RUE DU CLOIÏRE-NOT RE-DAME
nombre de parlementaires, au milieu du xvnr' siècle. Les maisons canoniales étaient en possession de donner asile ci des femmes, pourvu qu'elles fussent parentes ou domestiques du détenteur, et pourtant, en remonlant h Tannée 1334, nous trouverions un arrêté par lequel le chapitre défendait à toutes femmes de franchir les portes du cloître. La preuve qu'avant cette date pareille prohibition n'existait pas, c'est qu'Héloïse et Abélard, évangélistes d'un amour qui n'était même pas connu de l'antiquité païenne, se sont donné des rendez-vous dont le lieu n'était pas à l'extérieur du cloître, sous le prétexte il est vrai d'étudier. Mais le concours qu'y attiraient alors les écoles épiscopales avait si bieii troublé la paix du cloître qu'avant peu le chapitre avait résolu de conserver uniquement l'école de théologie.
Sur la place du Parvis-Notre-Dame, en sa largeur actuelle, et dans la rue du Cloître-Notre-Dame, qui d'un côté se confond avec elle, il y avait autrefois : et l'entrée dudit cloître, et le bureau des Pauvres, qui donnait rue Saint-Pierre, tout près de Saint- Pierre-aux-Bœufs, presque en tace de Saint- Christophe, et Saint-Jean-le-Rond, qui touchait d'une part la cathédrale, d'autre part la porte du cloître, et un puits, mais à l'autre extrémité de la rue, encore plus voisin de l'archevêché que de la rue Chanoinesse. Quant aux maisons sur lesquelles, depuis tant de siècles, se projette l'ombre de Notre-Dame, voici des documents, inédits comme les précédents, qui les concernent.
En 1660, Jacques Séguier, chanoine théologal de l'église de Paris, avait le 3!2 ; il était membre de cette famille Séguier qui portait avec éclat la robe depuis le milieu du xvi'^ siècle et qui fut aussi celle, comme on l'a dit, de l'apothicaire de Charles IX. L'immeuble a jeté le froc aux orties d'une adjudication laïque, le 8 brumaire an iv ;
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mais le cardinal Mathieu et sa tamille furent depuis de ses locataires, ainsi que la duchesse d'Aumont.
Louis-Joachim-Ëlisabeth Gochu n'était sans doute pas la perle du chapitre ; il avait plus de dettes probablement que tout autre chanoine, au commencement de la Révolution, et nous l'eussions trouvé n" 20. Le toit y fait angle rentrant sur une petite place de forme inusitée, où il n'y a de jeune que des brins d'herbe, poussant comme la barbe au menton d'une vieille femme. Celte maison, résignée in extremis par le chanoine Jondon entre les mains cle son confrère, s'était donné depuis une indigestion d'hypothèques ; il fallait bien tinir par les purger. Parmi les ciéanciers à désintéresser, la malveillance aurait remarqué un limonadier, un bonnetier et un épicier. Celui-ci devenait l'acquéreur du chanoine, qui se retira bien dégrevé rue Chabanais, n" 3.
Sur la petite place en retraite se rencogne le 18, dont les glaces et les trumeaux ont été enlevés, de notre temps, comme une garniture superflue, au bureau de secours du IX'' arrondissement, qui n'a gardé une rampe en vieux fer qu'en ne la croyant pas un objet de luxe.
Le 16, où se tient l'école des frères, s'écarte un peu moins de l'alignement ; mais, en fait d'âge, il n'a rien à envier aux voisins : j'en atteste les balustres de bois d'un escalier. Maisons nées pour le célibat, elles en ont gardé la discrétion ; loin de se commander, elles s'arrangent d'un commun accord pour isoler la vue dont elles jouissent, au risque de briser cinq fois l'alignement. De là vient cet angle rentrant sur lequel prennent encore farade, en divers sens, le 14 et le 12, qui n'ont pas toujours observé le vœu du célibat, convenons-en, puisqu'il fut un temps où les deux ne faisaient qu'un. L'abbé Cœur, à présent évêque, habitait le 14, comme le fait encore un chanoine, M. Tré-
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vaux, à charge de loyer. A M. Chillaud-Desfieux, dernier détenteur canonial, avait été résignée cette maison, le 27 septembre 1780, par M. de Chazal, chanoine à l'article de la mort, et 3,840 livres avaient été perçues en conséquence par le chapitre, comme dîme de l'i^re^vrcw^'s. Avant Chazal, c'était Gaujet, membre aussi du conseil archiépiscopal, qui disposait de la propriété et qui la dégrevait d'une dette contractée par un de ses prédécesseurs, Pierre de la Chasse, envers Charles Perrochel, chantre et chanoine de l'église de Paris, puis passée h Jean-Jacques Farjonel d'Hauterive, chanoine de la même église ef. conseiller en la grand'cliambre du parlement Maupeou. Ce Farjonel « adorait les bénéfices, sans oublier les épices, » d'après une note qu'à laissée le chancelier Maupeou sur les membres de son parlement. Il eut sans doute été moins assidu aux offices sans le méreau, jeton de présence auquel avaient droit les chanoines.
En revanche, l'abbé do Lafage, qui portait aux cérémonies de Notre-Dame la robe rouge et violette, comme l'abbé Farjonel, s'est imposé une sorte d'amende volontaire pour avoir siégé à la même cour: il a fait reblancbir à ses frais l'intérieur de l'église métropolitaine.
De la Chasse, décédé archidiacre de Josas, avait été propriétaire là avec Jacques-Etienne de Méromont, pénitencier ; par conséquent, à leur époque, la maison était divisée. L'un et l'autre avaient succédé à un liomme éminent, Edme Picot, chancelier de ladite église et partant de l'université de Paris, confesseur de la fameuse M'"'= de Brinvilliers ; Ce double chancelier tenait la pi'opriété, par conclusion capitulaire du 4 janvier 1706, des vénérables doyen, chanoines et chapitre de l'église de Paris, entre les mains desquels elle avait été remise par l'université de Paris. Rappelons même que Louis de Bornage, étant le titulaire du logis au