RUE DU SENTIER
toute la longueur que lui donnaient déjJi, mais sans maisons, les plans de 1714 et de 1652.
Le 23 a été à la disposition du président Hénault, surintendant de la maison de la reine, puis de la maison de la Dauphine, et membre de l'Acadëmie- Française, qui, n'ayant pas d'enfants, laissa ses biens, en 1770, à ceux de la comtesse de Jonzac, sa sœur. Cette dame avait tenu la maison de son frère, dont les soupers réunissaient une brillante société. Il avait écrit, outre son Abrégé chronologique^ des comédies, des poésies et un grand drame en prose, François II, dont M. Mérimée a donné, dans ses États de Biois, le pendant.
Vers le même temps, le 27 appartient à M. de Saint-Robert; le 29 et le 31, à M. Le Fèvre, magistrat, et il s'y fonde plus tard, en l'an vu, une banque territoriale, qui prête sur les biensfonds la moitié de leur valeur, en émettant des traites; mais l'affaire, au lieu de réussir, va se liquider péniblement rue Notre-Dame-des-Victoires.
Aujourd'hui l'hôtel contigu est divisé ; reportonsnous, pour le revoir tout battant neuf, ii l'époque où le fermier-général Lenormant d'Étiolés y reçoit sa jeune épouse, ]>P"'' Poisson, dont cette union fait déjà la fortune. Mais elle devient M""" de Pompadour, et l'époux s'en console en face. La petite-maison du financier se cache encore de nous au fond du n° 24, avec un balcon sur la cour et un jardinet par-derrière : des médaillons de Boucher y font cercle avec des médaillons de Fragonard, dans un salon ovale. M. d'Étiolés, une fois veuf, épouse la D^''^ Rem, fille d'Opéra, sur cet autre versant de la rue. A la bonne heure celle-là ! On la chansonnera à discrétion, sans avoir la Bastille à craindre. Et un quatrain de commencer l'attaque :