RUE DU CENDRIER
Un fabricant de berceaux, industrie non moins villageoise, occupe, n° 2, une maisonnette que, sous le Directoire, un maître-maçon a bâtie, pour y installer sa maîtresse; cette destination et les matériaux employés, débris de quelque démolition, feraient croire, mais à tort, que cette petitemaison, à croisées garnies de vieilles ferrures, date du temps de la Régence.
Rue Censier* (1)
De l’infertilité de la rue du Cendrier, ô Rousseau ! tu t’es consolé en moissonnant tout de suite une gerbe mûre de renseignements, rue Censier. Celle-ci, parallèle au cours de la Bièvre, était qualifiée en l’année 1668 Vieille-Rue-Saint-Jacques par Jouvin, sur son plan de Paris. Elle avait été une impasse et dite par cela même rue sans chief , d’où l’on estime communément qup vient par corruption la dénomination Censier ; mais une autre étymologie nous sourit mieux. N’y eut-il pas là un bureau dans lequel s’enregistraient les cens dus à la seigneurie du séjour d’Orléans, ou bien à celle de l’abbaye Sainte-Geneviève, si ce n’est une ferme tenue de l’une ou de l’autre? On a appelé censier et le registre censuel d’un fief et le métayer qui tenait une cènse à ferme. En tout cas, voici le résultat, sobrement historié, de l’enquête qu’a ouverte notre Rousseau, commissaire-voyer de la chronique, sur les maisons anciennes de ladite rue :
N° 6. — Il a été maison de santé sous la Restauration. Les tanneries y faisant vis-à-vis contribuaient déjà à troubler l’eau de la Bièvre quand les génovéfains étaieut en procès avec les victorins, au sujet du dé-
(1) Notice écrite en 1858. La rue Censier a depuis lors sacrifié des immeubles, surtout dans les numéros paiis, à l’ouverture de la rue Santeuil, dite d’abord de fa Halle aux-Cuirs, et de la rue Monge, ainsi qu’au prolongement de la rue de l'Abbé de-l’Èpée.