RUES DES ORFÈVRES ET JEAN-LANTIER
L’apprentissage durait huit ans, et le nombre des maîtres était limité à trois cents. Le roi Philippe de Valois avait donné à la corporation ses armoiries, en y accolant une devise qui rappelait à la fois les deux grands buis que l’orfèvrerie de son époque se proposait : l’ornementation des couronnes et celle des Vases sacrés. Au coin de la rue Jean- Lantier et de la rue des Lavandières est encore visible cet écu des Orfèvres, mais dénudé de signes héraldiques. La chapelle Saint-Eloi, où ils faisaient dire leurs messes, n’était tout d’abord qu’en char- ■ pente; l’an 1550, elle fut refaite sur les dessins de Philibert Delorme, et l’on y admira jusqu’en 89 de belles figures de Germain Pilon : Moïse, Aaron, des apôtres. Les gardes en charge nommaient le chapelain, qui, autant que possible, devait être le fils d’un orfèvre, les diacre, sousdiacre, etc. On retrouve rue des Orfèvres, rue Jean-Lantier et rue des Lavandières, les bâtiments du bureau des Orfèvres, sa chapelle et le lieu d’asile, hôtel des Invalides du corps d’état, où de toute origine étaient soignés les orfèvres indigents qui se faisaient vieux ou malades.
La maison d’en face la chapelle, rue des Orfèvres, appartenait à une communauté de frères Tailleurs, ainsi qu’une ou deux autres maisons se repliant de même rue Jean-Lantier. Cette dernière petite rue devait son nom, par corruption, àJeanLointier, Parisien du xme siècle, lequel y avait eu parmi ses héritiers un Philippe Lointier deux cents années plus tard. L’autre côté de la rue Jean-Lantierdébouchait rue Bertin-Poirée par une maison au collège de la Marche ; les Enfants-Trouvés y avaient une autre maison, qui subsiste vis-à-vis de celle des Orfèvres. La rue des Lavandières, qui aujourd’hui encore voit passer tant de blanchisseuses, séparait également le siège de la confrérie marchande de deux