‹ Les anciennes maisons de Paris sous Napoléon III (volume 2)Chapitre 82 sur 111 · RUE CHAUCHAT · texte numérisé non relu

RUE CHAUCHAT

ce petit hôtel, que s'était fait bâtir le père de M. Cuisinier, propriétaire d'à-présent, musicienamateur et Mécène des artistes. De ce nid de mélodie, au reste, rossignols et fauvettes ne se sont envolés qu'en emportant attachées ii une aile maintes romances signées A. de Montis. MM. Sanson et Davillier, à côté de là, ont rajeuni une propriété dont le fond seulement date de l'ancien régime.

Du temps où le terrain de cette rue se trouvait hors de ville, il restait une ferme, encore visible au n° 18 il y a trente ans ; une masure, qui en avait dépendu, n'a même quitté que l'année dernière la cour d'une maison de la rue du Faubourg-Montmartre. Le prolongement de la rue Drouot va faire à son tour disparaître la remise du loueur de voitures qui a succédé à la ferme, du côté de la rue Chauchat.

Quant au n" 16, c'est un hôtel refait, bien que M. le baron Évain n'en ait modifié beaucoup ni les proportions ni le caractère extérieur. M"'- Cliam'eroy, danseuse, saurait encore le reconnaître, pour avoir abrité ses amours à la fin du siècle précédent ; par exemple, elle n'aurait jamais assez de mémoire pour faire ensuite l'appel des mômes amours. Cette jeune femme est morte en couches, àpeu-près en 180i2, et l'enfant qu'elle avait conçu était regardé par Eugène de Beauharnais comme le sien. Quoique le Concordat, signé entre le pape et le premier-consul, fût encore tant soit peu récent, le clergé refusait d'abord à la danseuse les dernières prières de l'Église; mais le beau-hls de Napoléon lit gronder vicaires et curé, à cause de leurs hésitations, et le service funèbre se célébra au couvent des Filles-Saint-Thomas. M"^ Chameroy, il n'en faut pas douter, était une bonne fille : elle demandait pour

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