‹ Les anciennes maisons de ParisChapitre 44 sur 82 · RUE GAILLON · texte numérisé non relu

RUE GAILLON

venaient de le faire arrêter ; elle mit aussitôt tous ses diamants en gage, délivra celui qu’elle aimait, le conjura de se rendre en Pologne, pour arranger ses affaires, et fit serment de ne pas l’oublier. M. Boulx de Quincy, maître-des-requêtes, n’ayant pu étouffer les sanglots de la belle figurante, ne fit que paraître chez elle et disparaître : il n’avait accepté que sous bénéfice d’inventaire l’héritage direct du prince Sultoscky. Le marquis de Paolucci, ministre de la cour de Modène, essuya à son tour des larmes que M. de Quincy ne faisait pas répandre, et le mouchoir ne fut pas moins humide lorsque le ramassa M. Roussel, un fils de fermier-général. Le chagrin augmenta encore, crescendo fait pour étonner de plus en plus, entre les bras du comte de Limbourg : il était prince, il était étranger, mais plus il montrait de qualités, plus la mémoire en trouvait d’autres dont il était cruel de déroger. Il y en avait assez pour renoncer à des comparaisons nouvelles. Ou les regrets changent d’objet, ou ils' se changent en désespoir ! La danseuse essaya enfin de la solitude ; les bons effets de ce remède, souverainement consolateur, auquel elle n’avait songé qu’à la dernière extrémité, ne se firent pas longtemps attendre : M. de Limbourg fut rappelé !

À peu d’années de là, M. Boutin, un conseiller d’État, qui était vraisemblablement le trésorier de la marine plus d’une fois évoqué en ce recueil, avait un bureau, et M,ne de Roth sa demeure dans la rue Gaillon, aux nos 12 et 14 : deux immeubles qui n’en ont fait qu’un. Le comte et le vicomte de Flavignv étaient nos 13 et 15 ; en leur hôtel à double entrée résidait également la famille de Lambilly et le chevalier de la Bourdonnaye. M. de Latleurie se rencontrait avec M. et Mme"Baltus de Pouilly dans une belle propriété dont la grande

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