‹ Les anciennes maisons de ParisChapitre 80 sur 82 · RUES CHABANAIS ET CHÉRUBINI · texte numérisé non relu

RUES CHABANAIS ET CHÉRUBINI

de sous-sol. Que sentiront donc, dans cent ans, toutes les maisons sans cour de l’ère Haussmann ?

Deux architectes, Delécluze et Fériac, ont entrepris à leurs risques et périls la construction de presque toute la rue Chabanais, dans son étendue primitive; mais ils y ont vendu toutes neuves assez de maisons pour ne s’en réserver bientôt que quatre. Périac avait gardé l’immeuble n° 1 de la rue Chérubini actuelle et puis un autre ; à Delécluze étaient échus les n0ï 1 et 4, du côté de la rue Neuve-des-Petits-Champs. Survint alors la République, et non contente de restreindre les revenus de ce dernier, elle écourta son nom d’une syllabe, à cause de sa fortuite ressemblance avec la particule nobiliaire, en ce temps-là tant décriée, et sur l’autel de la Patrie le citoyen Lécluze déposa, sans opposer de résistance, cette partie intégrante de son nom, qu’il avait portée sans orgueil. Mais quand l’ordre se rétablit aux dépens de la liberté, plusieurs actes notariés et même d’état-civil se trouvaient entachés d'un cas de nullité; il fallut un jugement pour établir l’identité légale des Delécluze et des Lécluze. Le fils de l’entrepreneur de la rue Chabanais, né au n° 1, collabore activement au Journal des Débats , pour la critique musicale et les articles d’édilité parisienne.

D’en face, n° 2, il est parti dès le premier appel de « la Patrie en danger, » un soldat qu’arrachait la première réquisition aux embrassemens de son père, ci-devant colonel, et de sa sœur, jolie même dans les larmes ; plus tard ce simple soldat était le général, vicomte ou chevalier de Dijon, car les deux fils du comte ont porté les mêmes épaulettes sous l’Empire et sous la Restauration.

Marie-Joseph Chénier, rédacteur du Mercure lors du second mariage de l’empereur, fréquentait alors la

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