NAGUERE NEUVE-SAINT-PAUL
porté jusqu'en 1841 le nom de rue des Trois- Pistolets, s'est ouverte au milieu du wi" siècle sur le terrain des écuries d'Isabeau, mais sans jeter bas tout ce qui s'y élevait. La preuve, c'est que Léonard Botal, médecin de Charles IX et de Henri III, a habité l'ancien hôtel Saint-Maur. D'ailleurs, cette tourelle que nous voyons encore au coin de la rue des Lions, y est-elle tombée des nues ? Si ses dimensions étaient celles des tours qui gardaient autrefois la résidence royale dont nous parlons, la voie publique serait interceptée. Ce Botal qui n'était pas fâché de s'y retrancher dans un reste de fortifications, il inaugurait, comme médecin, l'ère de la saignée ; il avait sous ses ordres l'apothicaire du roi, qui pouvait bien être un Séguier, et qui tenait poulies purgatifs ; ce médecin et cel apothicaire valaient donc, à eux deux, le docteur Sangrado, création de Lesage, dans laquelle Rabelais aurait sans doute retrouvé deux anciennes connaissances, bien qu'il fût enterré au cimetière de Saint-Paul depuis 1553.
L'entre-deux de l'église et de l'ancienne ménagerie a été habité aussi par La Vareime, qu'un chi'oniqueur nous donne pour ancien fouille-au-pot et cuisiniei', devenu porte-manteau de Henri IV et mercure de ses plaisirs. Ce parvenu eut assez de crédit pour favoriser le rétablissement en France des jésuites, qui lui durent le collège de la Flèche, auprès duquel il se retira très-riche. N'est-ce pas de la jolie tourelle que l'intrigant avait vu venir son monde ?
Mais on y cherche plutôt l'empreinte des pas d'une femme dont les passions donnaient lu mort. Le bruit court que M'"'' de Brinvilliers y aurait caché son amant, puis le premier fourneau de sa criminelle oflicine, sous le même prie-Dieu. Mais nous considérons comme plus certain que