‹ Les anciennes maisons de ParisChapitre 53 sur 82 · NAGUÈRE DES TROIS-PAVILLONS · texte numérisé non relu

NAGUÈRE DES TROIS-PAVILLONS

dait que plus piquantes les épigrammes de l’adieu. Est-ce qu’il ne but pas un four le contenu d’un bénitier, parce qu’il avait vu l’eau bénite frissonner, comme de plaisir, au contact d’un des doigts gantés de sa maîtresse? — Ce libertin, disait Boileau, n’a jamais fait d’autre acte de piété !

Rue du Roi-de-Sfeile. (4)

L’année 1266 vit couronner à Rome roi de Naples et de Sicile Charles d’Anjou, frère de saint Louis : il gardait à Paris un hôtel que rappelle la dénomination de la rue où nous entrons. Après lui, le duc d’Alençon, Charles VI, les rois de Navarre, le comte Nde Tancarville, les cardinaux de Meudon et de Biragues, le duc de Roquelaure, le comte de Saint-Pol, les Boutillier-Chavigny et le duc de la Force furent successivement maîtres du logis. Le bureau des saisies réelles, puis ceux de la ferme des cartes s’y installèrent postérieurement ; puis ce fut une prison. On ne voulait plus des geôles souterraines, où l’isolement mettait le prisonnier à la merci de ses geôliers; on demandait que le grand jour, en pénétrant jusque dans les prisons, fût la sauvegarde suprême du principe de la liberté individuelle contre toutes les chances d’abus que lui fait courir l’arbitraire. Le roi luimême, Necker étant ministre, décida, dès le 30 août 1780, la suppression du Petit-Châtelet, du Fort-l’Evêque, ainsi que de la prison de femmes située rue Saint-Martin, près de l’abbaye, et procéda à l’établissement de deux prisons, subdivisées en plusieurs grands départements, tant à l’hôtel de La Force, qui donnait rue Pavée et rue du Roi-de- Sicile, qu’à l’hôtel de Brienne, y attenant : on les nomma la Grande et la Petite-Force. Rien ne s’y trouvait plus de ces culs-de-basse-fosse qu’avait

(1) Notice écrite en 1860. La rue du Rci-de-Sicile, aujourd’hui transformée par des reconstructions qui l’élargissent, n’englobait pas encore la rue de Berci- Saint-Jean.

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