‹ Les anciennes maisons de Paris sous Napoléon III (volume 2)Chapitre 22 sur 111 · RUE DES PETITES-ECURIES · texte numérisé non relu

RUE DES PETITES-ECURIES

d'un vestibule rond à six colonnes. Mais ce n'est pas Ledoux, c'est Bellanger que le comte d'Artois avait principalement pour architecte.

Tous les immeubles circonscrits par les rues des Petites-Écuries, du Faubourg-Poissonnière, de Paradis et d'Hauteville ont eu, "sans exception, pour origine foncière un marais vendu à Goupy, entrepreneur des bâtiments-du-roi, moyennant 70,000 livres, par les filles-Dieu. Il avait fallu à ces dames, pour aliéner ledit terrain, des autorisations spéciales, à commencer par celle que leur avait donnée, en 4771, dame Julie-Sophie Gillet de Pardaillan d'Antin, abbesse de Fontevrault : le couvent des filles- Dieu était de l'ordre de Fontevrault. Les deux rives de l'ancien égout de ceinture appartenaient encore à ces religieuses au moment de la transformation d'un chemin de l'Ancienne-Voirie-de-Saint-Denis en rue des Petites-Écuries. Il n'en était plus de même en 1738, d'après cet établissement de situation :

(ê^antïjt :

Jardin à Ledru.

Marais à M"» Pêcheur.

Id.k M""» de Ctiamperon.

Id. à Ledru.

Grand marais à Michel

Nugue.

Marais aux filles-Dieu.

^Droite :

Maison à Drouin.

Dépôt du pavé de la Ville.

Maisonnette au sieur

Guenon.

Id. au sieur Buzeiin.

Voirie de Saint-Denis.

Marais aux filles-Dieu.

Mais plusieurs lots avaient ensuite fait retour au couvent, puisqu'il était propriétaire du sol plus ou moins nu des n°' 1, 3, 5, 7, 9, 11, et de plus encore, mais plus loin, lorsque Verne, contrôleur des Petites-Écuries, fit couvrir l'égout de ceinture, en 1769, sur toute la longueur de la voie, après avoir obtenu l'agrément du bureau de la Ville à- cet égard, Bignon étant prévôt.

Des chevaux et des voitures du roi avaient leurs

RUEsDES PETITES-ÉCURIES. 135

écuries et leurs remises au 45, où se trouve l'une des deux entrées de la cour dite encore des Petites- Écuries. La surveillance en était confiée au contrôleur, qui faisait du 13 son hôtel. Derrière lui demeurait Aubert, sculpteur, peintre et doreur du roi, et son cabinet n'était pas l'une des moindres curiosités de Paris. Il y avait jusqu'il un chapelain et une chapelle aux Petites-Écuries. Ne dit-on pas sur les lieux que Ninon y avait tenu d'abord sa cour galante ? Dans les roues d'une tradition qui a fait son chemin sans bruit, ne jetons pas, en guise de bâtons, que cette femme célèbre du xYu"" siècle avait déjà fermé les yeux avant que la rue fût ouverte. La cour des Écuries, qui a pu être un jardin pour Ninon de Lenclos, a toujours eu sa porte principale sur la rue du Faubourg- Saint-Denis. De ce côté, pas d'anachronisme.

A la rue des Petites-Écuries, qui aboutit près du Conservatoire, it manquerait à coup siîr quelque chose si la musique n'avait pas voix au chapitre de ses souvenirs. Méhul, vers la fin de sa vie, demeurait au n" 40. Cet ancien élève de Gluck mourait à-peu-près au moment où se fêtait la naissance d'un héritier présomptif de la Couronne, et quelle fête peut aller sans musique ! Il s'ajoutait alors un intérêt de circonstance au mérite si bien reconnu de l'ouverture du Jeune Henri, et la musique du Chant du Départ, dont Méhul était aussi l'auteur, paraissait avoir fait son temps. Une autre maison de la rue nous mettrait vis-à-vis d'Alard, virtuose de nos concerts.

Rue du {^entier, (i)

Laissons à la rue de Cléry l'habitation de M'"" Vigée-Lebrun, dont la galerie de portraits historiques relie le dernier siècle au nôtre. Mais son mari a fait bâtir sur les dépendances du même hôtel une maison, que revendiquerait la rue du Gros-Chenet si cette rue ne s'était pas fondue en 1849'dans celle dont voici la notice. Le n° 8 que vous voyez a fait ainsi partie de l'hôtel Lebrun. Sa façade se trouvait inférieure d'un étage au niveau du jardin, dont la terrasse reposait, vers le coin de la rue de Cléry, sur un pan de l'ancien mur de Paris.

Du 10 M"'"" de Bonfils était alors propriétaire, et il appartient de nos jours à M"'* Chapsal, veuve du grammairien.

N° 42. — M""= de Staël a habité cette propriété, dépendance de l'hôtel de M. Necker, dont nous parlerons aussi rue de Cléi-y.

A l'angle de la petite rue Saint-Roch, rallonge mise de nos jours à celle des Jeûneurs, le comte de Montault avait été propriétaire, sous le ministère du cardinal Fleury. La neuvième propriété qui venait i\ la suite était un jeu de boules, après lequel Milieux avait une maison, donnant aussi rue Poissonnière, puis Jean Douart, architecte, sa demeure. A gauche il ne s'élevait encore, entre la rue des Jeûneurs el le Rempart, qu'une ou deux constructions et puis des murs. C'était la rue, dans

(Ij Notice écrite en 1860.

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