RUJ^ SAINT-PAUL ET RUE CHARLES V
la célèlDre empoisonneuse a demeuré au n" 12, rue Neuve-Sainl-Paul, avant de passer au quartier de la Tourncile. Il est vrai qu'elle pouvait avoir simultanémenl grand et petit hôtels près Saint- Paul sans qu'ils altinssent tout-à-lait l'un Ji l'autre. On revoit dans celui de la rue Neuve, en haut d'un escalier, un bas-relief où figurent des cornues. Quelles armes parlantes ! Un avocat de notre temps en profiterait pour plaider la monomanie, pour obtenir des circonstances atténuantes, et la Brinvilliers n'aurait plus de peine capitale à subir. Le 10, même rue, n'est qu'un démembrement de ladite propriété, où demeurait un Paris de la chambre des Comptes dès 1692, postérieurement hôtel de l'Aigle, puis logis et bureau de Rivière, arpenteur de la maîtrise des eaux-et-forêts, actuellement en la possession des sœurs hospitalières de Bon-Secours.
Aux chiffres impairs de la rue Neuve-Saint- Paul nous ne réclamerions en vain : ni un appartement qu'a occupé M'"" du Boccage, née Lepage, prônée par Fonteneile et Voltaire, mais auteur de poèmes obscurs, morte nonagénaire pendant le Consulat ; ni les anciens hôtels Gourgues et Delaunay, qui pouvaient n'être que deux phases 'de la même planète ; ni une maison hospitalière, desservie par des sœurs de Saint-Thomasde-Villeneuve. Les célestins étaient propriétaires de cette dernière maison, où se forma en 1783, sous les auspices du roi et de M. de Vergennes, un hospice médico-électrique. Ledru père, surnommé Cornus, j; traitait encore les affections nerveuses sous l'Empire, mais sans le concours des sœurs de Saint-Thomas ; il était aidé par son fils, et les malades n'avaient rien h payer pour profiter de ses expériences.
L'autre rue, par exemple, avait pour habitante la plus jolie femme du quartier, sous Louis XV,