RUE CENSIER
c’était en 179-2. M. Cartier, maintenant chef de l’établissement et possesseur des trois maisons où il est exploité, a servi jusqu’en 1850 une rente hypothéquée au capital de 4,000 livres tournois, qui n'était rachetable qua la mort de la fille du général Santerre, laquelle a cessé de vivre sous la dernière république (1) et dont est resté veuf le greffier de la justice de paix de Lonjumeau ; la substitution d’où résultait cette rente forcée témoignait de la prudence de Santerre père et du peu de confiance qu’il avait encore, pendant qu’on instruisait le procès de Louis XVI, dans la solidité du poste et de l'influence de son fils.
N<>s 19, -2], 23: — ancien hôpital des Cent-Filles ou de Notre-Dame-de-la-Miséricorde, fondé en l’an 1624 par le président Antoine Séguier, ancien ambassadeur à Venise, pour 100 jeunes* orphelines, qu’on y élevaitdepuis l’âge de 7 jusqu’à celui de 25 ans. En vertu des lettrespatentes que le roi avait délivrées pour l’institution de cette oeuvre, les compagnons d’arts-et-métiers qui, après avoir fait leur apprentissage, épousaient l’une desdites cent filles, étaient reçus maîtres sans qu’on exigeât d’eux le ch^f-d’œuvre qu’ils devaient réglementairement * produire et sans payer de droits de réception. L’hospice
de la Miséricorde, que la rue Censier séparait des derrières du domaine des dames de la Croix, fut supprimé à la Révolution ; diverses fabrications exploitent, de nos jours, ceux de ses bâtiments qui ne servent pas de grenier à la boulangerie Scipion, cette Manutention de l’Assistance publique.
N° 29. — Si des jardins se retrouvent encore à cette hauteur de la rue, du côté droit, tout comme sur le pian de P^ris tracé eu l’an de grâce 1739, de vénérables maisons aussi continuent à border le côté gauche, parmi lesquelles, pour n’en citer qu’une, le 29 est une fabrique de maroquin, tenue de père en fils depuis un siècle. Plusieurs des immeubles qui précèdent ont con-
(1) Celle de 1848.