RUE CLOCHE-PERCE
rRenaut-le-Fèvre [fèvre ou favre signifiait fabricant). Son nom de Cloche-Perce venait d'une Gloclie-Percée servant d'enseigne.
Or le 14 attend, porte béante, quelle compensation notre recueil lui offre pour le découronner de ses prétentions h des particularités royales. Était-ce l'iiôtel où le poëte Desmarels de Saint- Sorlin, qui a collaboré aux tn.gédies de Piichelieu, réunissait ses collègues de l'Académie-Fiancaise, quand les séances de cette compagnie n'avaient encore qu'un siège nomade? Il est vrai queDesmarets vivait à l'ancien hôtel du cardinal Nicolas de Pelvé, archevêque et duc de Reims, mort sous le règne de Henri IV, contre lequel il avait d'abord pris le parti de la Ligue, et que l'hôtel Pelvé donnait rue Cloche-Perce ; malheureusement il vient d'être rasé, en dépit de ses trois portes cintrées, par la nouvelle rue de Rivoli. Les états de service du 14 ne remontent sûrement, pour nous, qu'à l'époque où il chaperonnait un parvenu, M. de Pezai, ancien commis au contrôle-général. On comptait alors dans la rue 4 lanternes et 12 maisons, dont l'une au financier Geoffrin, qui fut condamné en 1717 l\ restituer 522,000 livres à l'État. Quel chemin avait fait luimêmece paysan, érigé d'abord en clerc de procureur, puis en commis à la verrerie et en enlrei)reneur de glaces ! Sa veuve devint célèbre par des relations suivies avec les encyclopédistes. Quant au fils de l'autre commis, il passa plus ou moins marquis de Pesay, présenta ù la cour en 1776 sa femme, née Murard, qui était belle et qu'on disait dotée par le feu roi. La sœur de ce gentilhomme de fraîche impression, qui prétendait descendre des Masoni d'Italie, était M""^Cassini, maîtresse afiichée du comte de Maillebois. L'ancienne habitation de leur père appartenait dès 1748 à Mignot de Montigny,