‹ Les anciennes maisons de Paris sous Napoléon III (volume 2)Chapitre 105 sur 111 · RUE AMYOT, ETC · texte numérisé non relu

RUE AMYOT, ETC

Il y avait, du temps de Bertignon, un cimetière pour les protestants dans la rue des Poules. Guillaumet, avocat, était propriétaire en la même rue, à l'image du Petit-Jésus, dans le milieu du xvni* siècle, et le bourgeois Turpin y disposait d'une maison pourvue de sa chapelle, qui passa sous Louis XVI à Lemoine de la Clartière, conseiller aux Aides. La famille de ce dernier fut aussi propriétaire du Pot-d'Étain, tout à côté. Aumont, bourgeois, avait une autre maison de la rue des Poules, et une autre enfin fut vendue par la veuve de François Roland au sieur de Ghazelles, bourgeois de Paris, vers l'année 1755.

Rues Duptiytren et Antoine-Dubois. (i)

Peu fréquentée par les voitures à cause de sa pente un peu rude et de la préférence qui reste due au carrefour de l'Odéon, comme dégagement en divers sens, la rue Dupuytren semble la cour d'un immense hôtel d'étudiants, un square d'avocats et de médecins en herbe. Pendant y est fait par une rue parallèle, encore moins carrossable dans ce qu'elle a de plus élevé, mais formant en bas l'un des pans de la place de l'École-de-Médecine, qu'occupait autrefois le couvent des Cordeliers. De celle-ci, qui porte le nom d'Antoine Dubois, célèbre médecin mort en 1837, il était difficile de ne pas parler en s'occupant de celle-là, mise sous l'invocation du baron Dupuytren, chirurgien non moins illustre, décédé deux années plus tôt. L'une et l'autre ont pour front de bandière des étalages de libraires, étendards déployés par la science médicale aux abords de la citadelle où l'assaut se livre aux diplômes. Toutes les deux ont été formées, une dizaine d'années avant la fin du xvn" siècle, sur l'emplacement du cimetière des cordeliers et à la diligence de ces religieux, l'une comme rue de r01:)servance, l'autre comme rue de Touraine ou de Turenne. Le légendaire du planTurgot a adopté cette dernière version, pour laquelle militent les convenances de date, car Henri de la Tourd'Auvergne, vicomte de Turenne, était mort en l'année i67o. Mais il venait aussi à l'appui de la l)remière version non-seulement un hôtel seigneurial de Tours, sis presque en face, dans la rue du

(1) Noiice écrite en 1859.

Page 1