RUE NOTRE-DAME-DES-CHAMPS
A l'entrée de la rue, les tilles de la Mort s'établirent les premières, avec une chapelle sous l'invocation de sainte Thècle. A cette congrégation succéda la communauté de M"" Gossard, cidevant rue Princesse, qui fut dite du Saint-Esprit. La fondatrice de cette institution avait prévu le cas de suppression, qui, en effet, se présenta, et, en vertu des mesures qu'elle avait prises, l'Hôpital- Général devint propriétaire, l'an 1707, des bâtiments de sa communauté. Les frères des Écoles chrétiennes s'en rendirent acquéreurs ; leur noviciat, maison de l'Enfant-Jésus, y fut surpris par la Révolution, ainsi que la chapelle du Saint-Esprit, où la messe était encore dite par un chapelain à la nomination de l'Hôpital-Général. Des bâtiments, plus rien qui reste depuis le percement de la rue de Rennes.
Le plus ancien hôtel de la nôtre fut construit pour Chenard d'Honcourt, qui eut pour successeur son frère, seigneur de Bugny;le fils de celui-ci vendit à M. de Villers, premier mari de la comtesse Duchâtelet, née de Mailly ; laquelle dame eut pour cessionnaire en 1753 le marquis de Mailly, comte de Rubempré, brigadier des armées du roi. Cette propriété, qui avait englobé l'hôtel du président Ogier, se divisait sur la fin de l'ancien régime en grand et petit hôtels de Pons.
L'abbé Terray, ministre de Louis XV, étrenna dans la même rue un hôtel richement meublé : il y avait mis un lit de 80,000 livres, qu'on montrait aux curieux. Une marquise de Fleury, qui avait été la Dufresne, courtisane d'une beauté rare, n'avait pas attendu que cet hôtel passât Fleury pour souper en téte-ii-tête avec son fondateur. Lernariage et le titre de cette parvenue ne l'empêchèrent pas de mourir dans l'indigence, elle qui avait mangé la rançon d'un roi : ses deux fils étaient capitaines, l'un de dragons et l'autre d'infanterie.