‹ Les anciennes maisons de ParisChapitre 73 sur 82 · RUE AUBRIOT, ETC · texte numérisé non relu

RUE AUBRIOT, ETC

Le véritable auteur du sonnet serait même, d’après Voltaire, l’abbé de Lavau: ,

Grand Dieu! tes jugements sont remplis d’équité, etc.

Si le diable emporta Desbarreaux, il n’en fut pas de même pour Jeanne Lebreton* qu’on peut regarder comme l’ange de la même rue. La rougeole s’étant déclarée dans le quartier, elle y soigna avec tant de courage et de dévouement les pauvres gens atteints du mal contagieux que Mme de Pompadour prit elle-même les devants sur Dieu pour l’en récompenser. Jeanne Lebreton reçut en cadeau 680 toises de terrain, détachées du domaine dit le Retrait de Mmt de Pompadour , à Ménilmontant. Du Retrait un démembrement plus important devint la villa de Mme Favart, de Favart et de Voisenon ; c’est maintenant un orphelinat, que la Ville a déjà acquis en vue du prolongement de la nouvelle avenue de Puébla.

L’ancien cduvent des Blancs-Manteaux est coupé par une rue portant le nom des guillemites, moines qui l’occupèrent un certain temps. A cette rue s’ajoute depuis peu celle des Singes, qui avait été Pierre-d’Étampes dans le Paris circonscrit par Philippe-Auguste. Les gens du maréchal de Rieux, dont l’hôtel donnait à la fois rue des Singes et rue Vieille-du-Temple, en regard de la porte de la courtille Barbette, furent témoins de l’assassinat du duc d’Orléans, sortant de chez la reine Isabeau. Les auteurs de ce crime fuyaient à cheval par la rue des Blancs-Manteaux, en criant: Au feu! pour donner le change. Un écuyer descendit de l’hôtel et trouva le corps chaud de la victime dans un affreux état de mutilation : la tête était ouverte à deux endroits, la main gauche coupée et le bras droit à peine retenu par un lambeau de chair. Tableau qui reste à faire, bien qu’essayé!

Page 1