RUE CHAUCHAT
faire; il est vrai que tout le monde lui attribuait ensuite, sous Louis XVIII, une grande influence ultra-royaliste sur Monsieur. Oui, mais les bonnes grâces de la cour ont fini par mettre dans l'aisance le conseiller intime du comte d'Artois, et quand son prince prend le sceptre, il demande à ne plus quitter la rue Chauchat, pendant que d'autres passent ministres !
La citoyenne Le Boulanger et le citoyen Thévenin, propriétaires, obfiennent, dès 1793, l'autorisation de prolonger la rue Chauchat jusqu'à la rue Pinon, maintenant Rossini, le long des bâtiments de l'ancienne halle de l'Octroi, transformés plus lard en un temple; mais l'exécution de ce projet n'a guère lieu qu'en l'année 1821. Plusieurs historiographes, en remontant à l'origine légale de cette rue, ont le tort d'avancer le veuvage de la présidente Pinon, née Le Boulanger, qui a repris son nom de demoiselle: son mari, le président Pinon, propriétaire de la Grange-Batelière, n'est qu'arrêté sous la Terreur, et il échappe môme, â l'aide d'un déguisement, à la curée parlementaire du 20 avril 1794 ; son beau-frère, le président de Gourgues, est moins heureux, et tout le reste du grand banc de la cour sert de pâture à l'échafaud, le premier président, M. de Sarron en tête, ainsi que le doyen, M. Pasquier, père du futur chancelier de France.
C'est en 1798 que Bruyère, ingénieur des Pontset-Ghaussées, se bâtit un petit hôtel sur la droite de la rue Chauchat.
Poussons une reconnaissance jusqu'au 17, qui ouvre â la fois rue Chauchat et rue de la Victoire : cet avantage n'est-il pas fait déjà pour lui mériter la confiance du corps-de-ballet de l'Opéra? M"*^ Bigotini et M""^ Stolz, de l'Opéra, l'ont habité. Mais des locataires moins volages ont eu accès dans