RUE DE L'AIGUILLERIE
le même corps avaient été compris les cliandeliers jusqu'au milieu du xv« siècle. Mais les apothicaires eux-mêmes avaient commencé sous Louis XII h se distinguer des épiciers, et d'autant plus facilement qu'ils avaient déjà constitué, sous fc bon plaisir de Louis XI, une sorte de garde nationale. Des lettres qui interdisaient l'épicerie aux dissidents, avaient été octroyées par le roi en 1533; mais défense aux épiciers de s'en servir avait été fiiite par Duprat, prévôt de Paris, l'année suivante. Les alternatives de la lutte devaient la rendre bi-séculaire ; les apothicaires y gagnaient le monopole du pain d'épices, et cependant leurs adversaires, tenant à se montrer plus discrets, n'empiétaient pas sur le chapitre des rafraîchissements plus lucratifs que toute ordonnance de médecin faisait administrer à domicile. Tant que le divorce ne fut pas consommé, l'apothicaire ne convolait que par une sorte d'adultère permanent, dont la complice était la Faculté, et l'épicier jouait au naturel le rôle du mari malcontent. Au demeurant, des intérêts communs n'étaient-ils pas à sauvegarder? Les sieurs Rousseau, Vilain, Vadurel, Lambert, André et Serret pouvaient encore se dire, au milieu de l'année 1683, maîtres et gardes de la marchandise d'apotiquairerie et d'épicerie. En 1715, qui plus est, les garçons apothicaires se louaient indilTéremment à la Lamproie, maison de la rue de la Huchette, ou au bureau des Épiciers, dans le cloître Sainte-Opportune.
Le siège de la communauté, lorsque les susnommés étaient en charge, portait l'enseigne de la Tête-Noire, que remplace aujourd'hui le chiffre 8. Le droit de réception était de 1700 livres (qui furent réduites sous Louis XVI à 800). Vuatlard et Marsollier avaient pour locataires, au n" 6, Raguenet, épicier, et Caucheteur, bourgeois : le 4 appartenait h des marchands, les frères Denis