient de Bigot, écuyer, l’ônt vendu, au milieu du xvmc siècle, à Lafosse, maréchal dès pétitès-écuries du roi. Si là maison suivante rie fût construite que sous Louis XVI

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(1) Notice écrite en 1859.

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