RUE DU ROI-DE SICILE
creusés ailleurs le moyen-âge, pour y jeter dans les ténèbres l’accusé, bien moins protégé par l’incognito de sa cellule que ne l’était le justicier. Depuis que la rue Malher traverse le territoire où s’élevait la Force, d’autres prisons sur, une grande échelle ont relevé le régime cellulaire, en mettant cette restauration dissimulée sous la bannière du progrès. Mais ce n’est pas une invention nouvelle qui nous vient des États-Unis, pays libre où l’emprisonnement passe pour avoir atteint la perfection ; c’est un retour, comme pour le vin de Bordeaux qui a fait le voyage des Indes.
Le 20, rue du Roi-de-Sicile, n’est pas la seule maison encore debout qui appartint aux Desmarets, famille du contrôleur des finances de Louis XÏV. Le marquis Desmarets, grand-fauconnier de France, l’acquit en 1740 des créanciers de Gourdon, membre du grand-conseil ; mais il avait déjà une ou deux autres propriétés à cet angle de la rue Pavée, outre un hôtel, ouvrant sur ladite rue et démembré de l’hôtel de Lorraine. L’hôtel fondamental du groupe avait été construit pour Savoisi, le favori de Charles VI ; les héritiers du duc Charles de Lorraine y avaient eu pour acquéreur en 1681 le marquis Dauvej, comte Desmarets, et il y avait eu partage, en 4711, entre le comte Desmarets et le marquis d’Herbouville, dont la femme était née Dauvel.
Le coin de la rue aes Juifs et de la rue du Roi de-Sicile est, sur le, plan de 1652, souligné de cette légende : Notre-Dame-cC argent. N’en fautil pas conclure qu’une chapelle y venait avant la maison dont le chiffre 32 surmonte la porte cintrée, à ventaux lardés de gros clous ? Celle-ci et la suivante reconnaissaient pour maître, sous Louis XV, un M. Dijouval, secrétaire des finances ; ce qui n’empêche pas la tradition locale d’y voir l’ancienne résidence d’un duc de Gramont, pied-