RUES DU CLOITRE -SALVT-MERRI
armées du roi. Derrière ses deux maisons du cloître Saint Merri se trouvait l'iiôtel d'Orléans, d'après une description de 1783, et dès-lors la pauvre rue Taillepain ne comptait plus. Mais, que dis je ! les Dabos avaient déjà vendu le 14 à Robert Aniel, huissier-à-cheval au Ghâtelet ; ils ne possédaient plus que l'autre maison, confisquée par l'Etat ensuite et adjugée en 1791 au citoyen Simon Gabriel. M. le docteur Barroux signe aujourd'hui les quittances de loyers des deux immeubles, ramenés à un sort commun.
Une inscription, n« 10, attire l'attention des curieux : Fecit tnihi magna qui potens est, 1783. Dans cette maison sont réunis un fourneau économique de bienfaisance, un bureau de secours, une école pour les tilles et un hospice transitoire de 15 lits. Esprit Vieiniet; mort en 1796 après avoir été curé de Saint-Merri pendant 40 ans, a fondé cet hospice dans une propriété à lui. Il avait prêté serment à la constitution civile du clergé, en 1790 ; mais il avait refusé d'occuper, comme évêque de Paris, le siège d'un titulaire vivant. Ce curé bienfaisant a eu pour frère Jacques- Joseph Vieniiet, député de l'Hérault à l'Assemblée législative et à la Convention ; il était l'oncle de M. Viennet, de l'Acudémie-Française.
La rue du Cloître-Sainl-Merri n'a été prolongée jusqu'à la rue du Renard qu'après avoir perdu son propre débouché sur la rue de la Verrerie. A l'endroit où elle faisait coude s'élevait l'hôtel des Juges-Consuls, siège de la juridiction consulaire depuis le règne de Charles IX jusqu'à celui de Charles X : une statue de Louis XIV en marbre, par Guillain, en a décoi'é la porte. C'est en 1844 qu'on a donné au bout, facile à détacher, de la rue du Cloître-Saint-Merri la dénomination l'élrospective de rue des Juges-Consuls. Une belle maison, dont la nouvelle rue a hérité