‹ Les anciennes maisons de Paris sous Napoléon III (volume 2)Chapitre 48 sur 111 · RUE CLOVIS · texte numérisé non relu

RUE CLOVIS

le long de la rue Clovis, h travers des bocages plus élevés que la chaussée, des nids d'hirondelles que le granit où ils s'attachent rend presque historiques. Chaque année en renouvelle uniquement la mousse, dans les tissures d'un pan de mur, large environ d'un mètre et demi et qui nous reste de la clôture de Philippe-Auguste. Ce tronçon d'enceinte vu de profil, qu'éclaire la nuit un bec de gaz, indique l'ancien niveau du sol ; mais on n'y retrouve plus les créneaux qui couronnaient d'abord le large mur. Longtemps il ne servait plus de limite qu'auxcolléges de Boncourt et de Navarre, qui ont fini par n'en former qu'un seul.

Une Histoire de Paris, publiée en 1781 par Poncelin, avocat au parlement, fut ornée de gravures par Martinet ; nous y revoyons de ce collège royal de Navarre la belle entrée, que décoraient des statues et d'autres sculptures ; la grande cour est également reproduite, puis le jardin du principal, enfin l'un des dortoirs de la maison, qu'une ingénieuse disposition avait faits les modèles du genre. Des bâtiments et la chapelle de cet établissement célèbre subsistent encore de nos jours, comme pour excuser Martinet de n'en avoir pas donné le dessin. Fondé en 1304 par Jeanne de Navarre, reine de France, nu profit de 70 boursiers, ce collège de plein exercice a compté pour élèves : Henri III, Henri IV, le duc de Guise, le cardinal Louis de Bourbon, le prince Eugène de Savoie ; on disait que le roi de France en était le premier boursier, de fondation, et que les revenus de sa bourse s'employaient à acheter des verges pour entretenir la discipline. Les archives de la Nation de France, ancienne division de la Faculté des Arts, étaient confiées aux écoliers de Navarre, avant que l'université de Paris les transférât à Louis-le-Grand. Réunie à celle de Boncourt, la maison n'a été fermée

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