RUE CENSIER
tournement de cette petite rivière, d®nt l’embouchure, transfuge de la rue de Bièvre, baignait le clos Saint- Victor.
N° 13. — Cette maison, avec laquelle son jardin a divorcé, garde la petite porte, ornée d’un mascaron, qui était celle d’un président, sous Louis XIV ; un capitaine,' dans le cours du règne suivant, en a fait le quartier de sa propre compagnie ; puis la propriété a fusionné avec les deux qui suivent.
N° 15. — Depuis près de deux siècles c’est une brasserie. Guillaume Arnoult, fabricant de bière et propriétaire. peut n’avoir eu qu’en cette dernière qualité pour successeur, à l’image de la, Madeleine, le sieur Deshaizes, puis sa yeuve, née Marie-Claire Santerre ; mais déjà le père ou le frère de cette dernière exploitait la brasserie avant ia mort de son mari, qui avait lieu vers 1758. Un- pâté de maisons fut, au reste, ie siège de cet établissement industriel : Antoine Santerre, brasseur, en achetait une lé 3 février 1766, et celle-là appartenait un peu plus tôt à Dufresnay, écuyer, conseiller au Châtelet
N° 17. — Au susnommé Arnoult cette autre propriété fut donnée à bail par l’hôpital, y tenant d’autre part et ayant pour fondé de pouvoir Gerbier, l’aigle du barreau : l’hôpital l'avait acquise de Gunaïde, médecin, en 1674. De locataire, Santerre n’y passait propriétaire que vers 1780 ; son enseigne, gravée sur marbre, gît encore, à titre de souvenir, dans la cour de la brasserie. Néanmoins on ne retrouve plus qu une porte du corpsde-bâtiment où est né Je fils du brasseur, brasseur lui-même au faubourg Saint-Antoine, puis héros du 10 août et d’autres journées mémorables, comme commandant de la garde nationale, et ayant réellement, par l’industrie de son père et par la sienne, les deux pieds à la fois dans ces deux quartiers populeux qui font toutes les insurrections. Quand Santerre fut promu au grade de maréchal-de-camp, son père se décida à vendre la brasserie et la maison qu’il avait rue Censier ;