‹ Les anciennes maisons de Paris sous Napoléon III (volume 2)Chapitre 51 sur 111 · RUE COCATRIX · texte numérisé non relu

RUE COCATRIX

l'addition, pas moins de 8 ont disparu ; quelquesunes les ont remplacées. Les ir' 7 et 8, étant les seuls qui n'aient pas même changé d'alignement, nous donnent par conséquent l'ancienne largeur de la rue. Ne confondons pas le premier de ces immeubles, qui est exploité en garni, avec une autre maison de la rue qui avait plus de prétentions. Florentin y logeait, à l'enseigne de la Toisond'Or, les plaideurs do province, dans le cœur du xvni« siècle, moyennant 10, 15 ou 18 livres par mois, selon l'importance du procès qui les appelait salle des Pas-Perdus. Dans l'autre logeait alors Tliiébault, greffier-commis au greffe civil du parlement.

Dans ce qui faisait coude, le marquis de Verneuil ét;iit propriétaire et mitoyen avec le chapitre de Notre-Dame, sous Louis XVI : tous deux avaient M. Tiron pour vis-à-vis.

Rue Honoré-Chevalier, (i)

Cilez-moi un mot composé dont l'inversion ne dénature pas le sens ! La rue du Clievalier-Honoré, avant de mettre son nom à l'envers, s'est ouverte sous le règne de Henri IV. Le terrain en avait appartenu au chevalier Honoré ; mais la rue tenait trop peu de place pour que ce propriétaire y eût perdu ses trois maisons juxtaposées, avec leurs trois jardins. Il en reste au moins deux maisons, qui ont dû n'en former qu'une seule, au coin de la rue Bonaparte ; le fait est qu'elles datent l'une et l'autre de la tin du xvi*' siècle, mais que le siècle suivant les a rhabillées avant de tinir. De ces deux immeubles jumeaux, un seul ouvre sur la rue Honoré-Chevalier, qui n'a jamais eu d'autre immeuble qu'on pût se permettre d'appeler un hôtel. Voici donc l'hôtel de Bargemont, indiqué dans cette rue sous le règne de Louis XVI et que des Polignac avaient habité antérieurement. De six frères Villeneuve de Bargemont, qui naquirent au dernier siècle, trois se signalèrent dans le nôtre par leurs écrits, dont deux préfets.

Le marquis de Permangle ne put guère lui-même demeurer que là dans cette rue. M"» de Chamois, fille du comédien Préville, fut enlevée par ce gentilhomme ; son mari, qui ne lui avait pas donné l'exemple de la fidélité conjugale, ne l'en fit pas moins arrêter à Toulon, où elle jouait la comédie, et ramener à Paris. On enferma d'abord l'infidèle

(1) Notice écrite en 1862.

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