RUES CHABANA1S ET CHÉRUBIN
même maison, où demeurait sa maîtresse, qui n’était plus alors Mme Vestris ; du moins la dernière muse du tribun-poëte était beaucoup trop grasse, d’après le portrait qui nous en est tracé par M. Delécluze, pour qu’on la soupçonnât d’avoir dansé en public, comme les autres Vestris, avant de jouer la tragédie.
Le boudoir de cette plantureuse beauté devint plus récemment le cabinet d’un éditeur que 101 écrivains connus y honorèrent d’un autre genre d’hommages. La prose et les vers du Livre des Cent-et-un, offerts par leurs auteurs au libraire Ladvocat pour lui servir de planche de salut, ne firent toutefois que retarder un naufrage. Cét éditeur de mille et un autres volumes, n’a-t-il pas toujours eu le talent de paraître plus riche qu’il n’était ? Il dîna plusieurs fois aux Tuileries, comme colonel d’une légion de la garde nationale, dans les premières semaines qui suivirent la révolution de Juillet; cette qualité le fit même admettre un jour à la table du nouveau roi, auquel il proposa, entre la poire et le fromage, de prêter 500,000 fr., dans sa personne, à la littérature, dont l’élan était entravé par les progrès de Kesprit constitutionnel. A partir de ce jour, les honneurs du couvert ne furent plus faits, chez le roi, aux officiers supérieurs de service que par un "général, le baron Atthalin. Mais Ladvocat, loin de se décourager, reprit sans subvention la direction du théâtre international dont rafïlche était son catalogue de nouveautés, avec une série consacrée à la traduction des chefs-d’œuvre des littératures étrangères. Il avait le génie des grandes entreprises, et rarement elles sont les plus heureuses. Mais sans les risques et périls courus par Ladvocat et Cie, où en seraient les expériences de la jeune école ? Au profit de cette génération littéraire, qui ne s’attendait guère a vieillir, Ladvocat a inventé un moyen de lancer